Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 12 - Nicolas


Il fallait l’avouer, j’étais un piètre dragueur. Et l’envie n’y était franchement pas. La princesse était charmante et sans doute que dans d’autres circonstances… ah mais je ne devais pas penser de cette façon. Pas dans cette situation impossible ! Je repris place dans le jacuzzi, laissant la bouteille de côté. Je connaissais bien ce petit travers avec l’alcool, mais il ne m’était d’aucune utilité avec cette fille. Certes elle n’avait pas reçu l’éducation due à son rang, mais je ne pourrai la corrompre comme ils le souhaitaient. J’étais à deux doigts de les appeler et de tout annuler.

Mais cela m’aurait conduit à une mise à pied définitive.

En gros, soit je devais mener à bien cette mission et je retournerai à ma vie d’antan, les remords en prime soit je finirai devant un tribunal militaire. Pour la première fois de ma vie, je me sentais dans la peau d’un lâche, ça me dégoûtait.

Et donc je demeurais là comme un abruti lorsque Maximilien refit son apparition.

– Vous tombez bien vous ! Où diable étiez-vous passé ?

– Il y a eu un petit souci avec le… enfin, l’employé que l’on m’avait chargé d’embaucher. Il demandait plus d’argent encore sous peine de tout divulguer. Heureusement, je ne lui ai rien dit de l’identité de la jeune fille.

– Et alors ? Mon grand-père est-il ruiné ?

– C’est une question de principe, me fit-il Monsieur le Duc a horreur des maîtres chanteurs.

– Il possède des principes bien particuliers. Et donc, vous en avez trouvé un autre ?

– D’une certaine façon... oui, se fit-il hésitant. Quand voudriez-vous que cela se fasse ?

– Jamais. Ça ne marchera pas.

– Vous connaissez les risques.

– Je les connais.

Max fit mine de s’éloigner puis revint sur ses pas, son air guindé avait tout de celui d‘un majordome anglais du siècle dernier. Je devais être parmi les rares à savoir qu’il n’en était rien.

– Si je puis me permettre… cette jeune est une bonne personne. Elle n’a rien demandé, surtout pas à assumer ce genre de rôle. Vous devez vous douter de ce qu’il adviendra d’elle si jamais vous réussissez dans les temps ?

– Oui…

Et il avait raison. Elle ne méritait pas ça.

Je rappelai Buddy et Richie. Si je voulais regagner la confiance de la princesse et faire en sorte que ce séjour ne soit pas complètement gâché, rester en tête à tête avec elle ne ferait qu’attiser sa méfiance. Soit ! J’allais prendre mes responsabilités. Terminer ce pour quoi je m’étais engagé, sachant qu’il ne se passerait rien de plus entre nous et donc honorer faussement cette part du contrat. Ensuite, j’irai moi-même devant mes juges. J’en étais avec deux morts et non des moindres sur la conscience, je ne pouvais continuer sur cette voie et détruire la vie de cette fille. De toute façon, ils y parviendraient bien sans moi.

Le temps de me sécher et de passer quelque chose de plus habillé, j’étais devant sa porte et frappai trois coups.

Elle ouvrit et m’offrit une légère grimace, laissant retomber ses épaules. Je m’inclinai légèrement tel que le protocole l’exigeait.

– Oui ?

– Je tiens à me faire pardonner pour mon attitude déplacée. Cela ne se reproduira plus, Votre Majesté.

Elle ne répondit rien sur l’instant et je m’étonnai tout en suivant son regard s’égarant sur mes mains.

– Vous cherchez quelque chose ?

– Je me demandais si vous étiez toujours armé de votre bouteille. Mais vous avez raison, cela fait trois cents ans que nos familles se tirent dans les pattes, je suis plutôt d’accord pour faire faux bond à cette tradition.

Elle parvint à me rendre le sourire, le vrai.

– Puisque je suis pardonné, permettez-moi de vous proposer de faire un tour en ville. Et rassurez-vous, j’ai fait revenir mes hommes.

– Pourra-t-on faire du shopping ?

– Si vous voulez.

Après tout, si je ne comptais plus jouer le rôle que mon grand-père m’avait assigné, autant qu’elle revienne à une garde-robe plus adaptée à ses goûts et non celle choisie par ses soins et destinée à la faire tomber.