Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 17


Je ne compris pas tout de suite ce qui se passait, si ce n’était que les trois hommes s’étaient subitement mis sur le qui-vive. Nicolas tout d’abord, faisant apparaître une arme de je ne sais où. Son visage sérieux d’homme d‘action ne me laissant aucun doute sur ce qu’il était capable de faire. Mon coeur se mit à battre à vive allure, craignant subitement le pire. Tant pour lui, pour eux que pour moi. Personne ne me voulait de mal n’est-ce pas ? Pas à ce point !  Je n’osai poser la question. Il me fit entrer alors qu’il rejoignait les dunes à gauche du bar de la plage, les longeant afin de demeurer discret. Un second flash, aveuglant suivi de cris et divers jurons nous parvinrent.

Trente secondes plus tard, ils revinrent accompagnés d’un homme entièrement vêtu de noir, l’on aurait dit un commando de film d’action, excepté que l’arme que Ritchie lui avait confisquée était un appareil-photo pourvu d’un objectif long comme la moitié de mon avant bras.

— Un photographe ? m’étonnais-je.

— Pour qui travailles-tu ? l’interrogea Nicolas assez brusquement.

— Personne, je suis freelance.

Le pauvre type se tenait courbé, maintenu les bras dans le dos et devait appréhender la suite bien qu’il fût sur la défensive.

— Je ne poserai la question que deux fois mon vieux. Tu travailles pour qui ?

Il se saisit de l’appareil, vérifia via l’écran numérique ce qu’il avait pu photographier et délogea la carte mémoire de son compartiment.

— Hey ! Vous n’avez pas le droit de faire ça !

— Tu es sur une propriété privée à mitrailler sans autorisation. Je pourrais appeler la police et sincèrement, ce serait la meilleure chose qui puisse t’arriver.

– Alors appelez-les ! Des gars comme moi, il y en a des centaines par ici ! Dans deux heures je suis dehors.

— Je sais, c’est pour ça que je ne les appellerai pas. Alors ?

Le photographe devint blême, observa les trois militaires l’un après l’autre.

– Vous plaisantez ?

– Jamais en service.

Il lui laissa quelques instant durant lesquels je me forçai à ne pas intervenir. Ce n’était que des photos, rien de plus et il les lui avaient confisquées. Pourquoi insister ?

– Bon, les gars, emmenez le derrière pour l’interroger.

– Hein ! J’ai des droits ! hurla-t-il. Vous ne pouvez pas faire ça ! C’est bon ! C’est bon ! abdiqua-t-il enfin lorsque Ritchie le tira avec lui vers la porte de la réserve. C’est le patron d’ici qui m’a appelé, il pensait que vu que vous aviez loué la plage, ce devait être pour une personnalité en mal de discrétion. Il devait avoir sa commission sur les tirages. Mais je la connais même pas cette fille ! Je vous jure ! J’ai juste pris les photos au cas où !

Nicolas lui remis son appareil.

— Fiche le camp d’ici. Dégage !

Le paparazzi n’osa réclamer sa carte et fila immédiatement, les traitant de malades après avoir passé la porte. Quant à moi, je me retins à la table, sous le coup de l’émotion. J’avais tout d’abord cru que l’on en voulait à ma vie pour me retrouver à deux doigts face à une séance de torture juste pour quelques photos.

– Vous n’auriez tout de même pas fait ça ? Nicolas ?

– Je devais savoir qui l’avait envoyé. Vous ignorez de quoi sont capables certaines personnes Votre Majesté.

– Vous voulez dire que l’on me veut du mal ?

— D’une certaine façon oui, d'où la raison de ma présence.

Je sentais les larmes me monter, en plus de tout le reste je serai potentiellement en danger le reste de mes jours ? Je devais afficher une drôle de grimace car il ouvrit les bras et s’avança vers moi, m’enveloppant et me pressant contre son épaule.

– Je suis chargé de vous protéger Chloé et le ferai au péril de ma vie. Soyez en certaine. C’est mon job et tant que l’on me le permettra, ou que vous alliez, je serai toujours quelques pas derrière vous.

 

L’on me ramena à la villa, Maximilien fut rapidement mis au courant et éloigné afin d’être interrogé à son tour. En quoi pouvait-il y être mêlé ? Est-ce que ma grand-mère aurait quelque chose à y voir. Max travaillait bien pour elle non ? J’écoutai les bribes de discussion, assez virulentes, qui s’échappaient du salon. Tout était confus. Nicolas affirma qu’il agissait pour le Duc et qu’il exigeait d’être mis au courant, le majordome se défendant qu’il n’y était pour rien et que lui-même n’envisageait plus rien contre moi.

 

Contre moi ? Et Nicolas était au courant ! Tous étaient au courant ? J’ouvis la porte avant qu’ils ne cessent. Je devais savoir.

– Que vouliez-vous faire au juste ? Des photos ? Juste des photos ? Tout ce remue ménage pour quelques clichés dans un journal qui se moque bien de qui je suis au fond ? Nicolas ! Expliquez moi !

– Pas juste quelques photos, mais de préférence de vous en une posture disons… critique.

– Comme d’être à demi-nue sur une plage avec vous ? Ou… de vous embrasser dans un jacuzzi ! fis-je alors que tout devenait plus clair. Vous m’aviez tendu un piège ? C’était pour ça ces tentatives de drague minable !

Je me saisis de l’un des oreillers en velours du canapé et lui lançai à la tête. Il ne tenta même pas de se défendre de cette accusation, prouvant que j’avais raison, il m’avait blessée cette fois. Ainsi je n’avais aucun intérêt à ses yeux ! Pire, il était prêt à me trahir !

– Et c’est pour ça que vous étiez saoul à chaque fois ! Pour vous donner du courage à tenter de me… me… vous êtes un crétin ! Un ignoble crétin !

Un crétin qui s’était immiscé dans mon coeur et l’avait en partie brisé vu la sensation douloureuse que je ressentais à cet endroit.  J’aurais encore préféré qu’il soit juste maladroit, de me savoir appréciée, de le savoir non loin de moi comme il me l’avait promis bien que ce fut sans espoir.

Après cela, les sorties se firent moins nombreuses. Je ne manifestai plus l’envie de me rendre à la plage et ma garde-robe me suffirait. Les jours passèrent à leur rythme, ni trop longs, ni trop brefs. Maximilian annonçait régulièrement des coups de fil de la part de mon fiancé qui, soit dit en passant ne souhaitait s’adresser qu’à son petit-fils. Et bien souvent, ce dernier revenait avec une sale mine.

Ce séjour toucha à sa fin, je surveillai cette fois que l’on prépare les bonnes valises à mon intention avant le départ. Tout ça pour ça. Des tenues provocantes afin d’obtenir des photos bien plus éloquentes.

Les garçons s’étaient vêtus de leur uniforme. Sur ce point, ils étaient proches de ceux de l’armée française. Treillis et bérets. C’était étrange de voir Nicolas vêtu de la sorte. Et subitement, c’était comme s’il était redevenu lui-même. Droit, solennel, froid. Il m’ouvrit la portière afin que je m’installe au côté de Max avant de prendre place devant avec le chauffeur. Ritchie et Buddy nous suivant dans un autre véhicule, tous portant le petit drapeau de la Slandavie, notre cortège avait alors des allures bien plus officielles que jamais m’emmenant vers l’aéroport et surtout vers mes noces futures.