Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 5


Les voix autour de moi se faisaient pressantes puis disparurent. Je me retrouvai l’instant d’après, bercée par le vrombissement du moteur de la voiture puis portée jusqu’à mon lit. Bien que consciente, je n’osais pas rouvrir les yeux et affronter ce que l’on me préparait. Encore moins risquer de croiser ceux de grand-maman. Elle devait être en rogne à l’heure qu’il était.

L’on me laissa enfin en paix et m’apporta du bouillon de poulet à midi, comme si je souffrais d’un coup de froid. Maximilien entrant à ce moment-là.

– Vous avez retrouvé vos couleurs mademoiselle, me voici rassuré.

– C’est gentil. Vous avez vu la reine depuis tout à l’heure ? Elle doit me maudire.

– Certainement, elle est des plus mécontente. Non seulement pour votre apparition, mais pour le résultat des votes avant cela.

– Alors, je n’ai pas rêvé, ils veulent que j’épouse ce duc de Pike ? Je ne le connais même pas !

– J’ai ici toutes les informations à son sujet si vous le souhaitez.

Il me tendit un dossier que j’ouvris fiévreusement avant d’en lire la fiche.

– Christopher James Pike, né le 13 juillet 1968 à… quoi ? 1968 ! Cet homme à… à…

Je tâchai de calculer. Deux mille seize moins soixante-huit, ça faisait combien déjà ? Mon esprit était embrouillé, je ne parvenais même pas à résoudre une simple soustraction.

– Il a soixante-huit ans.

– Mais il pourrait être mon grand-père ! Pourquoi ne l’épouse-t-elle pas elle-même ?

– La situation est complexe et c’est le duc lui-même qui en a fait la demande. À présent, veuillez m’excuser, mais je dois lancer les préparatifs de votre séjour.

– Mon séjour ? Où m’envoie-t-on ?

– En Californie, à Los Angeles. Le duc y possède une résidence et souhaite que vous vous remettiez de vos émotions avant les noces. Vous partirez dès que le deuil national sera terminé.

– C’est trop gentil de sa part, ironisais-je, mais le ton n’y était pas.

J’étais complètement abattue par ces nouvelles tombant coup sur coup. La mort de mon père et de, même s’il ne m’avait jamais adressé la parole, mon demi-frère, cette histoire de trône et à présent un mariage arrangé. et tout cela sans que je n’aie le moindre mot à dire.

Non, décidément, il n’y avait rien d’enviable à être une princesse.

Cendrillon, Blanche-Neige, la belle au bois dormant, Raiponce… si toutes avaient connu un démarrage difficile, cela s’arrangeait le jour où elles avaient trouvé l’âme sœur. Moi, je faisais tout de travers. J’étais tranquille, financièrement pas à plaindre et tout à coup, le mariage annoncé s’avère si catastrophique qu’il me provoque des crampes d’estomac.

Un duc de soixante-huit ans ! Soixante-huit ans ! Il pourrait être mon grand-père ! Et l’on souhaiterait que je lui donne descendance en plus de ça ? J’espérais qu’il y avait déjà songé au moins ! Oh non, ce n’était pas possible !

Il te faut être irréprochable Chloe, pas de nouveau scandale et bla-bla-bla… m’avait-on répété toute ma vie. À tel point que dès que l’on me connaissait un petit-ami, je me retrouvais avec un chaperon à lunettes noires aux basques. Et malheur à celui qui avait osé poser un doigt sur ma personne ! Ça les a tous fait fuir ! Et à présent, on me collait dans les bras d’un inconnu.

Et pourquoi m’exiler en Californie aussi vite ? Je ne comprenais rien à leur logique. D’un côté, ils voulaient me coller sur le trône, le poste le plus important du pays, de l’autre m’écarter près de deux mois. La reine espérait-elle que vu le grand âge de cet époux que l’on m’imposait, je lui survive et assure à cette satanée famille de toujours se trouver à la tête du pays au final ? Je n’étais pas d’accord ! Et d’ailleurs, me forcerait-on devant témoins à prononcer le « oui » m’enchaînant à cet homme ? Ils risqueraient d’avoir une drôle de surprise.

