Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode



Princesse Chloé

Chapitre 40


L’attente me semblait interminable.  Quelle heure était-il ? Je n’avais ni montre ni horloge à disposition pour le savoir. Juste un intense fourmillement dans les jambes m’indiquant que cela devait faire quelques heures. Le froid, l’odeur de moisissure, l’obscurité, rien ne m’incitait à rester ici et pourtant je le devais. Je scrutais le moindre bruit qui me parvenait, espérant entendre de quoi me rassurer.

Anton 1er avait été arrêté, ce devait être une bonne nouvelle. Mais s’il était arrivé quelque chose de grave à Nicolas ? Ou au roi légitime de ce pays ? Comment les choses allaient se passer ? Viktor demeurerait-il en place ? Le pauvre, il n’avait pas l’air de bien comprendre l’ampleur des dégâts causés par son père, j’espérais qu’il n’ait pas à en payer trop durement le prix.

Au début, je les avais entendu frapper dans les murs, sans doute afin de trouver un passage dissimulé. Ils n’avaient pas pensé aux étagères. Puis tout était redevenu calme. Je n’avais pas encore perçu le bruit d’un moteur m’affirmant que le prince était finalement parti sans moi, mais je n’étais pas bien sûre de pouvoir depuis ma cachette.

Des coups de feu me firent sursauter. Ce devait être une arme automatique, envoyant des salves de balles. Une voix me parvint ensuite, comme un murmure. Elle devait être distillée par un amplificateur. Vu le ton, cela m’avait tout l’air d’être des ordres dans la langue locale. Je suivis le couloir menant au rez-de-chaussée, me tenant au mur et geignant en silence. Ce que je pouvais avoir mal aux pieds de ne pas avoir pu bouger d’ici. L’oreille sur la porte, j’écoutai. Non, les gardes n’avaient pas quitté le palais, et par conséquent Viktor non plus. Il y eut une riposte, plus faible et mourant immédiatement dans un bruit assourdissant qui fit trembler jusqu’aux fondations. Une nouvelle attaque musclée contre le palais alors qu’il ne restait pratiquement personne ? Subitement, je crains qu’il ne s’agissait pas du tout du retour de mon escorte, mais d’autre chose. Une nouvelle rébellion, mais cette fois contre les oppresseurs. Et je me retrouvais en plein cœur.

Je reculai jusqu’aux cellules, hésitant à m‘y dissimuler. S’ils me trouvaient là, ils auraient tôt fait de penser que j’étais à blâmer et fait prisonnière, j’avançais plus loin. Quelqu’un fouinait du côté du passage par la cave à vin et j’entendis le déclic caractéristique de l’étagère. Ils l’avaient trouvé !

En panique soudaine, je cherchai une autre voie, tâtonnant dans le noir. Les sous-sols devaient pratiquement faire la même surface que le palais, je pouvais m’y perdre facilement. Pourtant je continuai.

Je butai subitement contre quelque chose de mou, laissant s’échapper un petit cri de dégoût et craignis qu’il ne s’agisse d’une carcasse. Humaine ou non. Mais seule l’odeur de carton moisi me parvint, ils avaient dû oublier des emballages par ici, simplement. Je soufflai tout en la contournant. Derrière moi, des pas feutrés se rapprochaient.

Je me mis à courir, butant durement contre un mur de briques, le longeant jusqu’à ce qu’il me mène à une salle ou un couloir, à ce stade, je ne savais même plus où je me situais par rapport à l’entrée. Mon  poursuivant accéléra le pas, je l’entendis à son souffle plus marqué, ses semelles frappaient les dalles sans se préoccuper de rester discret à présent et je tentai, jouant le tout pour le tout de me coincer dans un recoin, m’accroupissant et masquant mon visage de mes mains afin qu’il ne perçoive pas ma respiration.

C’est à ce moment que ce je craignais arriva.