Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Journal d'un espion

Ellipse de Philippe - 4


Séraphin.

 

Une nuit sans lune et un ciel dégagé, c’était l’idéal pour surveiller quelqu’un de près. Le soir où j’avais quitté Monsieur de Saint Josse devant les appartements des sœurs de Lonrille, un nouveau vol avait été commis dans cette même chambre. Cette fois, je n’eus plus aucun doute, il y était mêlé. Était-il retourné voir ces dames ensuite ? J’aurais dû demeurer sur place ou le garder à l’œil. Grave erreur que je tâcherai de réparer.

Je n’allai point l’ennuyer cette fois, mais j’attendis qu’il quitte le palais afin de le suivre. Étonnement, il s’en alla à pied. Notre ami logeait dans une bonne auberge. Je patientai le temps qu’une lumière s’allume après qu’il fut entré afin de connaître la position de sa chambre. Je n’allais pas risquer une visite alors qu’il s’y trouvât, préférant revenir le lendemain alors qu’il observerait d’autres jeunes femmes à leur insu. Je fouillai tout chez lui, n’omettant pas de remettre chaque chose en place ensuite. De ses poches à son matelas, jusqu’à chercher s’il existait une cachette dans l’un des meubles ou le plancher. Aucun bijou ne s’y trouvait mis à part une bague sertie d’un beau rubis. Objet ne figurant sur aucune liste de ceux dérobés. Ce n’était pas suffisant pour l’accuser.

 

Dans l’après-midi, ne progressant pas plus à son sujet, je me tournai vers les joailliers et autres acheteurs de la ville. Parmi les plus fortunés, car il fallait disposer de grosses sommes pour négocier ces butins. Et là, quelle ne fut pas ma surprise d’y croiser ce cher Philippe. Comment avait-il fait pour échapper aux enquêteurs en étant si peu discret ? Les soudoyait-il ?

— Je vous retrouve décidément trop souvent sur mon chemin, monsieur de Monllieu.

— Quel bonheur, vous vous souvenez de mon nom ! le taquinais-je.

— Vos frasques ne m’amusent point, seriez-vous en train de me suivre ?

— Tout à fait et vous m’êtes tellement sympathique que je vais vous offrir une nouvelle chance, mais ce sera la dernière.

— Vous ne m’intéressez pas, fit-il tout en bifurquant et s’éloignant.

— Mais moi non plus, le rattrapais-je, me faisant sérieux désormais. Rendez ce que vous avez dérobé. Vous avez sans doute de bonnes raisons d’agir ainsi et je serais curieux de les connaître, mais si vous voulez continuer à profiter des bals et des beaux jours, vous devriez vous en tenir la.

Il blêmit, perdit de sa superbe, mais continua sa route.

— Ce n’est pas moi, annonça-t-il subitement avant de se reprendre. Je n’ai rien à voir avec ces vols.

— Je pourrais faire fouiller votre chambre, numéro neuf c’est bien cela ? Vous faire suivre, voire même arrêter afin de vous questionner. Vous connaissez vos victimes, je vous ai vu les observer, je vous ai vu vous tenant devant la porte de l’une d’elles avant de capituler. Pourtant vous n’avez pas du tout l’air ruiné, que du contraire.

— Il est des choses qui vous échappent, Monsieur, et je me demande bien en quoi cela vous concerne tant. Mais sachez que ce n’est pas moi qui suis en cause, vous pouvez fouiller autant que vous le souhaitez. Maintenant j’ai à faire.

Je ne le laissai pas pour autant.

— Alors, dites-moi pourquoi vous êtes constamment sur mon chemin dès qu’il s’agit de ces vols.

— Parce que moi aussi, je recherche cette personne qui m’a dérobé quelque chose de précieux

Il me repoussa du bras et s’éloigna. J’en demeurais perplexe, mais il avait l’air sincère. Et je comprenais subitement mieux ce qui m’avait amené à vouloir le confondre. Il n’était pas voleur comme je le pensais, mais victime.