Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 34


Résultat, je fus enfermée et mise sous bonne garde dans ma chambre. Impossible désormais de libérer Nicolas et les autres. Impossible d’empêcher l’attaque de cette nuit. La porte était verrouillée et les gardes en faction armés jusqu’aux dents.

J’eus beau jurer à Viktor que je ne voulais que relater la « terrible trahison » de mon escorte en Slandavie, il parut sceptique. Mais je compris qu’au fond, il ne demandait qu’à me croire. Ma seule certitude à présent étant que je devrais faire acte de présence ce soir, mais ensuite ? Je devais donc agir durant ce bal, le seul moment où je ne serais pas mise sous clé, j’ignorais encore comment.

Je me préparai donc, enfilai la robe, me maquillai et me coiffai avec soin. Tout pour sembler être tout à fait ravie de cette soirée et de ce fameux projet que je voyais venir à des kilomètres.

Mon cavalier vint me chercher à l’heure du dîner, un buffet nous attendait dans la grande salle. Ainsi qu’une foule d’invités. Se ralliaient-ils au plus puissant par intérêt ici aussi ? Qu’ils soient d’accord ou non ? Je ne vis pas beaucoup de sourires. Des smokings de prix, de belles robes et de splendides parures, mais des visages tirés vers le bas comme lors d’un enterrement.

Un petit orchestre jouait sur une estrade et des serveurs en uniformes élégants slalomaient entre les convives, plateau à la main. Parmi eux, je reconnus la vieille dame, mon contact, apprêtée dans une robe sobre noire. Elle ne mit pas longtemps à me remarquer.

— Princesse, venez que je vous présente… me fit Viktor, me poussant vers un petit homme ventru et sa femme, longiligne.

Il me présenta à d’autres personnes dans la foulée. Ministres, entrepreneurs, gens du monde. Je ne retins pratiquement aucun nom, mais fis bonne figure, assurant que mon séjour était parfait et mes hôtes chaleureux. Pourtant si Viktor malgré ses travers faisait de son mieux, chaleureux n’était pas le mot exact. Plus depuis que j’aperçus son père assis dans son uniforme bleu sur un siège de souverain, à contempler ses invités d’un air fermé, sans aucune émotion. À le voir, quelque chose me disait que de vouloir parlementer avec lui pour empêcher le pire au sujet de Nicolas et de ses hommes serait peine perdue. Et puis, n’était-il pas à l’origine d’un bain de sang ? Et préparant un second cette nuit même ?

Viktor me conduisit à lui, j’aurais préféré qu’il s‘abstienne, mais j’inclinai la tête, patientant le temps qu’il prenne la parole.

— Princesse, mon fils avait raison, vous êtes le joyau de cette soirée, me complimenta-t-il sans pour autant perdre son masque de froideur. Pourquoi ne pas annoncer la nouvelle dès à présent ?

— C’est que… nous n’en avons pas encore discuté père.

Le prince ne semblait pas à son aise, mais cela n’empêcha pas le souverain de se lever. Immédiatement la musique cessa, ainsi que les conversations alors que tous se tournèrent dans sa direction.

Sois aimable et conciliante jusqu’au bout, quoi qu’il annonce, fis-je à moi-même. Pense à Nicolas, pense aux autres qui ont encore besoin de toi.

— Chers amis ! entama-t-il d’une voix portant loin. Cette soirée est donnée en l’honneur de ces deux jeunes gens ici présents. Viktor de Malakavia, mon fils ainsi que la princesse Chloé de Slandavie.

Je servis à l’assemblée ce qui devait avoir l’air d’une grimace crispée plutôt qu’un sourire. Il poursuivit.

— Afin que nos deux royaumes prospèrent main dans la main, j’ai décidé, moi Anton 1er, de les unir par le mariage avant la fin de cette année.

Je le savais ! Je serrai les dents dans un rictus qui ne devait plus rien avoir d’approprié, j’en eus les larmes aux yeux.

— Désolée, c’est l’émotion, fis-je afin de me défendre contre mes propres sentiments.

L’émotion de se retrouver de nouveau sans la possibilité de choisir. Des deux, je me demandais laquelle était la pire, le Duc il y a quelques jours à peine à Viktor, fils d’un roi assassin. Et qui allait devenir roi lui-même s’il m’épousait ! S’il n’était pas lui, comblé avec ça ! Et pourtant, il en semblait pas si enjoué que ça, il avait l’air désolé et se rapprocha de moi, scellant les mots de son paternel d’un baiser sur ma joue afin de les confirmer.

— J’aurais préféré vous en parler avant.

— Ce qui est fait est fait, lui fis-je.

Et cette fois, quelqu’un stoppera-t-il la cérémonie ? J’avais bien peur que non.