Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 25


Je prenais décidément bien souvent l’avion ces derniers temps. Et avec la peur au ventre de nouveau. Non seulement de me retrouver dans un pays inconnu, entourée de gens dont on me recommandait de me méfier, mais de crainte d‘échouer. Le retour des souverains dépendait-il de moi ? Il y avait de quoi paniquer.

Au moment de monter à bord, Nicolas prit Maximilien à part et le renvoya.

— Il ne nous accompagne pas ?

— Non, j’ai une mission spéciale pour lui.

— Il ne travaille pas pour ma grand-mère n’est-ce pas ? Mais pour le Duc, c’est pour ça ?

— Max n’est pas… comment dire… il n’est ni un concierge ni un majordome. Il est comédien. Il n’y en a pas beaucoup en Slandavie et l’industrie du cinéma y est quasi inexistante. Il a été contacté par le Duc afin de se faire engager au palais et jouer ce rôle. Il lui a promis un boost dans sa carrière pour ça, sans pour autant l’informer des détails dès le départ.

Je comprenais mieux pourquoi il semblait un peu perdu lorsque je lui posais des questions sur le protocole. Sans compter ces fois où il en faisait un peu trop. Mais engager un acteur pour me surveiller, c’était une première.

— Nous avons eu une bonne conversation récemment, reprit-il. Il n’aimait pas trop ce qui se passait lui non plus, mais il avait signé un contrat de confidentialité assez strict. Il est aujourd’hui caduc, il travaille donc pour moi maintenant.

— Décidément, ton grand-père a le don de faire ce qu’il veut des gens.

— Oh tu n’as pas idée ! Mais cette fois, c’est moi qui l’ai envoyé le surveiller.

— Il va se faire prendre !

— Pas forcément, Max à un don lui aussi. Celui de se grimer à la perfection. Et quelque chose me dit que papy ne va pas demeurer sagement à attendre sans rien tenter dans notre dos. Je préfère savoir ce qui nous attendra a notre retour. Qu’il ait souhaité que ce soit toi qui fasses les négociations me semble trop bizarre. Surtout qu’il sait pertinemment bien que tu ne sais pas y faire.

Je soupirai tout en y resongeant.

Durant les cinq heures de vol, Nicolas se tint à ma droite, me serrant la main lorsqu’il remarquait mon inquiétude. Il tentait de me rassurer comme il le pouvait en me prodiguant d’autres petits conseils.

Malakavia se situait en Europe de l’Est, coincée entre la Pologne, la Biélorussie et la Lituanie. Pas beaucoup plus grand que la Slandavie, je compris vite pourquoi mon père ainsi que le prince y avaient séjourné. Il existait beaucoup de similitudes entre nos deux pays, notamment l’aspect neutre et humble de ce territoire. Sa quiétude également, du moins avant que les choses ne tournent au vinaigre. J’espérais cependant qu’ils n’aient jamais eu l’envie de me faire rencontrer un potentiel dirigeant ou l’un de ses descendants histoire d’allier les nations. Tout, mais pas ça ! Nicolas me rassura là-dessus, l’ancien roi n’avait que des filles et toutes mineures. Fort heureusement, elles goûtaient aux joies de la pension suisse — ce qui me rappela quelques souvenirs — lorsque la rébellion avait eu lieu. Elles étaient donc en sécurité loin de tout ce tumulte.

Bien qu’ils furent prévenus dans l’urgence, nous avions droit à un petit comité d’accueil. Quelques hommes armés accompagnés de trois autres en costumes et un gradé en plus d’une vingtaine de personnes faussement heureuses de nous voir arriver. Nicolas tint à passer devant moi afin d’évaluer tout ce beau monde. Le lieutenant s’avança vers nos hôtes, fit le salut militaire au supérieur, se tenant droit et sérieux. Cela m’impressionnait toujours de le voir sous ce jour.

— Lieutenant Pike ! Soyez le bienvenu ! le salua l’un des hommes en costume. Comme vous voyez, vous êtes en sécurité ici, nul besoin de déployer tous vos hommes.

Il possédait un accent local assez conséquent et séparait chaque syllabe en parlant, mais au moins, il savait manier notre langue.

— J’y tiens cela dit, et cela rassure la princesse de se savoir entourée des siens. Mieux vaut assurer sa sécurité vu les évènements.

Il y eut entre les deux hommes un échange de regard glacial malgré ces piètres sourires qu’ils tentaient de rendre amicaux. Nicolas me présenta lorsque j’arrivai à leur hauteur. De voir tant d’armes autour de nous ne m’inspirait pas autant confiance que cela n’aurait dû. Heureusement, Buddy, Ritchie et trois autres militaires slandaviens me suivaient de près.

— Votre Majesté, heureux de vous connaitre. Je suis le fils de Sa Majesté Anton Ier, le prince Viktor de Malakavia.