Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 6


Je fus tirée d’un étrange rêve au milieu de la nuit. Je me trouvais en pleine cérémonie, devant des centaines d’invités. Des fleurs blanches étaient disposées partout, y compris dans mes cheveux. Et moi, nerveuse, devant le prêtre en découvrant mon futur époux. Un adorable, mais petit vieillard à demi chauve dans un costume militaire impeccable. Il m’offrait un large sourire édenté alors que l’on me posait la question de circonstance.

– Non !

Je m’éveillai au moment de répondre, persuadée d’avoir entendu un bruit de moteur ainsi que des éclats de voix et des rires en bas. Je croyais que le duc ne viendrait pas ici, j’avais du mal comprendre. En tout cas, il n’était pas seul.

De ma fenêtre, je remarquai du mouvement du côté de la piscine à l’arrière du bâtiment et je devais bien avouer que la curiosité me gagna de connaître une bonne fois pour toutes celui à qui l’on me liait sans me demander mon avis. Peut-être n’était-il pas d’accord lui non plus et que nous aurions la possibilité de nous entendre là-dessus.

Je m’étais couchée quelques heures plus tôt sans prendre la peine de me changer tant j’étais fatiguée, me délestant de mes vêtements et ne gardant que mes dessous avant de plonger sous la couette. J’aurais bien été capable de dormir jusqu’à midi sans cette arrivée en fanfare. Mais j’avais beau chercher, je ne retrouvais pas mes habits de la veille laissés au pied du lit. Une femme de chambre était surement passée les prendre. Je me glissai donc dans ce qu’on me laissa à leur place, une sorte de kimono court en soie noire.

L’intérieur de la villa était plus somptueux encore que l’extérieur. Un vaste salon, ouvert jusqu’au toit, le hall au premier étage étant en mezzanine, protégée par un garde fou en fer forgé. Je trouvai sans peine l’issue menant à la terrasse et longeai le petit salon d’extérieur alors que les cris et les rires me parvenaient plus clairement. Si c’était le vieux duc qui était de retour, il savait encore s’amuser. Cela me fit sourire de les entendre, et faillis faire demi-tour, craignant de gâcher l’ambiance.

Ils étaient cinq, tous jeunes et en sous-vêtements. Trois hommes et deux filles. Un premier couple s’embrassait passionnément sur l’un des transats, elle par-dessus lui. Le second s’amusait dans la piscine tandis que le dernier du groupe, demeuré seul se détendait dans le jacuzzi attenant. La tête complètement penchée vers l’arrière, à contempler les étoiles. La demoiselle qui se baignait, une jolie blonde à la peau cuivrée, ôta le haut de son deux pièces et le lança au hasard en riant avant de se jeter sur les lèvres de son copain. Son soutien-gorge atterrit pile à mes pieds. À cet instant, j’aurais préféré être une petite souris et pouvoir m’éloigner sans être vue, mais ce qui était fait était fait, autant continuer. Je le ramassai, embarrassée de tomber dans un moment bien trop intime pour m’imposer. Je toussotai afin de leur faire remarquer ma présence. Ma gêne s’amplifiant.

– Bonsoir ! lançais-je finalement, coupant net les couples en pleine action.

Les baisers cessèrent, tous m’observaient d’un air interrogatif. Excepté celui qui fut seul et qui se redressa. Je devais alors être aussi étonnée qu’eux puisque je reconnus le jeune homme que j’avais déjà vu au parlement ainsi qu’au cimetière quelques jours plus tôt.

– Bon… La fête est finie, fit-il simplement. Les gars, soyez gentils, raccompagnez ces demoiselles.

Le couple du transat fila sans explication, me souhaitant bonsoir et s’excusant en passant. Cela amplifia mon sentiment de malaise, j’aurais dû rester dans ma chambre. Le second prit le même chemin. Je rendis le vêtement au passage, la fille cachait ses seins de ses bras et me remercia, confuse. Son ami préféra rougir et disparaître avec elle.

– Désolée, je suis désolée, répétais-je alors vers celui qui restait. Je ne voulais pas vous déranger. Encore moins gâcher… votre fête, fis-je, reprenant ses propres mots.

Il sortit de l’eau et s’approcha, ne portant qu’un boxer moulant aussi trempé que lui. Je me perdis un instant sur ce seul vêtement, remontant sur un ventre plat, des pectoraux finement dessinés, un visage franchement plaisant, mais neutre. Sans compter ses yeux. Malgré le soir, je pouvais en deviner la couleur, d’un bleu envoûtant. Manifestement, ce n’était pas lui ce fameux duc que je devais épouser. Il était bien trop jeune. Il me fixait à tel point que je me figeai un peu plus. Si je me souvenais bien, ce jour-là au parlement c’était également lui qui s’était rendu compte de mon malaise et s’était précipité pour me rattraper à temps. Je n’avais même pas eu l’occasion de le remercier. Mais, mis à part cela, qui était-ce ?