Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 15


Pas de plage, mais il restait la piscine, je ne devais pas me plaindre. Je voulais juste profiter de l’occasion, elles se feraient rares sinon impossibles une fois devenue reine. En attendant, je passai le plus clair de mon temps à tenter de me préparer à ce qui m’attendait. Heureusement, nous étions tout de même dans la demeure d’un slandavien pur souche et non des moindres, je pus découvrir quelques ouvrages bien utiles dans sa bibliothèque. Tels que les articles de loi, mais évidemment rien qui aurait pu s’intituler Devenir Reine de Slandavie pour les nuls.

Alors que j’en étais à lire quelques passages pour le moins barbant, Maximilien passa à proximité. Avec une fonction telle que la sienne, il pourrait certainement répondre à mes questions.

— Max ? Excusez-moi, pourriez-vous m’accorder un peu de votre précieux temps ?

— Bien entendu mademoiselle, que puis-je pour vous ?

– J’aimerais que vous m’en appreniez un peu plus sur l’étiquette ainsi que les conventions d’usage lorsque… enfin vous voyez.

– Oh heu oui, fit-il soudainement embarrassé. Tout d’abord, sachez que l’on ne devra jamais s’adresser jamais à vous sans y avoir été invité. Vous devrez prendre la parole la première, soit donner le feu vert d’un signe. Généralement discret.

Ce devait être la première chose que j’appris à mes dépens lorsque je rencontrai la reine Grâce pour la première fois. Du haut de mes quelques années, je voulais simplement me montrer polie, j’étais curieuse de connaître cette grand-mère que l’on m’avait cachée si longtemps, je fus vite remise à ma place. J’avais retenu la leçon.

— Ensuite heum…

Il semblait avoir comme un trou de mémoire, un embarras difficilement dissimulable se lisait sur son visage.

— Ensuite, reprit Nicolas derrière nous. Toute personne se présentant à vous doit utiliser la formule « Comment se porte Votre Majesté » et jamais « Heureux de vous rencontrer » ou pire « Quelle belle journée ! On se prend un thé ! », plaisanta-t-il. Ils ne doivent jamais vous questionner plus que cela. C’est comme à la cour d’Angleterre en fait.

Maximilien s’éclipsa discrètement alors qu’il continuait. Le jeune lieutenant s’avança, prenant sa place.

— Personne n’aura le droit de vous toucher sans votre autorisation. Et forcément, ni bise ni accolade. Aussi, les courbettes ne sont plus obligatoires depuis le milieu du siècle. Je m’amuse cependant à constater que beaucoup s’y plient malgré tout.

– Mais moi, qu’est-ce que je devrais faire ?

— Vous devrez toujours être impeccable, souriante, conciliante, généreuse. En gros, mis à part le premier point, n’imitez pas votre aïeule, sourit-il.

Il me fit un cours accéléré sur ma façon de me tenir en public, lors d’un dîner ou de sorties officielles. Du fameux salut de la main à la foule à la façon de déplier sa serviette à table et de la poser sur ses genoux. Tout cela me semblait logique et relevait de la bonne éducation poussée à l’extrême, mais j’étais tout de même persuadée qu’au jour dit, quelques maladresses seraient au rendez-vous.

Durant les jours qui suivirent, la routine s’installa. Lectures sérieuses le matin et sorties en ville ou cours improvisés l’après-midi. Trois semaines après notre arrivée, Nicolas fit une réservation dans un restaurant cinq étoiles afin de mettre en pratique ce qu’il m’avait appris. De l’emploi des fourchettes au maintien. Je n’avais jamais vu défiler une telle quantité de plats. Ses amis non plus d’ailleurs. Heureusement, il était là pour en terminer la plupart. Chose qui ne faisait pourtant pas vraiment partie des pratiques habituelles.

– Vous vous en êtes sortie, il y a beaucoup de détails à connaître, mais ce n’était pas compliqué. Que diriez-vous d’un moment détente ensuite ?

– Sans alcool ? me méfiais-je.

– Sans alcool, mais avec quantité d’eau salée.

– Je ne comprends pas ! Vous disiez que la plage…

– Oui si elle est publique. Ici, je vous ai réservé quelques heures dans une petite crique privée. Et comme pour le restaurant, avec la carte de grand-père, plaisanta-t-il. Rien que vous et… nous ne serons pas loin au cas où.