Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 43


Le sol de Slandavie enfin sous mes pieds. Ou devrais-je plutôt dire, le béton de la piste d’atterrissage. L’avion royal vient de se poser et des véhicules nous attendent. Voitures noires officielles aux vitres teintées et petit drapeau voletant nerveusement, une autre aux couleurs de l’armée dans laquelle Nicolas, ses hommes et surtout grand-père Pike s’engouffre. Nicolas en descend pourtant rapidement, revint vers moi et dépose un dernier petit baiser sur mes lèvres avant de partir pour de bon.

J’ai tellement de choses à rattraper entre un père enfin retrouvé et un frère à découvrir. La soirée d’hier ainsi que le trajet n’y ont pas suffi, mais de voir Nicolas s’éloigner me pince le cœur. Je ne sais toujours pas ce qui m’attend, pourrais-je rester en Slandavie ? Mère-grand ne s’y opposera-t-elle pas, maintenant que je ne lui suis plus vraiment utile ? Comment pourrons-nous continuer à nous voir si je suis de nouveau expédiée en France ou à Londres ?

Pour ce qui était du procès lui pesant sur les épaules, je suis rassurée, l’homme le plus influent du pays, en l’occurrence mon père, fera le nécessaire pour que les accusations contre lui soient levées. Il s’agissait d’un complot dès le départ, son implication serait minimisée et passerait aux oubliettes.

Pas ce qu’avait tenté son aïeul par contre.

Allié à Anton, il avait financé une partie de son matériel et de ses troupes en vue d’accéder au trône une fois nos souverains disparus. Une bonne façon de redorer le blason des descendants Devraux afin qu’ils retrouvent leur place. La rancune peut parfois être tenace et traverser les siècles, attendant son heure. Le comble étant que c’était le dernier des Devraux qui avait empêché ça au fond, un peu aidé par la petite dernière de la lignée ennemie.

J’avais passé quelques jours au palais en compagnie de ma famille lorsque les premières rumeurs de ma nouvelle installation fusèrent. Grand-Mère Grâce ne s’était pas montrée plus chaleureuse que d’habitude, mais n’y fut pas réfractaire non plus.

Les femmes de chambre faisaient mes bagages, mon père m’avait souhaité un bon voyage ce matin, mon frère était à la clinique. Il avait dû subir une opération de toute urgence, mais tout s’était passé pour le mieux. Je n’avais reçu aucune nouvelle directe de Nicolas depuis.

L’on frappa à la porte.

— Entrez, fis-je, espérant que ce soit lui, qu’il ait trouvé le moyen de m’escorter. C’était Max.

— Bonjour mademoiselle. Heureux de vous revoir en bonne forme.

— Ah ! Vous travaillez ici finalement ?

— Exceptionnellement oui, une dernière fois. L’on m’a demandé de vous escorter jusqu’à vos nouveaux appartements ?

— Où est-ce ? Paris ? Londres ? La Patagonie ? plaisantais-je sans y avoir le cœur.

— Pas aussi loin, mademoiselle.

Alors, on allait me permettre de vivre en Slandavie ! Ce devait être l’une des meilleures nouvelles depuis mon retour, je le suivis avec plus d’entrain.

Une voiture nous attendait, mes valises furent rangées dans le coffre et j’aperçus Grand-mère à la fenêtre de son petit salon. Elle s’octroya le luxe e me faire signe, raide et digne comme toujours. Je lui souris malgré tout, lui fit une petite révérence en montai dans le véhicule.

Le centre-ville était bien plus moderne que les alentours du palais, il y avait des avenues, des immeubles de diverses compagnies, de petits gratte-ciels. Nous stoppâmes devant une résidence de trois étages qui n’avait rien à envier aux appartements haussmanniens de Paris. On m’avait choisi un quartier vivant, proche d’une avenue commerçante sans être à des lieues du palais. Parfait !

Un concierge patientait dans le hall, derrière un petit comptoir, j’avais l’impression d’être à l’hôtel. Mes valises et sacs furent entassés dans l’entrée de mon nouvel appartement, Max ne s’éternisa pas.

Il était meublé. Propre, la décoration se déclinait en teintes neutres et flottait dans l’air un parfum qui me rappelait vaguement quelque chose. Je n’étais pas mécontente, mais plutôt étonnée, je me serais attendu à du tape-à-l’œil ou quelque chose de plus féminin, plus clair. L’ambiance était typiquement masculine. Et pas vraiment inhabité !

Un bol trônait sur le plan de travail de la cuisine ouverte, les coussins du divan étaient de travers et un t-shirt façon treillis bleu jeté sur son dossier fit sursauter mon petit cœur.

— Alors ? Comment tu trouves ? fit Nicolas derrière moi.

Il était debout à l’entrée de ce qui devait être sa chambre, torse nu, et les cheveux humides d’être sorti récemment de la douche et vint récupérer son t-shirt.

— Je ne comprends pas, je suis chez toi ?

Ou plutôt je n’osai imaginer qu’après avoir craint le pire, on m’autorisait au meilleur.

— C’est chez moi oui. J’ai… un petit peu abusé de mon statut de nouveau héros de la nation pour poser mon veto. Et pour m’en assurer, quoi de mieux que de t’avoir à l’œil.

Je l’attrapai en chemin et vint me coller contre lui, glissant mes mains sur ses pectoraux. Il m’avait terriblement manqué et je commençais à ressentir ce qui m’avait manqué tout autant de n’avoir jamais eu un peu de temps à nous.  Rien qu’à nous.

— Quel veto ?

— Sur ton mariage futur.

— Pardon ?

— Oui, j’ai fait valoir mon droit et, si ce doit encore arriver, d’être le premier sur la liste. Ras-le-bol de passer après tous les parlementaires et autres princes de pacotille.

— Cela signifie que tu acceptes la proposition faite il y a trois ans ?

— Cela signifie que j’y songe et que je ne laisserai plus ma place si facilement. Mais il aura des conditions. Je poursuis ma carrière au sein de l’armée Slandavienne, sans compter…

Je ne lui laissai pas le temps de terminer, nous conviendrons de détails plus tard. Et avant qu’il ne m’annonce une mission ou que sais-je, je le l’embrassai le poussant légèrement en direction de la chambre. Il ne se fit pas prier pour me faire visiter cette partie de l’appartement.

Je me demandais s’il y avait un jacuzzi…

Fin.