Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 30 - Nicolas


J’avais profité de l’après-midi d’hier pour inspecter les lieux, dénichant sans trop de mal au passage, les escaliers menant aux sous-sols. Une partie de celui-ci servant de cave à vin, je pensais m’immiscer par là tout en espérant qu’il y ait bien une issue capable de joindre les deux. Mais je devais attendre qu’il fasse jour, procéder de nuit n’aurait fait qu’attiser la méfiance de nos hôtes.

Un petit déjeuner fut servi dans la salle à manger, mais je préférai rejoindre mes hommes à la cuisine, après nous être assurés que nul ne parlait notre langue nous chuchotons les détails de notre plan. Il nous fallait faire une diversion afin de rameuter le plus possible de gardes vers un point éloigné de l’entrée des sous-sols. Mais une diversion ne risquant pas de compromettre notre présence. J’avais pu compter une vingtaine d’hommes armés dont la moitié en faction. Les autres devaient être à l’extérieur ou en ville.

— Nous pourrions mettre le feu ici, ni vu ni connu. Un accident domestique ça arrive tous les jours, proposa Buddy.

— Cela ne suffira pas. À moins de faire flamber toute l’aile. Il faut trouver quelque chose capable de les mettre en ébullition et les obliger à tous se déplacer.

— J’ai bien une idée, mais…

— Dis-nous, Richie.

— La princesse ! C’est la personne la plus importante au château pour le moment, s’il lui arrivait quelque chose...

Il se ramassa une partie de mes œufs brouillés, qu’est-ce qu’il racontait cet abruti ! Mettre Chloé en danger, il avait perdu la tête !

— Tu es malade ! Jamais de la vie !

— Mais rien de grave ! Imaginez qu’on fasse courir le bruit qu’elle a disparu, qu’elle se cache un moment, tout le monde va être sur le qui-vive. Nous aussi, et nous pourrions en profiter pour les mettre sur de fausses pistes afin de les éloigner.

— Je ne peux décider de ça sans son accord, mais… c’est pas bête au fond. Désolé pour les œufs.

Bref, c’était parti pour la mise en scène. Je profiterai de la matinée pour l’avertir tout en tentant une escapade jusqu’au pavillon. Cette histoire avec Max m’intriguait. Il devait surveiller grand père Chris, si la reine mère elle-même était au courant qu’il y avait un souci, soit il s‘était fait prendre, soit il avait des infos à me fournir.

Je ne perdis pas de temps une fois l’estomac plein et me dirigeai vers les appartements de la princesse. Elle n’était pas là. Encore ce Viktor sans nul doute, ne sachant qu’inventer pour l’occuper. Je du faire le pied de grue une bonne heure avant qu’elle ne revienne. Une heure de perdue.

— Le prince ne peut décidément plus se passer de toi, lui fis-je à son retour.

— Si tu crois que cela m’amuse… soupira-t-elle, je vais connaitre cette propriété par cœur.

— Pour une fois, cela pourrait nous servir.

Je lui expliquai notre plan. Elle m’observa tout du long, m’offrant de grands yeux ronds de surprise tout en hochant la tête par moment, elle ne devait pas vraiment être enjouée d’y être mêlée, mais elle accepta.

— Cela se fera juste après le déjeuner, j’ai autre chose à faire avant ça, tu t’en sortiras, tu es sûre ?

— Oui oui, j’ai une petite idée d’où me cacher, mais, et toi ? Que vas-tu faire ?

— Je dois contacter la Slandavie pour cette histoire avec Max.

— Tu penses qu’il s’est fait prendre ?

— Et qu’il aurait pu contacter la reine ensuite ? Non, mais il doit avoir des nouvelles importantes s’il est passé par elle.

— Elle ne doit pas être heureuse de savoir qu’il travaillait pour ton grand-père et se faisait passer pour un employé, elle l’a mentionné comme étant mon chien.

— Surement, mais elle était au courant, ou du moins, elle devait se douter. Il y a toujours eu des taupes dans les deux camps. Depuis toujours. C’est mieux que de détrôner ses rivaux.

J’avais toujours un peu de mal à m’éloigner de Chloé et à la laisser seule au milieu de ces régicides depuis notre arrivée. J’espérais que tout rentre dans l’ordre et que nous regagnerions rapidement la Slandavie pour enfin passer un peu de temps avec elle. Du moins, si rien de fâcheux ne me tombait dessus à mon retour. Si la reine me laissait l’opportunité de réparer mon erreur, le tribunal militaire m’attendait au tournant. Bon, autant ne pas y penser pour l’instant et me focaliser sur ce que j’avais à faire.

Je sortis dans les jardins, saluai les gardes l’air de rien avant de me la jouer promeneur solitaire. Une fois hors de vue entre les buissons, j’étais déjà plus tranquille. Je n’avais qu’à longer le lac, prendre la première pièce à gauche en entrant et passer ce coup de fil.

Le bureau était la seule salle encore meublée, le reste avait dû être déplacé ou détruit et jeté suite à l’attaque. Je composai le code suivi du numéro avant d’annoncer les informations nécessaires pour que l’on me dirige vers le téléphone de Max.

— Lieutenant Pike, matricule 2688. Camouflage. Passez-moi le numéro 555 22 17 13. Merci.

Après quelques grésillements et sonneries, l’on décrocha enfin.

— Monsieur Pike ? Je suis content de vous entendre. J’ai du nouveau. Ça risque de ne pas vous plaire.

Effectivement, je me glissai vers le siège pour entendre ça. J’aurais pu aisément imaginer des tas de scénarii concernant grand-père Chris, surtout connaissant son obsession pour ces histoires de familles et de trône, mais ça ! Max me répéta de nouveau et mot pour mot ce qu’il avait perçu d’une conversation téléphonique longue distance, me laissant le loisir de spéculer là-dessus.

« Une alliance avec votre fils ? Faites comme vous voulez, mais n’oubliez pas notre accord ! Plus morts que vifs ! »

Mais quel enfoiré !

Premièrement, hors de question que de nouvelles fiançailles incluant Chloé soient de nouveau sur le tapis. Prince ou pas prince. Deuxièmement, qui souhaitait-il voir mort plutôt qu’en vie ? Il ne comptait tout de même pas…

— Je suis étonné de vous voir ici Lieutenant.

Je me relevai soudainement et me mit au garde-à-vous. L’homme qui venait d’entrer portait un habit militaire Malakavien bleu clair. Ses galons de général me sautèrent immédiatement aux yeux. Et même sans l’avoir vu, je me doutai de qui il s‘agissait. S’il me soupçonnait d’être entré en contact avec l’extérieur, j’étais mal barré. Car je me trouvais face au roi actuel de ce pays, Anton Ier.