Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 16 - Nicolas


Premièrement, cette mission me sortait par le nez. Deuxièmement, non content de voir son petit projet être mené à bien, grand père Chris insistait pour que les choses se fassent au plus vite. Il avait encore téléphoné pour ça. J’étais curieux de savoir ce qui pouvait se tramer en Slandavie pour qu’il soit si pressé. La reine mère se doutait-elle de quelque chose ? Cela finirait bien par arriver. Il n’était pas le seul à employer des espions dissimulés parmi les membres du personnel. Nous en avions déjà démasqué plus un, récemment grâce à des appels destinés au palais. L’avantage lorsque l’on travaillait dans le domaine militaire, et surtout à l’un des postes les plus élevés, c’est que l’on pouvait bénéficier du matériel de pointe nécessaire. Raison pour laquelle, il avait insisté pour l’envoyer ici et non chez Macintosh. Macintosh était certes un vieil ami de la famille, mais tout autant celui de notre feu Edward III. L’un des rares à demeurer neutre.

Et l’avantage à être dans la confidence était que l’on pouvait modifier la donne de l’intérieur. Plutôt que de lui offrir ses fameuses photos sur un plateau, à savoir une délicieuse princesse destinée au trône posant à son insu dans les bras d’un bellâtre — autrement dit, moi — juste avant les noces, j’allais le faire mijoter un peu. Un joli scandale capable de ruiner les noces prévues, de le laisser seul accéder au trône, mais, hélas, de faire d’elle la risée de toute l’Europe. Sans compter la colère de la reine Grâce ensuite. Le mieux pour Chloé, bien que cela me révulsait par moment étant qu’elle épouse ce vieil arriviste, continue à bénéficier de protection et de capitaux et vaque à ses occupations. Et puis… l’air de rien, je ne serai jamais bien loin dès qu’une sortie officielle pointera le bout de son nez.

En attendant, je préférai donc l’emmener à l’écart de toute foule et de tout mitrailleur à sensations potentiel, ayant négocié un bout de sable. Pour pas vraiment cher, attisant ainsi moins de soupçons. Elle l’avait bien mérité.

Et puis quoi de mieux que de la voir s’amuser un peu et sourire ?

Mis à part un baraquement contenant un petit bar et le matériel de plage ainsi que et le personnel adéquat réduit à son minimum, les lieux étaient déserts. Buddy et Ritchie prenant position, la zone n’était pas bien large à surveiller. Je me destinais à rester en retrait afin qu’elle profite d’un bain de mer pratiquement nocturne vu l’heure.

– Vous ne venez pas ? me demanda-t-elle pourtant.

— Je pense que vous serez plus à votre aise seule. Ne vous avais-je pas promis de bien me tenir ?

— Vous auriez pu venir et continuer à bien vous tenir. Quoi qu’il en soit, je vous remercie. J’imagine que des vacances sur les plages slandaviennes ne feront pas souvent partie du programme.

– En effet. Surtout que vous auriez du mal, il n’en existe pas beaucoup, la plupart des côtes sont faites de falaises.

Je la laissai donc s’éloigner, ne la quittant pas des yeux pour autant. Dans un but purement professionnel, cela va sans dire. Du moins, je tentai de m’en convaincre. S’étant préparée dans les toilettes du petit bar, elle ôta son peignoir de bain. Son maillot une pièce noire, pourtant très sage soulignait la courbe de ses reins à la perfection. Je toussotai, inspirai profondément, tentai de penser à autre chose. À tout sauf ce que j’avais sous le nez. À sa grand-mère par exemple et sa froideur légendaire. Rien de tel.

Je la laissai faire quelques brasses, aux aguets. Tout pouvait arriver. Une crampe, une méduse sur le point d’échouer passant à proximité. Autant ne plus prendre de risque. Je me tenais droit, les mains dans le dos, fixant l’horizon par moment. Au loin, un petit yacht illumina la surface de l’eau avant de disparaître vers le large, comme happé par les vagues. Tant mieux, s’il s’était rapproché ou s’il avait manifesté l’envie de rester à proximité, j’aurais été contraint d’abréger ce moment pour plus de sécurité.

Ce fut Chloé qui décida d’interrompre sa baignade. Elle s’était assise en bord de mer, laissant les quelques vagues lui fouetter les jambes ainsi que le bas du corps, elle me tournait le dos.

— Tout va bien ?

— Oui, c’est parfait ! répondit-elle avec une pointe de mélancolie. Encore merci, Nicolas, acheva-t-elle tout en se retournant et se levant.

Elle se saisit et usa de sa serviette sur la pointe de ses cheveux trempés alors que j’attrapai son peignoir et l’invitai à s’y glisser. Dans la pénombre d’un soir naissant, elle m’apparaissait superbe, attisant plus encore mes remords. Mes mains s’égarèrent sur ses épaules, les pressant doucement. Cette fois, je n’avais rien bu pour me donner de l’assurance. Pourtant le désir de la faire se tourner vers moi me prit. Elle me fixa l’air  intimidé. À cet instant, j’aurais été prêt à revenir sur ma décision d’il y a trois ans, d’y ajouter des conditions telles que de demeurer un pied dans les forces armées, mais de surtout ne la laisser à personne d’autre. De ne laisser personne faner ce joli sourire.

Soudainement elle cligna des yeux, fixant quelque chose derrière moi. Un crachotement dans l’oreillette me mit en état d’alerte.

– Mon lieutenant, à huit heures !

J’eus droit à un regard affolé lorsque je sortis mon arme. Forcément, je n’avais jamais eu à lui faire découvrir cet objet dissimulé dans mon ceinturon arrière. Je la plaçai derrière moi afin de rejoindre le cabanon.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle effrayée et se tenant à ma veste.

Ritchie était déjà parti vérifier, contournant la cible potentielle par l’arrière tandis que Buddy nous rejoignait afin de la mener à l’intérieur, à l’abri. Un flash nous parvint.

– Bordel !

Malgré mes précautions, il nous avait trouvés !