Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 37


Je remontai et me rendis aux sanitaires comme il était prévu afin d’ôter les taches de ma robe, mais rien n’y fit. La sauce tomate demeura bien ancrée dans les fibres, la robe était fichue. Et je m’en moquais bien malgré le prix qu’elle avait dû coûter. Ce qui me préoccupait le plus étant la situation actuelle, sachant que Nicolas se retrouverait en plein cœur d’une attaque. L’armée slandavienne, pacifique de nature pouvait-elle affronter ce genre de conflit ? De mon côté, le mieux que je pouvais faire étant d’obéir aux ordres, une fois de plus et de regagner ma chambre. Au moins, j’aurai l’excuse de ma toilette gâchée pour leur faire faux bond.

Une vingtaine de minutes plus tard, le prince était à ma porte.

— Princesse, nos invités s’impatientent, demanda-t-il à travers elle. Est-ce que tout va bien ?

— Je suis navrée, dites-leur que… qu’il y a eu un incident, ma robe de bal est fichue et j’ai mal au ventre.

— Voulez-vous que je fasse venir un médecin ?

— Cela ira, j’ai… enfin, vous devriez comprendre, c’est un problème féminin.

L’argument numéro un pour éviter plus de questions, surtout auprès des princes trop curieux.

— Oh… oui, je comprends, fit-il alors, embarrassé. Je vous souhaite donc une douce nuit.

Enfin, il me laissa et je fis les cent pas dans ma chambre à scruter l’heure et à m’inquiéter. Ne pas sortir, surtout ne pas sortir. Quand allaient-ils s’apercevoir de la disparition de leurs prisonniers ? Et si la vieille dame était démasquée ? Et si… moi je l’étais ? Je ne préférais pas y songer.

Environ une heure plus tard, deux voitures franchirent les grilles, stoppant net devant l’entrée et vomissant quelques militaires en habits bleus. Tous se mirent au garde-à-vous alors que je remarquai au loin les nombreux phares de véhicules en stationnement à l’extérieur de l’enceinte du palais. Ce devait être les troupes chargées de donner l’assaut sur le quartier nord. Le bal était encore donné, les invités nombreux, mais Anton Ier apparut malgré tout dans la cour, discuta un moment avec l’un des gradés et tous remontèrent à bord. Lui y compris.

Sur le moment, l’idée d’attaquer qui que ce soit alors qu’il y avait un évènement à fêter ici m’avait paru invraisemblable. Ils auraient pu décaler soit l’un soit l’autre non ? Mais au fond, ce devait être pour que nul ne se doute qu’un tel projet aurait lieu un soir de bal. Ou alors, ils étaient drôlement pressés d’officialiser nos fiançailles.

À présent qu’ils étaient partis, mon estomac se noua plus encore et je devais admettre que mon petit mensonge de tout à l’heure n’en était plus vraiment un, j’avais bien mal au ventre.

Je me changeai cependant, adoptant une tenue plus confortable et ne put m’empêcher de fixer l’horloge à intervalles réguliers. Voyageant dans la pièce, ne songeant même pas à dormir, j’allai entre mon lit, m’allongeai un instant, me redressai puis tentai de lire quelque chose. Je ne tenais pas en place.

Minuit passa, puis un tour de cadran supplémentaire, un second que je ne vis pas, écrasée de fatigue dans l’un des larges fauteuils.

La réception était terminée, le palais déserté d’une partie de ses gardes était étrangement calme. J’aurais pu entendre un plat en inox tomber au sol depuis les cuisines. Pourtant, je m’étais réveillée en sursaut. Je compris rapidement que ce silence était celui précédant la tempête.

— Princesse ! Ouvrez ! Ou je vais devoir entrer sans votre consentement !

Mince ! Ça y est ! Ils ont tout découvert !