Vassilis Chapitre 37


Publié le Samedi 15 Juillet 2017

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Cela devait faire des jours qu’il n’espérait plus mon retour. Je m’attendais à le trouver endormi, sa respiration était lourde, régulière. Pourtant ce n’était pas le cas. Dès que je posai le genou sur sa couche, il se redressa. Son souffle se fit plus rapide. Il ne mit pas longtemps à m’attirer vers lui. Comme j’aimais le faire, je le chevauchai, assise sur les talons et collai ma poitrine à son torse. Il était brûlant. Je lui effleurai le visage, embrassai la peau de ses joues, de son cou. Plus jamais ne laisserai mes doutes m’envahir au profit de nos nuits. J’avais tant besoin de lui, tout comme lui avait besoin de cela. Dans un accès de fièvre, ses mains me palpèrent comme s’il lui était indispensable de s’assurer que ce n’était pas un rêve.

— Tu m’as manqué… souffla-t-il.

— Toi aussi.

Une pression au bas de mes reins me renseigna sur son état d’excitation naissant. Je le poussai doucement afin qu’il s’allonge, impatiente de lui faire l’amour, le dominant de toute ma tendresse. Il résista.

Il posa son front contre le mien, nos nez s’effleurèrent, puis nos lèvres. Je n’avais jamais osé l’embrasser. Tout cela ne devait être que sexuel, je n’étais pas censée faire en sorte qu’il tombe amoureux de moi. Cela lui aurait fait plus de mal encore, j’étais bien placée pour le deviner. Je me reculai, il me maintint contre lui, pencha légèrement la tête et m’embrassa fougueusement. Ne me laissant pas l’opportunité de fuir. Un léger couinement de surprise m’échappa. Il se radoucit. Se fit plus tendre. L’une des ses mains, nichée entre mes omoplates me gardait précieusement contre lui, mes seins pressés contre la fermeté de ses pectoraux.

J’étais un peu perdue, cela n’avait rien à avoir avec nos nuits précédentes. Cette fois, je ne menais plus la danse, je ne contrôlais plus rien, pas même mes sens. Sa langue partit à la recherche de la mienne, me faisant fondre. Il profita de ma faiblesse pour, d’un mouvement rapide, m’allonger sur le dos et prendre place par dessus, un genou entre mes cuisses.

Non cette fois, il prenait les rênes. Ses gestes étaient à la fois précis et tendres. Tout à fait lui, techniquement sans faille tout en étant capable du meilleur. Je me sentais intimidée. Je le savais. Si je le laissais me guider, si je perdais ce contrôle sur lui, je ne serais plus qu’une poupée de chiffon entre ses mains, malléable et gémissante. Ce que j’étais à cet instant. Je gémis lorsqu’il s’empara de ma poitrine, ne lâchant mes lèvres que pour y poser les siennes.

Je m’ouvris machinalement alors sa main se glissa jusqu’à mon ventre, le palpa avant de se glisser entre mes cuisses. J’étais aux anges, dans un état second. Ses doigts agiles agissant exactement comme je l’espérais. Allant droit au but, tout en douceur. Il aurait très bien pu me faire grimper aux rideaux rien qu’avec cette longue caresse, mais il en décida autrement. Je me sentais prête, désireuse de le sentir en moi. Dans cette position pourtant si classique qui, pour nous, se révélait être une première. Il me pénétra en douceur, j’en ressentis un plaisir inouï, doux et fort à la fois. Et pinçai les lèvres pour ne réveiller personne. Mes mains glissèrent dans son dos, remontant à sa nuque, palpant ses muscles. Il était crispé et je devinais pourquoi. Sa nature était plus sauvage lorsqu’il faisait l’amour, elle finissait toujours par prendre le dessus. Cette fois, il se retenait d’aller trop vite et pour une entrée en matière, cela me convenait. J’appréciais ce côté attentionné que je ne lui connaissais pas, comme si notre relation venait de franchir une nouvelle étape.

Sa respiration se fit plus dense, s’accordant à la mienne. Je le sentais fébrile, ses jambes tremblaient de ne pouvoir se lâcher.

— Viens ! Viens ! Plus fort !

Cela m’échappa, mais sans regret. Il grogna, accéléra ses mouvements, ceux-ci se firent plus profonds, me faisant couiner de plaisir. C’était incontrôlable. Tout autant que le plaisir qui montait en moi. Il étouffa mes gémissements de ses lèvres avant de se redresser sur les genoux, m’attirant par les hanches et relevant mon bassin. Je le retrouvais, aussi fougueux qu’autrefois, prise d’un vertige, sur le point de jouir avec lui.

Vu l’heure et vu la puissance de nos ébats, je me sentais à la fois épuisée, sereine et comblée. Envahie d’une douce langueur également. Je n’avais pas envie de partir, rejoindre ma chambre et quitter sa chaleur. Pourtant il le fallait, nous avions terminé. Je me glissai lentement hors du lit lorsqu’il me retint, un bras entourant ma taille.

— Attend… reste encore un peu.

Il me tira doucement en arrière et enfouit son visage dans mon cou, le couvrit de baisers. Nous n’avions jamais été aussi complices que cette nuit, quelque chose avait réellement changé entre nous. Habituellement, je filai dès qu’il atteignait l’orgasme, cette fois je n’y parvenais pas. Je voulais encore le toucher, le sentir, me serrer contre son corps. Et lui non plus ne semblait pas vouloir s’en tenir là.

Une main baladeuse sur mes seins m’indiqua qu’il ne souhaitait pas uniquement me garder contre lui. Se collant à mon dos, il ondulait du bassin contre mes fesses dans un mouvement sensuel, m’incitant à m’ouvrir et à goûter à une nouvelle extase. Et je n’avais nulle envie de refuser son offre. Sa main se saisit de la mienne, mêlant nos doigts et je me cambrai afin de l’accueillir au plus profond de moi.

Il faisait l’amour comme un dieu ! Cette phrase avait prit  tout son sens. Je flottais entre deux mondes, et ressentais encore des frissons dans tout le corps, vestiges d’un orgasme prodigieux.

Et non, je n’extrapolais pas du tout !

Je m’étais endormie lorsque je sentis de nouveau sa main brûlante laisser sa trace sur ma hanche, remonter à ma taille pour glisser jusqu’à mon nombril. Je compris très vite.

Et j’étais tout à fait pour un troisième round.

Quelle heure était-il ?

Après tout, je m’en fichais un peu. Tommy dormait comme un loir, comme toujours tandis que son père devait encore être assez en forme pour confirmer que je n’avais pas rêvé.

Je me saisis de sa main, la glissant entre mes cuisses, indiquant le chemin le plus direct. J’en voulais encore, j’en voudrais chaque nuit. Deux doigts s’introduirent en moi avec une facilité déconcertante vu mon état.

Je suis prête Grand Vassilis !

Je me tournai sur le dos, paupières closes, profitant de nouveau de sa bouche déposant de tendres baisers sur mes seins, remontant à mon cou. Ses doigts n’avaient pas quitté ma moiteur, gagnant en vitesse, me firent tourner la tête.

— Ouvre les yeux... Olivia, me chuchota-t-il.