Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Princesse Chloé

Chapitre 13


J’avais l’impression d‘être en vacances, mais de vraies vacances cette fois. La campagne, bien que superbe, entourant le manoir Macintosh avait tout de même du mal à rivaliser avec les plages californiennes. J’aurais préféré qu’elles soient moins bondées, nous ne fîmes que longer les étendues de sable fin. Bien entourée entre mes trois gardes du corps qui n’en avaient pas du tout l’air avec leurs tenues estivales. Seul Nicolas ayant revêtu un jeans allant jusqu’aux chevilles.

Une fois mes achats de première nécessité effectués, Nicolas proposa une halte afin de manger une glace. La boutique ayant une vue imprenable sur le grand bleu était noir de monde tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ses compagnons se séparèrent, faisant discrètement le tour des lieux et se positionnèrent à une extrémité chacun avant que nous ne puissions y prendre place.

– J’espère que vous ne craignez pas un enlèvement, fis-je à demi sérieuse.

– Peu de gens savent que vous êtes là, mais autant être prudent.

– Nicolas, vous connaissez bien les lois de Slandavie ? demandais-je une fois en place.

– C’est préférable oui, il m’arrive de devoir en faire respecter quelques-unes.

– Alors n’y en t-il pas une ou deux qui pourraient empêcher ce mariage avec votre grand-père ? Vous savez que je ne souhaite rien de ce que l’on m’impose, vous étiez présent au parlement. D’ailleurs, je ne vous ai pas encore remercié pour votre geste ce jour-là.

– Mais tout le plaisir est pour moi, je vous en prie, sourit-il. Disons que puisqu’il s’agit d’une décision approuvée tant par une famille que par l’autre, sans compter leurs partisans, cela me semble difficile.

– Et si je refuse devant l’autel ? On ne peut me forcer n’est-ce pas ?

– Ce serait une possibilité oui. Ce sera retransmis en direct sur la chaîne nationale et si vous vous exprimez assez fort, personne ne pourra aller contre.  Mais je vous le déconseille.

– Pourquoi ?

– La reine Grâce sera furieuse. Elle ne pourra pas vous faire directement de tort, mais vous pourrir la vie, elle en est très capable.

Je craignais qu’il ne puisse me donner que ce genre de réponse et soupirai lorsque la serveuse vint prendre notre commande.

– Que me reste-t-il comme autre solution ?

– En évitant tout scandale ? Le mariage.

Je m’affaissai sur ma chaise lorsqu’il ajouta.

– Comme je vous l’ai dit, mon grand-père ne souhaite que le pouvoir. Il y a fort à parier qu’il… qu’il ne vous touchera même pas si cela vous inquiète. Vous pourrez être assurée d’être à l’abri du besoin et même de vaquer à vos occupations si cela ne jure pas avec votre fonction.

– Il ne souhaitera pas de descendants ?

– À son âge ? sourit-il. On voit bien que vous ne le connaissez pas, j’ai du mal à croire qu’il ait songé un instant à autre chose qu’à sa carrière ou à la politique au cours sa vie. Grand-mère, paix à son âme, ne devait pas s’amuser tous les jours avec lui.

— Autrement dit, je vis mes dernières semaines de liberté.

— Vous avez le choix Chloé, mais aucun ne sera facile à assumer.

On vint nous servir et je n’eus plus vraiment le cœur à la promenade après cela. Au retour, nous longions la route de l’océan jusqu’à la villa. Je me perdis dans cette étendue, peu confiante sur l’avenir, la certitude qu’un simple « non » me sauverait m’ayant quittée. À côté de moi, assis à l’arrière lui aussi, Nicolas posa sa main sur l’une des miennes.

– Ça va ?

Il avait tenu parole finalement et n’avait pas ressorti son costume de dragueur. Au contraire, il se voulait rassurant.  

– Ne vous en faites pas, nous avons deux mois pour trouver une solution. Si je peux vous aider, je le ferai, croyez-moi.

Je ne pus qu’y répondre d’un hochement de tête quittant l’azur de la grande bleue pour celui de ses yeux. Il avait l’air si sincère.