Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 31


Je m’étais éclipsée dans les jardins juste après le repas, prétextant une fatigue soudaine afin que Viktor me laisse un peu seule. Lors de notre précédente promenade, j’avais remarqué une sorte de cabane de jardin où l’on devait ranger du matériel. J’espérais qu’elle ne soit pas verrouillée. Par chance, je pus m’y glisser et coincer la poignée de l’intérieur. J’allai ensuite m’asseoir dans un coin, hors de vue de la seule fenêtre. Une fois en place, je n’avais qu’une chose à faire : attendre et surtout ne faire aucun bruit si quelqu’un s’approchait.

Je préparais déjà mes explications. Je m’étais promenée pour favoriser la digestion et poussée par la curiosité, j’étais entrée et n’arrivais plus à actionner l’ouverture. J’allais passer pour une idiote de première, mais qu’importe tant que Nicolas ait le temps de faire ce qu’il devait.

Une heure plus tard, j’entendis des voix m’appelant. Je me recroquevillai plus encore, espérant qu’elles s’éloignent. Plan B, faire mine de m’être endormie si jamais ma cachette était découverte, preuve que je n’avais pas entendu. Ce que je fis finalement et sans me forcer.

C’était déjà le soir lorsque je revins à moi, courbaturée comme jamais. J’eus du mal à me relever et plus encore à parvenir à ouvrir. J’avais beau tirer sur la poignée, cette fichue porte ne daignait pas s’ouvrir. Vu l’heure, la diversion avait dû donner ses fruits et j’en vins à crier afin que l’on me tire de la. Ce qui prit du temps, à croire qu’ils avaient abandonné les recherches ou les avaient poursuivies bien loin d’ici. Il commençait à faire frais, la nuit étant tombée cette fois, tandis que la faim me tenaillait franchement. Je m’en voulais de ne pas avoir pensé à avertir Nicolas de ma cachette, il serait venu me chercher ou aurait envoyé ses hommes.

— Hohéééé ! Au secours ! Je suis enfermée ! Je suis...

Je braillais depuis un moment, ma gorge se faisant douloureuse lorsque je fus surprise de constater que le cabanon trembla subitement. La porte s’arracha presque de ses gonds, un violent coup de pied l’y aidant.

— Nicolas ! fis-je rassurée.

— Navré princesse, ce n’est que moi, répondit Viktor de son accent à couper au couteau. Cela fait des heures que nous vous cherchons, nous étions tous très inquiets. Surtout avec l’arrestation de votre escorte.

Il me tendit la main afin de m’inviter à sortir, mais je demeurais paralysée par la nouvelle.

— L’arrestation de mon escorte ? Qu’ont-ils fait ?

— Le lieutenant Pike a été découvert tentant de divulguer des informations en dehors du pays. Chloé, je me doute que vous avez dû lui révéler l’emplacement du téléphone privé. Je ne vous le reproche pas évidemment, vous ne pouviez pas savoir qu’il nous trahirait tous.

— Il ne nous a pas trahis ! C’est impossible ! Il voulait certainement avoir des nouvelles de… de sa famille.

— Non, Votre Majesté. Nous connaissons cet homme, il n’a d’autre famille qu’un aïeul et ce n’est pas lui qu’il a appelé.

Il devait avoir contacté Max et s’être fait prendre.

— Puis-je le voir et lui parler ? Je suis certaine que nous pourrons arranger tout cela, j’ai une totale confiance en lui, en eux tous.

— Pas pour le moment, je vais vous raccompagner à votre chambre.

Deux de ses sbires attendaient dehors et nous encadrèrent jusqu’au palais. Où était Nicolas ? Où gardaient-ils les gens maintenus en état d’arrestation ? Était-il toujours ici ?

— Où les avez-vous emmenés ? demandais-je à tout hasard.

— Ils sont toujours ici afin de les questionner. Vous connaissiez le lieutenant de longue date ?

— Non, depuis un peu plus de deux mois.

Il parut satisfait de ma réponse.

— Si peu de temps, cela m’encourage à penser qu’il vous a dupé vous aussi. Saviez-vous qu’il est jugé responsable de la mort de votre père et de votre frère ? Je n'aimais pas le savoir a votre service après cela, j'ai tenté de vous le faire comprendre. Je ne sais à quel point il est impliqué ni quels sont ses objectifs, mais si tout est lié, c’est très grave.

— En effet, articulais-je, perdue.

Que risquait-il alors ? Si en Slandavie, il serait jugé, même sévèrement, qu’allaient-ils faire de lui s’il s’avérait être un traitre ? Le fusiller ? Je me sentis mal tout à coup et ratai un pas. Viktor me retint avant que je ne tombe. En bon chevalier servant, il me tint par la taille afin de m’aider à me déplacer. Pourtant il n’y avait pas de quoi, j’avais juste fait un petit écart, mais il insista.

— Chloé, je peux vous certifier qu’il ne vous fera aucun mal, n’ayez crainte. Il est bien gardé dans notre prison improvisée, ici dans les sous-sols. Quant à vous, nous avons d’immenses projets mon père et moi. D’ailleurs, il souhaite vous voir demain, lors d’une réception en notre… hum, toussota-t-il, masquant mal son erreur. En votre honneur. À présent reposez-vous.

Une réception ? Des projets ? Mon petit ami en prison ? Le roi et son fils toujours portés disparus. Personne pour empêcher quoi que ce soit ! J'en avais le tournis et m'agrippai au col de sa veste.

Pourquoi avais-je subitement l’impression de retomber dans le même piège que celui que m’avait tendu le Duc ?