Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 35


Nous croulions sous les félicitations ainsi que les questions d’usage. Depuis quand est-ce prévu ? Hé bien là tout de suite, avais-je envie de répondre. À quelle date aura lieu la noce ? Le plus tard possible voire même jamais, imaginais-je. Je laissai Viktor répondre avec parcimonie. Il était souriant bien qu’empli d’appréhension concernant ma réaction et s’assurait régulièrement de ma bonne figure face à tous ces courtisans.

— Je ne prévoyais pas cela si tôt, s’excusa-t-il lors d’une accalmie.

— Mais vous y pensiez malgré tout ?

— Je vous avoue que oui. L’idée vient de mon père, mais j’ai accepté avec joie lorsque je vous ai vu la première fois. Vous êtes… enfin, vous n’êtes pas comme je le craignais. Vous êtes aimable et avez bon caractère en plus d’être ravissante. Et je crois que...

J’aurais dû le remercier, mais je ne pus que soupire face à cette déclaration, il n’osa achever sa phrase. Au fond, il avait beau être le fils de ce roi violent, il ne semblait pas être comme lui. Un peu pédant par moment et trop sûr de lui, mais au fond il ne me voulait pas de mal.

Parmi la foule, je revis la vieille servante, elle me fit signe et je m’éclipsai vers le buffet, prétextant avoir soif afin de lui demander de me servir.

— Vous aller aider nous ? Avertir de l’attaque ? chuchota-t-elle tout en remplissant ma coupe.

— Comment ? Je suis surveillée de près.

— Vous devenir épouse du prince, eux avoir confiance en vous.

— Pas vraiment non.

— Amis être prêts pour vous aider à passer, aider votre armée à fuir, ils attendent dans les cuisines. Il y a passage vers cave à vins puis vers prisonniers.

Elle se saisit alors d’un plat en argent, y déposa une assiette qu’elle remplit d’une espèce de bouillie rouge et me la tendis. Je ne comprenais pas vraiment le but et tendis la main lorsqu’elle laissa le contenu tomber sur ma robe. Dans un réflexe, je m’écartai, évaluant les dégâts.

— Je être désolée ! Absolument désolée. Vite ! Devoir nettoyer avant que sauce tomate attaquer tissu ! s’exclama-t-elle à haute voix.

— Hein ?

— Oui, venir nettoyer !

— Que se passe-t-il ? demanda Viktor qui rappliqua aussitôt.

— Rien de grave, j’ai été maladroite, mais nous allons vite réparer cela.

— Bien, ne tardez pas.

Je suivis la domestique jusqu’aux toilettes proches des cuisines, un garde sur nos talons. À peine passé le couloir, deux employés lui sautèrent dessus. Cela se fit si vite qu’il n’eut pas le temps de crier. Je préférai tourner la tête que de voir ce qu’il comptait en faire. Le tuer ou juste l’assommer ? La vieille dame me tirant loin d’eux. Nous descendîmes dans la cave à vin par un escalier de pierre. Une odeur de moisissure embaumait les lieux mal éclairés et je maintenais au plus haut mes jupons afin de ne pas marcher dessus et me rompre le cou.

En bas, deux autres hommes attendaient.

— Mais vous ne risquez rien ?

— Nous sommes prêts à risquer vies si nécessaire.

— Mais admettons qu’on les libère, il y a des tas de gardes en haut et dehors, nous allons nous faire prendre.

— Non, roi connaître son château, lui vous montrer. Vous faire diversion devant garde pour passer. Aucun ne touchera à vous.

Décidément, c’était le rôle dont j’héritais systématiquement. Je m’engageai dans un couloir dissimulé derrière deux étagères de bouteilles poussiéreuses. Outre la sauce tomate, la poussière et l’humidité des lieux avaient ruiné ma robe. Qu’importe, c’était loin d‘être le plus important.

Les deux domestiques me suivaient demeurant en arrière et hors de vue  lorsque j’arrivai à hauteur de deux gardes devant une porte épaisse en bois.

— Bonsoir ! Je me suis perdue, je cherche les sanitaires, leur fis-je incertaine du résultat.

Ils n’eurent pas l’air de comprendre.

— Kakiye ?

— Pardon ? Non je cherche les toilettes. C’est par là ? indiquais-je du doigt.

L’un tourna la tête tandis que l’autre m’observait comme la dernière des folles. C’est là que mes accompagnants entrèrent en scène, leur tombant dessus. Je me reculai jusqu’au mur afin de ne prendre aucun coup perdu. Si c’était des cuisiniers, j’étais la reine d’Angleterre. Même si je n’étais pas passée loin d‘être reine tout court. Ils devaient faire partie de l’armée du roi. L’un arracha les clés de la ceinture du garde et ouvrit la porte.

— Otsyuda !

Je reconnus les membres de mon escorte ainsi qu’un homme plus âgé sortant de la, immédiatement suivi par mon Nicolas. Je me précipitai sur lui.

— Chloé !

— Seigneur qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?

Ma main s’attarda sur sa pommette bleuie, il cligna légèrement de l’œil

— C’est pas trop grave, on n’a pas le temps de trainer ici. C’est quoi cette tenue ? Tu étais à un bal ?

— Oui, celui de mes fiançailles !

— Quoi ?

— Je t’expliquerai plus tard, cela devient une manie. Partons d’ici, j’en ai raz le bol !

— Par ici, nous souffla le souverain. Ce palais a été construit sur les vestiges de celui de mon arrière arrière-grand-père, il est plein de surprise. Et de passages vers l’extérieur. Mais je suis navré princesse et bien que je vous sois infiniment reconnaissant pour votre aide, vous devez rester ici. Il n’y a qu’ici que vous serez en sécurité désormais.