Parfois, on écrit des choses, des lettres, des textes, des poèmes (non, pas moi pour le coup), des romans… parce qu'on pense que l'on a une idée, une histoire à partager.
Et l'on ne se rend pas bien compte — du moins sur l'instant — que l'on écrit pour soi. Parce que l'on avait quelque chose à dire, quelque chose de coincé là, au fond de la gorge, au fond de nous.
Lorsque j'ai commencé à écrire (sérieusement et pour être lue) en 2015, j'ai commencé par un roman qui, sans doute, n'avait pas vraiment à voir avec tout cela. Mais les suivants, ce fut une autre histoire. Il y avait toujours cette particularité, ce point commun que je n'ai compris que bien après. Après une interview, d'ailleurs, où j'ai répondu à côté de la plaque, n'ayant pas encore réalisé.
Mes sujets tournaient autour de la double personnalité. Pas de la schizophrénie (même si j'ai une anecdote là-dessus), mais de ce que l'on est, de ce que l'on voudrait être et de ce que l'on montre aux autres.
Puis, peu à peu, je me suis tarie. Je n'ai plus écrit, j'ai laissé des romans entiers en suspens alors que je tenais sincèrement et avec force à les terminer. Je n'y arrivais plus.
À cette période, et encore maintenant, je « voyais quelqu'un ». C'est une façon détournée et pudique de dire que l'on voit un psy (je suis agoraphobe et diagnostiquée comme souffrant de phobie sociale sévère).
Et nous en avons beaucoup parlé. Pourquoi je ne parvenais plus à aligner plus de deux lignes. Sans doute avions-nous conclu que je n'avais plus rien à dire, que je n'en avais plus « besoin ».
Était-ce le cas ? Je ne le ressentais pas tout à fait ainsi, mais c'est arrivé.
Puis il y a eu *Illusion*.
Au début, c'est une idée, inspirée de ce groupe de metal, May Dies Last (un groupe IA), qui tourne assez bien sur les réseaux sociaux. C'est un groupe qui, s'il est assumé, ne le montre pas au premier plan. Mais cela se voit, cela se devine et cela s'écoute. Alors pourquoi s'en priver ?
Et cela m'est venu : « Et si c'étaient de vrais humains derrière, malgré tout, cachés derrière des avatars ? » Et l'histoire est arrivée subitement.
Et si j'avais encore quelque chose à dire, moi ?
Il y a quelques mois, ma psy, avec laquelle je m'entendais bien, a dû quitter l'établissement. Je l'ai appris de façon assez brusque, le jour de notre dernier entretien. Celle qui la remplace n'est pas pareille. Forcément, allez-vous me dire. Mais j'ai l'impression qu'elle ne me comprend pas, qu'elle pense que je ne fais pas d'efforts, qu'au fond, je ne vais pas si mal que ça.
Je l'appelle Madame « Y'a qu'à, faut que ». La pire chose à dire à une agoraphobe : « Y'a qu'à sortir… »
Écoute ! Écoute-moi ! (*)
Est-ce vraiment juste une idée ou (cette fois encore) un message que je me lance…
L'anecdote, justement, je l'ai évoquée. Il est temps de la raconter.
Mon nom. Ou plutôt mon nom de plume, mon nom d'auteur, mon pseudonyme.
Gaëlle Laurier. Ou plutôt du Laurier, à l'origine, était un personnage de jeu de rôle. Et elle était schizophrène. Son autre personnalité s'appelait Héloïse. Elle avait davantage d'audace et de force mentale. Je lui avais esquissé un passé terrible dont elle ne voulait plus se rappeler.
Oui, j'ai repris le nom d'un personnage à double personnalité. Sans vraiment réfléchir à cet aspect au départ. Je voulais simplement inscrire un nom dans le champ du formulaire, ne pas mettre le mien.
On dit que les auteurs et les rôlistes sont un peu schizo... ^^
Ce que l'on est, ce que l'on voudrait être, ce que l'on montre aux autres.
(*) Titre de la chanson phare de l'album "A haute voix" du groupe Illusion, issu du roman du même nom.