Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 33


J’avais tenté de rejoindre les sous-sols, mais il y avait toujours un garde dans les environs qui m’en empêchait. C’était peine perdue et je finirais par être enfermée moi-même, mais dans ma chambre si j’insistais plus. Ce soir, une réception, ou plus exactement, un bal serait donné dans la grande salle que nous avions entraperçue à notre arrivée. Et peu avant midi, une longue robe magnifique en taffetas et organza rose ainsi que des escarpins assortis et une parure de bijoux avaient été livrés à mon attention. Ceux-ci, par contre, semblaient être en toc bien qu’ils eurent un bel effet. La vieille femme qui m’apporta ce présent m’informa ensuite qu’elle me porterait mon repas dans ma chambre également. Au moins, je n'aurais pas droit à la promenade imposée aujourd’hui. Je la stoppai avant qu’elle ne sorte de la pièce, elle pouvait parler notre langue et je devais savoir si elle avait entendu parler des prisonniers et ce qui leur avait été fait.

— Vous être du côté de notre roi Karl ?

— Je ne suis pas trop fan du nouveau roi ni de la façon dont s’est fait l’accès au trône.

— Il y avoir beaucoup morts le jour de la rébellion, mais notre roi toujours vivant ! Être ici !

— Ici ? Dans les sous-sols vous voulez dire ? Et les militaires slandaviens, ils y sont aussi ? Vous savez si on leur a fait du mal ?

— Non. Rien savoir, mais ils sont en bas oui. Je demander aux autres, vous dire tout à l’heure.

Je déjeunai un peu tardivement, le temps qu’elle revienne avec des nouvelles. Tout ce qu’elle put me dire était qu’ils étaient interrogés et accusés de trahison. Interrogés ! Je craignais surtout qu’ils soient passés à tabac… ou torturés ! Jusqu’où iraient-ils ?

— Les autres vouloir savoir. Vous être venu à Malakavia pour aider le roi Karl ?

— Nous sommes venus pour retrouver notre propre souverain, il est vivant quelque part en ville avec son fils. Nous ne savions pas que le vôtre était toujours en vie. Je suis en mission diplomatique ici, je ne peux rien faire ni rien décider. Surtout que je suis seule à présent.

— Non. Vous n’être pas seule. Ici au château, beaucoup attendent le moment ou Anton paiera. Il y avoir des troupes, fidèles au roi dans la rue, bientôt prêtes à agir. Mais si votre armée nous aider, nous serons plus forts et pouvoir retrouver votre roi à vous.

— Mon armée ? Je n’ai pas d’armée, soupirais-je.

Ma grand-mère à la rigueur pourrait peut-être faire envoyer des hommes, convaincre son ministre. Et encore, je n’en étais pas certaine. Pour le savoir, je n’avais d’autre choix que de la contacter, ce qui signifiait rejoindre le pavillon en douce. Mais j’étais surveillée à présent.

— Si, vous devez faire sortir eux. Ami à moi entendu les plans de Anton pour cette nuit, pendant le bal. Ils savent ou se trouver les troupes, ils vont les attaquer. À Minuit. Nous pas permis de sortir d’ici, surveillés, en danger. Mais vous pouvoir, vous être plus libre que nous. Votre armée pouvoir.

Elle pensait sincèrement que j’étais libre d’aller et venir, ce qui était faux. Mais là où elle ne se trompait pas, c’était que j’étais bien moins en danger qu’eux. Je pouvais me faire prendre, je jouerais les idiotes et irai me réfugier sous l’aile de Viktor. Le pauvre,  j’allais peut-être devoir l’utiliser. Mais je ne pouvais laisser Nicolas et les autres dans cette situation.

Je pris un moment pour réfléchir, que pouvais-je faire pour les libérer ? Le demander gentiment à Viktor ? Il refuserait. Pour lui, Nicolas était un traître, rien de plus. Son père ? Quelque chose me disait que c’était une très mauvaise idée. Je devais me débrouiller seule. Tout d’abord, contacter grand-mère. Elle ne pourrait peut-être pas faire grand-chose, mais c’était à tenter. Ensuite, je devais parlementer pour qu’ils relâchent la troupe. Mais ça, ce serait difficile, voire impossible. Je devais plutôt miser sur une évasion.

— Pourriez-vous m’aider, vous ou vos amis travaillant ici ? Je dois joindre la reine mère, si elle peut faire quelque chose, elle le fera. Ensuite je dois libérer mes amis… enfin, mon armée comme vous dite.

— Il y avoir issue menant en bas sans passer par garde. Par cave de la cuisine, derrière armoire à vins.

— Très bien. Minuit vous dites ? Je ferai tout pour les faire sortir de la mais j’aurai besoin d’aide.

— Vous aurez notre aide.

À peine plus confiante en l’avenir, je me faufilai dans les jardins, me glissai entre les buissons dès que la ronde eut tourné le dos et courut à perdre haleine jusqu’au pavillon. Viktor était dans les environs, j’échappai de peu à sa vue.

Une fois sur place, je composai le numéro.

— Grâce de Slandavie, j’écoute.

— Grand-mère ! La situation est grave ici. Nous n’avons toujours pas retrouvé le roi et son fils, mais il va y avoir de nouveaux combats ici. Et… et Nicolas et les autres ont été arrêtés. J’ai peur qu’ils… qu’on ne les…

— Calme-toi Chloé. Où sont-ils ?

— Enfermés dans les sous-sols. Je pensais les libérer, mais… Je ne suis pas sûre d’y parvenir. Ils vont peut-être être tués, je ne sais pas, j’ai peur pour lui grand-mère, lui avouais-je enfin.

Je l’entendis soupirer et marquer une pause interminable.

— Si tu peux les faire sortir, n’hésite pas. De mon côté, je vais contacter nos ministres afin qu’ils acceptent que soient déployées des troupes. Chloé, nous risquons le conflit avec ce pays en faisant cela, j’espère que tu comprends la situation.

— Oui, je comprends. Je crois.

— Une fois libres, mettez-vous à l’abri. Quittez ce palais au plus vite. Je pense que… ton Nicolas saura s’occuper de toi même en situation de crise, mais il faudra vous cacher. Et vous préparer à quitter le pays par vos propres moyens.

Je raccrochai, ne souhaitant être vue ici et risquer moi aussi d’être enfermée. À peine fis-je quelques pas dehors qu’une voix m’interpella.

— Princesse ? Pourquoi ? me demanda Viktor, l’air perdu. Je pensais que vous étiez de notre côté !