Vassilis Chapitre 5


Publié le Jeudi 15 Juin 2017

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Je décidai donc de garder Tommy, bien décidée à faire le tour du campement et y rencontrer les artistes. Alex n’ayant même pas pris la peine de songer à me présenter. Le grand monsieur Vassilis était trop occupé. Le gamin courut immédiatement  vers un camping-car de belle taille situé juste à côté de l’enclos. Une petite femme mince d’une quarantaine d’année, très joviale le réceptionna.

— Mais qui voilà ! Tu es venu tout seul bonhomme ? s’inquiéta-t-elle ensuite.

— Non, il est avec moi ! Bonjour, je m’appelle Olivia ! Et vous êtes ?

— Daisy Samweli. Très heureuse de te rencontrer. Je m’occupe de la ménagerie. Cinq caniches et les trois poneys qui sont là.

Elle haussa les sourcils avant de se hasarder à me demander qui j’étais exactement.

— Logiquement, j’ai été embauchée comme assistante de Monsieur Vassilis et le baby-sitting en fait partie.

Elle pouffa subitement de rire.

— Désolée, mais durant une seconde, j’ai cru qu’il… enfin qu’il s’était décidé à fréquenter quelqu’un. Mais c’est pas grave. Tu verras, Tommy est un bambin adorable.

— Je le sais déjà. Mais… il y a un souci avec son père ? Il ne veut pas s’en occuper ?

— Oui, il est plutôt distant avec lui. Mais au fond, je sais qu’il l’adore.

— Et qu’il s’y prend comme un pied.

Daisy était également la soeur de Chris. Elle était également l’heureuse maman de deux adolescents participant au spectacle. Son époux participait à la partie divertissement et faisait partie de la petite troupe de clowns. Il s’était également spécialisé dans le montage et démontage du chapiteau, un peu comme tous les hommes ici. Il travaillait dans le bâtiment avant de tomber fou amoureux de sa jolie dresseuse et de changer de carrière.

Puis il y eut Audrey, une cousine, qui nous observa de loin un moment avant que sa tante ne l’interpelle. Elle perdit son sourire lorsqu’elle apprit que j’étais la nouvelle assistante du patron et prétexta du travail à faire.

Je continuai donc mon chemin, guidée par Tommy qui connaissait tout le monde ici pour avoir séjourné temporairement chez chacun d’eux. Un trio de jongleurs, cousins des Vassilis auxquels s’ajoutait Chris lors des spectacles. Deux autres clowns et un drôle de type, bras tendu qui semblait tenter de capter le réseau. Je m’approchai.

— Bonjour ! Olivia, nouvelle assistante d’Alex.

— Sérieux ? fit-il sans cesser ses recherches. Je déteste ce patelin ! J’ai un mail, un fichu mail à envoyer et pas moyen !

— C’est important ?

— Bien entendu que c’est important… Oh au fait je suis Max, le frère d’Alex et accessoirement monsieur Loyal. Je bosse aussi à domicile, mais là… impossible d’envoyer mes dernières notes. Mon 4G est mort.

Moi qui ne m’en servais que rarement, je lui tendis mon téléphone.

— Tenez, si ce n’est que pour un mail, cela ne me dérangera pas.

— Oh vous me sauvez la vie ! Olivia, c’est ça ? J’espère que vous vous plairez ici. Ne vous laissez pas faire par Alex et tout ira bien, me souffla-t-il avant de disparaître à l’intérieur.

Une fois mon portable rendu et trouvant la plupart des autres logements fermés ou vides, je recroisai mon patron devant chez Nanny.

— Où étiez-vous passée ? m’engueula-t-il de suite.

Cela eut pour effet de stresser le petit qui se mit à grimacer, au bord des larmes et l’exaspérant plus encore. Décidément, entre ces deux-là, le courant passait mal.

— Ne criez pas comme ça, vous lui faites peur ! Je voulais juste saluer tout le monde et en apprendre un peu plus sur mes collègues. Et je fais mon boulot en même temps, vous voyez ?

Il soupira et ne répondit pas. J’avais raison après tout, bien que cela ne faisait pas partie de ce que j’envisageais.

— Je veux que vous assistiez au spectacle de ce soir, il commence à dix-huit heures. Nanny s’occupera de Tommy.

— Bien mon général, osais-je afin de lui soutirer un sourire.

Chou blanc ! Au contraire il me regarda comme si j’étais devenue folle et repartit aussitôt ses ordres donnés. Il stoppa néanmoins et revint sur ses pas.

— Vous avez une robe ? Genre une robe de soirée, noire de préférence.

— Heu oui, fis-je me souvenant que je possédais ce genre d’article dans ma valise.

— Mettez-la !

Donc en gros, baby-sitting jusqu’à dix-sept heures trente, histoire de me préparer. Ensuite, assister au spectacle, nourrir Tommy, lui donner le bain et le coucher. J’aimais déjà ce petit bout de chou, mais j’espérais tout de même qu’il se décide à me confier autre chose à faire.