Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 21


Chapitre 21

 

Une calèche ouverte et tirée par deux chevaux blancs attendait dans la cour du palais. Mon incroyable fiancé était déjà parti depuis un moment. Dire que je ne l’avais pas même croisé une seule fois. Ne restait plus que le personnel chargé de me préparer autour de moi. Maximilien veillant. Alice supervisant le tout avec un professionnalisme et un sang-froid inné. Ainsi que le gloussement de demoiselles d’honneur qui attendaient dans le petit salon. Je n’en connaissais aucune. Lorsqu’enfin, je fus prête, parée de ma robe de satin claire et que l’on ouvrit les portes, je fus accueillie de « waw » et « ce qu’elle est belle ». Mais un seul regard comptait plus que les autres. Celui de Nicolas. Il n’était pas là, il devait déjà être à l’église.

Traverser les rues ne fut pas aussi pénible que je l’avais envisagé. En ce jour de fête souhaitant effacer le deuil qui avait frappé précédemment le pays, je me sentais telle la vedette siégeant sur un char de carnaval. De petits drapeaux ou des banderoles aux messages chaleureux parsemaient le parcours. C’était assez intimidant, mais également réjouissant de constater que tout ce monde était heureux de me voir finalement. Je pu appliquer les enseignements de mon ami, saluant comme il se devait et d’entamer ainsi mes premiers pas en public, sans maladresse et émue.

L’église ressemblait à une petite cathédrale aux vitraux ronds et colorés. Je descendis devant l’allée couverte d’un épais tapis et parsemée de pétales de fleur, menant jusqu’aux marches puis à l’autel. C’est ce moment qui fut le plus douloureux, lorsque je me retrouvais seule en tête de file, portant mon bouquet de lys des deux mains. C’était mon père aurait du me mener. Max sauva la situation, me voyant demeurer immobile, pétrifiée. Il m’offrit son bras et m’accompagna jusque dans l’entrée alors que je le remerciai d’un sourire intimidé. Il me laissa ensuite avancer seule, ne pouvant aller plus loin vu son rang.

— Bonne chance mademoiselle, me souffla-t-il ensuite.

Marchant doucement au son de l’hymne de circonstance, j’espérais qu’il n’y ait aucune bosse dans le tapis. Les invités se tournaient au fur et à mesure de mon avancée. Ma grand-mère au premier rang devait être la seule que je reconnus. J’arrivai enfin à l’autel, une boule d’appréhension s’étant formée à chacun de mes pas, l’envie de remonter mes jupes et de fuir à toutes jambes aussi. Il y avait ce vieux militaire en habit officiel, le Duc que je voyais pour la première fois et dont je cherchais les traits de ressemblance avec son petit-fils. Il avait l’air aussi sévère que mère-grand. Il aurait pu aisément jouer le rôle du loup et moi du chaperon, mais en robe ivoire cette fois. Directement derrière lui, Nicolas se tenait droit. Il hésitait entre un sourire d’encouragement et son air sérieux, son regard me parcourant de haut en bas me fit rougir. Et la musique cessa.

Le prêtre débuta son discours, entamant la liste de toutes les charges devant incomber aux futurs époux et souverains, à l’importance de ce sacrement qu’était le mariage et je n’osai regarder nul autre que lui. Surtout pas celui auquel on me liait, du moins pas tant qu’il ne m’en fut donné l’ordre. Étrangement, il n’y eut pas ce fameux moment où quiconque pouvait s’opposer à cette union. Avaient-ils peur qu’une bonne âme se dévoue et mette à mal leurs projets ?

Alors que mon fiancé tenait ma main tremblante, prêt à faire ses vœux et me passer la bague le premier, mon regard fut attiré par celui de Nicolas, quelques pas derrière lui. Il porta sa main à l’oreille, fronça des sourcils et se tourna un instant, chuchotant tout seul. À moins que malgré qu’il fût garçon d’honneur, il soit également en service et se serve d’une oreillette habilement dissimulée. Il devint nerveux et haussa la voix, coupant la parole à son grand-père sous les murmures indignés de l’assistance.

— Excusez-moi. Un instant, je vous demande un instant… Répétez, clairement et lentement, fit-il alors à son interlocuteur invisible. L’information est-elle vérifiée ?

Il m’observa. J’hésitais sur son air. Soucieux, sérieux puis totalement ébahi.

— Arrêtez la cérémonie, fit-il s’accompagnant de grands gestes

Les plaintes montèrent en volume et quelques questions ou exclamations fusèrent parmi les invités outrés.

— Qu’est-ce qui se passe ?

— C’est incroyable ! Cela ne peut-il pas attendre !

— Mais enfin qu’est-ce qui te prend Nicolas ! s’indigna son grand-père. Jamais de la vie, poursuivez mon père.

— Non ! Arrêtez la cérémonie, elle n’a plus lieu d‘être. L’on m’apprend à l’instant que le roi est vivant. Vous entendez ! Edward III ainsi que son fils sont vivants !