Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 27 - Nicolas


Chloé était installée dans l’une des tours réservées aux personnalités de marque tandis que nous fûmes emmenés dans l’aile nord. Mes hommes au niveau du personnel, moi celui des invités. Je me doutais que nous serions séparés et je ne craignais rien jusqu’à ce que je croise ce fichu Viktor. Attention, Prince Viktor ! mimais-je intérieurement les manières ridicules de ce pauvre arriviste. D’emblée, quelque chose ne m’avait pas plu chez lui. Sans compter que je ne prévoyais pas sa présence. Un prétendant de cet âge faisant les doux yeux à la princesse d’un pays qui se voulait être allié et amical, je n’aimais pas ça. À moi de ne pas lui laisser trop d’opportunités, mais entre cela et retrouver nos souverains, j’étais pris entre deux feux.

Je devais rapidement avancer dans ma mission. J’alpaguai le domestique m’ayant amené à la chambre avant qu’il ne la quitte, refermant la porte devant lui.

— Vous étiez déjà employé au palais il y a un peu plus de deux mois n’est-ce pas ?

Il secoua la tête, faisant mine de ne pas me comprendre, mais je me souvenais de ce visage, il parlait bien notre langue la dernière fois.

— J’étais en mission diplomatique, chargé de protéger Edward III et son fils ici même, vous devez-vous en souvenir.

— Je me souvenir de vous, fit-il timidement. Mais moi ne peux pas vous parler à vous.

— Dites-moi simplement si vous avez des nouvelles du roi.

— Roi ? Roi enfermé dans prison ici en dessous. Pas possible de le voir sinon enfermé aussi. Ou mort.

— Tu veux dire qu’ils le retiennent ici ? Ne t’en fais pas l’ami, tu peux retourner à tes occupations, je ne dirai rien sur toi.

Enfermés. Anton Pavel savait donc qu’ils avaient survécu et ne nous en avaient rien dit, les retenant prisonniers. Pourquoi ? À quoi cela lui servait-il ? Je devais les rejoindre et trouver un moyen de les faire sortir d’ici. La situation était plus critique que nous l’avions imaginé. Je devais également contacter le palais, mais d’après nos estimations, toutes les communications sortantes du pays étaient surveillées. Ce devait être ce qui les avait trahis.

Je laissai mes bagages en place et sortis de ma chambre. Au fond du couloir, un garde me stoppa, baragouinant je ne sais quoi. Sans doute me demandait-il où je me rendais.

— Je suis le garde du corps de la princesse, je dois la voir avant le dîner.

Il haussa des épaules et me laissa passer. Je n’étais pas certain qu’il avait compris cela dit. Ce palais était immense, plus encore que celui de Slandavie, mais moins complexe. Plutôt que de passer de salles en petits couloirs, il me suffisait de gagner le centre du bâtiment, par ou nous étions arrivés et de rejoindre l’aile opposée desservie par de larges couloirs. Je savais où logeaient nos souverains lors de notre précédent voyage, Chloé devait se trouver.

Je frappai à une porte gardée elle aussi, facile à trouver finalement.

— Nicolas ! soupira-t-elle en me voyant. J’espérais qu’ils ne nous éloignent pas tant.

— Je suis logé dans l’aile nord avec mes hommes. C’est à l’autre bout, mais tout ira bien. As-tu parlé de  l’accident à ce Viktor ?

— Très peu. Viktor est très vite passé à autre chose. Il m’a affirmé que les corps étaient déjà carbonisés lorsqu’ils ont tenté de leur porter secours.

— Un accident. C’est ça… leur appel n’était pas un faux, ne crois pas ce qu’il te dit, mais continue à faire semblant pour l’instant. J’ai une piste, mais j’ai beau avoir carte blanche pour les rapatrier, la situation se complique. Chloé, je dois trouver un téléphone ou un terminal non surveillé afin de contacter le palais. J’ai besoin de toi pour ça.

— Mais où vais-je trouver ça ?

— Demande à appeler ta grand-mère et que je sois présent lorsque cela se fera. Sinon, tu lui diras que tout va bien, que le temps est très beau, mais qu’il a fait grand vent.

Elle me regarda d’un air perplexe.

— Ce sera une façon de dire que nous avançons, mais que nous avons encore des difficultés.

— Un message codé ?

— Si l’on veut. En attendant, repose-toi un peu et prépare-toi pour le dîner de ce soir.

— Et toi ? Que vas-tu faire ?

— Je vais demander à m’assurer que tout est sécurisé et laisser trainer mes yeux et mes oreilles un peu partout.

Je déposai un baiser sur son front terminant sur ses lèvres rosées, n’osant la mettre dans la confidence. Elle risquerait de s’inquiéter et de laisser paraître cela au dîner. Et bien que l’envie de rester plus longtemps en sa compagnie me gagna, je dû la laisser de nouveau.

Premièrement, repérer toutes les issues. Y compris celles pouvant être improvisées. Deuxièmement, évaluer les forces ennemies en place, repérer les habitudes de rondes et les lieux les moins fréquentés. Je n’allais pas être discret, mais c’était mon boulot également. Troisièmement, trouver comment se rendre et discrètement dans les sous-sols. Ça, ça n’allait pas être simple.