Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 38


Heureusement, j’étais loin de la vérité. Non Viktor n’avait pas encore réalisé mon implication dans la fuite de mon escorte. Il ouvrit la porte effectivement, me tira de mon fauteuil et m’ordonna nerveusement de le suivre.

— Est-ce votre père qui demande à me voir ?

— Mon père ? Non et vous risquez de ne pas le revoir de sitôt hélas. Venez !

Si je ne me trompais pas, les seuls gardes encore présents au palais étaient avec lui, il y en avait six. Viktor se saisit de mon manteau rangé dans la penderie et le posa sur mes épaules avant de me tirer avec lui.

— Où allons-nous ? Je ne dois… Je voudrais rester ici !

— Vous n’êtes plus en sécurité ici princesse. Nous avons reçu un appel nous ordonnant de quitter le palais. Mon père s’est fait attaquer en ville, des troupes dissidentes risquent de vouloir s’en prendre à nous.

Alors cela signifiait que Nicolas et les autres avaient pu maitriser la petite armée d’Anton ! Bonne nouvelle, mais justement je ne devais absolument pas bouger d’ici dans ce cas !

— Non, désolée, je ne vous suivrai pas Viktor. Je préfère attendre ici.

— J’admire votre courage, mais il n’en est pas question !

Il s’avança vivement, ne me laissant pas le temps de réagir. En deux temps, trois mouvements, j’étais sur son épaule, portée comme un sac de grains. Il avait dû voir trop de vieux films historiques dans son enfance celui-là. Depuis quand n’enlevait-ont plus les dames de cette manière !

— Ce n’est pas du courage ! Reposez-moi !

— Alors c’est de la folie !

Je me débattis, toujours maintenue maladroitement par le prince. Il n’avait pas la carrure de Nicolas qui lui, j’en étais certaine, aurait eu bien moins de mal à me retenir. Ses hommes nous observaient d’un air perplexe, ne sachant s’ils devaient intervenir sur une personnalité de sang royal ou laisser se régler ce petit conflit entre nous. Arrivés au-dessus des marches, il du bien me reposer sous peine de tomber tous les deux et risquer de nous rompre le cou.

— Vous ne comprenez pas la situation ! Mon père a sans doute été fait prisonnier à l’heure qu’il est et il ne nous reste que peu de défenses ici. Nous devons rejoindre l’aéroport avant qu’ils ne soient tous mis sous contrôle. Soyez satisfaite, nous partons pour la Slandavie !

— Et vous pensez vraiment que la reine Grâce vous laissera séjourner tranquillement là-bas ! Après ce que vous avez fait de son fils et de son petit fils !

— Nous n’y sommes pour rien !

— Leur avion est tombé tout seul peut-être ? Je suis navrée de vous l’apprendre prince Viktor, mais ce n’était pas un accident, mais bien une tentative de meurtre. Pour me contraindre à épouser un vieux bonhomme et à présent, c’est à vous que l’on m’enchaine.

— Cela signifie que vous ne souhaitez pas de ce mariage ?

— Bien sûr que non ! Je voudrais au moins décider, juste une fois de qui j’épouserai un jour ! Et sans que ce soit fait dans l’empressement le plus total ! Et en plus de cela, mon cœur est déjà pris !

J’étais peut-être allée trop loin dans mes confidences et posai les deux mains sur ma bouche. Viktor m’observa d’un air interrogateur.

— Et puis-je savoir de qui il s‘agit ?

Devant mon mutisme, il se renfrogna.

— De toute façon, il est bien loin d’ici et je suis le seul à pouvoir vous mettre à l’abri.

— Vous n’avez pas l’air de saisir qui est votre père exactement Viktor. Il a renversé un gouvernement qui n’avait aucun tort à se reprocher. Juste pour prendre le pouvoir !

— C’est faux ! s’empressa-t-il de répondre. Ces rumeurs sont de la fausse propagande !

— Alors expliquez-moi pourquoi ce coup d‘état ? Votre peuple était-il malheureux ? Aujourd’hui, il y a des censures, le pays est fermé et en plus de cela, vous voudriez faire de même en Slandavie ? Ah ça jamais !

Son air de petit coq fier s’envola subitement, ses épaules s’affaissèrent, il soupira.

— J’avoue ne pas être d’accord avec tout ce que décide mon père mais il m’a affirmé que le gouvernement prenait de très mauvaises décisions et que… en vérité je ne vivais pas à Malakavia ces dernières années mais à l’étranger. Je l’ai cru sur parole, je… je dois vous protéger.

Il revint sur sa préoccupation première, mais il me sembla avoir terriblement bouleversé son petit monde intérieur et remis en cause la légitimité de son père. Cela me fendit le coeur.

Il m’invita à descendre les marches et je le précédai donc jusqu’en bas. Il souhaitait vraiment m’éloigner d’ici dans le but de rejoindre la Slandavie. Mais si cela ne se passait pas comme prévu ? Nicolas et les autres s’attendaient à me trouver ici et non à bord d’une voiture ou d’un avion. Et si nous subissions le même sort que mon père ? Je devais gagner du temps. À peine arrivée au bas des marches, je pris mes jambes à mon cou, direction les cuisines puis la cave à vin. Le temps qu’ils me rattrapent, s’entassent et se ralentissent les uns les autres dans l’étroit escalier, j’étais passée par la porte dissimulée derrière les rangées de bouteilles. Atterrissant dans une quasi-obscurité et non loin des prisons. Mais au moins, je n’avais pas quitté le palais.