Une jeune femme amoureuse, un vœu insensé, un homme inaccessible. Et pourtant...

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Gaëlle Laurier


Rêvant de devenir écrivain ou archéologue, c’est dans l’informatique qu’atterrit finalement Gaëlle Laurier. Des histoires plein la tête qu’il lui faudrait coucher sur papier (ou sur écran pour être exact), ce qui prit un peu de temps. Amatrice de jeux de rôles, ceux-ci l’inspirant, elle débuta par quelques nouvelles aux accents romantiques ainsi que des fanfictions qui ne seront que peu dévoilées au public.

C’est plus récemment que la plume (enfin, le clavier) vint à lui chatouiller plus définitivement les doigts. Lorsqu’elle vient à tomber sur diverses plates-formes d’écriture, dont Fyctia puis Wattpad.

Un premier court roman La muse de Callidromos connait un sympathique succès auprès des lecteurs wattpaddiens, suivit par une romance d’aventures située au dix-septième siècle, Journal d’un espion marquant un penchant flagrant pour ce type de fictions historiques et romantiques, mais pas uniquement. Du fantastique à la science-fiction en passant par plus contemporain, Gaëlle Laurier s’essaie un peu à tous les genres selon les inspirations.

Elle est alors remarquée par Évidence éditions pour le roman Scandales à Easton Creek, une romance historique pleine de mystères et de rebondissements dont l’action se situe en plein western. Figurant parmi les gagnants des Wattys 2016, cette histoire sera publiée en mai 2017.

Mais l’aventure ne se termine pas là, d’autres nouvelles concernant une possible édition ainsi que divers projets d’écriture sont à prévoir.

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Extrait

La télévision allumée et mise pratiquement en sourdine chuchotait tandis que le journal du soir touchait à sa fin. Je n’y jetai que quelques regards de temps à autre depuis la cuisine ouverte, remuant ma béchamel. En général, les infos ne me passionnaient pas vraiment et j’attendais surtout que commence le film tout en chantonnant un air entendu en cours de journée.

Ce devait être pour cela que je ne fis pas attention lorsqu’ils passèrent au gros titre suivant. Ils diffusaient les premières images d‘une série à succès reprenant bientôt pour sa seconde saison.

La sauce prête, je posai mon poêlon de côté et aperçu l’écran du coin de l’œil. Rapidement, je m’en approchai, fascinée. Un large sourire se dessina involontairement sur mon visage lorsqu’il apparut. Thomas Dupré. Jeune comédien qui, avant d’obtenir un premier rôle dans cette série, n’était pas vraiment connu du grand public. Mis à part au théâtre. Mais depuis un peu plus d’un an, il trônait dans les pages des magazines et sur les plateaux télé. Dans mes songes également, qu’ils soient nocturnes ou éveillés. Car non seulement il possédait ce charme typique des hommes enfants, un sourire attendrissant et contagieux, un regard clair et perçant, mais se révélait très convaincant devant la caméra. En ce qui me concernait, je ne pouvais m’empêcher de sentir une boule dans ma gorge voire même une larme de couler le long de ma joue lorsqu’il devait verser les siennes pour les besoins d’un rôle. De rire lorsqu’il étirait ses lèvres charnues ou ne pouvait s’empêcher de plaisanter lors des interviews. L’intense émotion qu’il dégageait m’ayant tellement transpercé l’âme la première fois où je le vis, qu’il ne quitta plus mes pensées depuis.

Je me posai sur le rebord de la table basse et eut le réflexe un peu fou de tendre la main vers son visage de pixels. Geste inutile puisqu’il ne percevrait pas la douceur de mes doigts sur sa peau ni la tendresse que j’étais prête à lui offrir. Il était si loin, inaccessible, presque irréel et pourtant, je ne pouvais empêcher mon cœur de battre et mes paumes de devenir moites. Sortant de ma contemplation, j’augmentai le volume.

— Thomas Dupré, star montante du petit écran sera donc parmi les invités de l’émission de ce vendredi soir sur notre chaîne, conclu le journaliste avant de passer à autre chose.

Mais nul besoin de me le rappeler, j’avais déjà tout prévu. Le décodeur programmé afin d’enregistrer l’émission ainsi que le billet de métro acheté à l’avance pour me rendre jusqu’à la station la plus proche des studios. Tout cela, car j’espérais l’apercevoir lorsqu’il sortirait de voiture et traverserait les quelques mètres menant aux doubles portes. Et peut-être avoir cette même opportunité lors de son départ.

Il ne serait pas seul bien évidemment. Car si mon cœur était libre et épris de lui, le sien ne l’était pas. Sa petite amie, Marie, l’accompagnerait comme elle le faisait toujours. Ce qu’ils pouvaient être beaux tous les deux. Et avoir l’air si heureux ensemble. Même si mon vœu le plus cher était d’avoir l’opportunité de l’approcher, quoi qu’on en pense, je ne me sentais pas jalouse d’elle. Comment l’être ? À chacune de leurs apparitions, ils étaient souriants, se tenant amoureusement par la main. Ils semblaient faits l’un pour l’autre. Au contraire, j’espérais que ce bonheur soit sans faille et perdure. Pour lui. Ce qui était juste par contre, c’était que je me sentais envieuse. Envers et contre moi, j’aurais souhaité être à sa place. Pas pour son physique de mannequin, mais bel et bien parce qu’elle avait cette chance d’être aimée de lui, de pouvoir le chouchouter dans l’intimité et qu’elle partageait sa vie.

Il aurait pu être le livreur de pizza, l’épicier du coin de la rue où n’importe qui d’autre que cela n’aurait rien changé pour moi. Il m’avait suffi d’un regard et tout avait basculé. Simplement, je l’aimais. Et dire que certaines personnes pensent sincèrement que le coup de foudre n’existe pas. Sans doute ne l’ont-elles jamais connu. En attendant, je me contentais de ce genre de relation platonique. Celle d’une inconnue pour son idole. Et cela suffisait presque à mon bonheur. Cela n’irait jamais au-delà et je le savais très bien. Je vivais ma vie de mon côté bien qu’il me fut désormais impossible de m’attacher à un autre homme. Thomas occupait l’entièreté de mon cœur.