Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode



Princesse Chloé

Chapitre 41 - Nicolas


J’étais pourtant certain qu’il se trouvait par ici. Il devait s’être arrêté et m’attendre à un tournant plus ou moins proche. La prudence était de mise. Pourtant, je commençais à perdre patience. Tout ça pour un simple garde.

Ce cher prince Viktor avait été enfermé dans une mansarde sous les toits. Non pas pour l’humilier en le faisant séjourner dans une chambre étroite, mais simplement pour nous assurer qu’il ne lui viendrait pas à l’idée de sauter par une fenêtre afin de s’enfuir. Son père quant à lui était toujours retenu par l’armée du roi Karl. Son sort était déjà tout tracé. Haute trahison, insurrection, meurtres et tentatives de meurtre. Il était cuit. Quant à Chloé, aucune nouvelle, cela devenait inquiétant. Ce crétin ne voulait rien dire, y compris après s’être mangé une droite. Il devait l’avoir fait quitter le palais en hâte, mais pour ou ? Mes hommes étaient en ce moment même en train de retourner chaque recoin. Si jamais, il lui avait fait du mal… prince ou non, il allait franchement le regretter !

Ces caves, surtout dans le noir, se transformaient en un véritable labyrinthe. Fort heureusement, ce type n’était pas franchement discret. Ni très courageux. Si je l’avais perdu quelques instants, je venais de le repérer à l’instant, gémissant comme une fillette. Attendez… une fillette ? Et si…

Je me hâtai, perdant subitement l’envie de me passer inaperçue, je devais savoir si celui que je traquais n’était pas Chloé au final. Sans pour autant me trahir. Je le perdis de nouveau au détour d’un couloir. Les issues étaient si basses que le haut de ma tête avait frôlé le chambranle supérieur, je fus à deux doigts de m’assommer tout seul. J’aurais eu l’air malin.

C’était un cul-de-sac, cela ne menait que dans une énième salle, il devait être par ici à coup sûr. À sa place, je ne me serais pas tenu au centre de la pièce, mais bien enfoui dans un coin. Je me mis à arpenter les murs jusqu’à buter contre. Immédiatement il se releva, plutôt que de se défendre, tenta de fuir, cette fois, j’en étais certain, c’était Chloé. L’odeur de son shampoing, le moelleux de sa poitrine lorsque je l’agrippai à l’aveugle et m’y attardai, ce ne pouvait être qu’elle.

Elle m’octroya une superbe gifle qui me laissa stupéfait sur le coup.

— Arrête ! C’est moi ! Du calme ! C’est moi !

Son corps crispé se détendit subitement et elle s’effondra dans mes bras.

— C’est vraiment toi ? Nicolas ?

— Oui. Ça va aller à présent. Je te le promets, c’est fini. Anton est aux mains de l’armée régulière de Malakavia. La vraie. Tandis que ton père et le prince vont pour le mieux, ils sont ici également. Dès demain, tu vas pouvoir rentrer. C’est fini.

Je fouillais ma poche, sortant et activant une mini lampe torche afin de revenir sur nos pas sans problèmes.

— Comment les as-tu retrouvés ? Ils vont bien ?

— Ils vont bien, répétai-je. Ils ont été sauvés à temps par la population locale après le crash de l’avion puis ont atterri chez des résistants. Anton comptait les attaquer cette nuit, mais comme nous avions pris de l’avance, ils furent bien accueillis.

Excepté que nous avions failli terminer écrasés sous les gravats de béton de l’immeuble. Leur char, tout aussi vieillot qu’il fût, tirait plutôt bien. Il fit voler en éclat une partie du premier étage. Nos gars n’avaient pas eu le temps de riposter et d’utiliser tous leurs missiles.

Entre-temps, ayant emprunté les égouts, je me retrouvai à l’arrière du convoi. Deux sentinelles gardaient la rue, j’attendis patiemment que l’une s’éloigne pour neutraliser la seconde, lui dérober son uniforme et passer entre eux. Au culot.

Il arrive parfois que faire preuve d’audace, cela paie.

Je mis en joue Anton, aussi simplement que ça, il n’eut pas d’autre choix que de demander à ses hommes de baisser les armes. Beuglant ensuite qu’il avait des alliés étrangers et qu’il demanderait l’asile politique. Mouais. À sa place, je ne compterais pas trop dessus quand même.

— Et Viktor ?

— Ils vont statuer sur son cas. Mais il va surement finir en prison, comme son paternel.

— Ce serait une erreur, s’empressa-t-elle de répondre, me stoppant net. Il n’y est pour rien. Il n’a fait que suivre les événements sans pouvoir y faire grand-chose.

— Mis à part en profiter pour tenter de t’épouser et devenir roi de Slandavie, un détail en somme.

J’étais assez troublé et plus encore, vexé qu’elle prenne sa défense. Et regrettai moins encore de lui avoir cassé la gueule.