Me raccrocher à l’idée que je pouvais toujours décider par moi-même au moment fatidique m’aiderait à ne pas déprimer.

Trois jours après les funérailles nationales, le temps que le deuil officiel prenne fin, je m’envolai comme convenu vers Los Angeles. J’avais été mise en avant durant la cérémonie, sous le regard assassin de l’épouse de mon père et de sa famille. Tout à côté d’une reine qui n’eut pas même un frémissement lorsque le cercueil fut mis en terre. J’évitai de me donner en spectacle et avais réclamé de larges lunettes noires que Max dénicha in extremis. Il m’avait semblé, dans ce brouillard de larmes que je retenais avec peine, apercevoir ce jeune homme vu au parlement noyé dans la masse de costumes ternes. Tout comme ces deux gardes du corps qui l’avait reconduit très vite à l’entrée du cimetière.

 

Départ à 17 heures GMT, mais avec le décalage horaire, il sera vingt heures là-bas à notre arrivée. Max avait heureusement prévu de la lecture. L’histoire de Slandavie et Slandavie, ce pays méconnu. Passionnant ! Je ne tins que deux chapitres du premier volume, feuilletai le second puis préférai m’avachir devant une série de films.

Une voiture nous attendait à l’aéroport et nous conduisit jusqu’à une villa dont Maximilien me fit les éloges en cours de route.

– Cette propriété est d’inspiration italienne, de la renaissance. Vous verrez, l’intérieur est magnifique.

Il avait raison, elle était située sur une légère hauteur, entourée d’une pelouse parfaitement tondue et de buissons en fleurs. Une fontaine ronde coupait l’allée en deux, l’obligeant à la contourner. La voiture passa la grille et s’engagea sur la droite, stoppant devant les entrées de garage. Je me dirigeai vers les marches menant au porche, admirant la façade claire, agrémentée de piliers et d’arches de pierres. Un majordome nous ouvrit et appela les femmes de chambre afin qu’elles s’occupent de nos bagages.

– Veuillez annoncer que nous sommes arrivés, fit Max.

– Il n’y a personne pour le moment hormis le personnel et monsieur le duc ne compte pas séjourner ici.

Moi qui pensais qu’il me faisait venir pour me rencontrer, je m’étais trompée. Qu’importe, je ne songeai qu’à une seule chose pour le moment : dormir. Trois jours après les funérailles nationales, le temps que le deuil officiel prenne fin, je m’envolai comme convenu vers Los Angeles. J’avais été mise en avant durant la cérémonie, sous le regard assassin de l’épouse de mon père et de sa famille. Tout à côté d’une reine qui n’eut pas même un frémissement lorsque le cercueil fut mis en terre. J’évitai de me donner en spectacle et avais réclamé de larges lunettes noires que Max dénicha in extremis. Il m’avait semblé, dans ce brouillard de larmes que je retenais avec peine, apercevoir ce jeune homme vu au parlement noyé dans la masse de costumes ternes. Tout comme ces deux gardes du corps qui l’avait reconduit très vite à l’entrée du cimetière.

 

Départ à 17 heures GMT, mais avec le décalage horaire, il sera vingt heures là-bas à notre arrivée. Max avait heureusement prévu de la lecture. L’histoire de Slandavie et Slandavie, ce pays méconnu. Passionnant ! Je ne tint que deux chapitres du premier volume, feuilletai le second puis préférai m’avachir devant une série de films.

Une voiture nous attendait à l’aéroport et nous conduisit jusqu’à une villa dont Maximilien me fit les éloges en cours de route.

– Cette propriété est d’inspiration italienne, de la renaissance. Vous verrez, l’intérieur est magnifique.

Il avait raison, elle était située sur une légère hauteur, entourée d’une pelouse parfaitement tondue et de buissons en fleurs. Une fontaine ronde coupait l’allée en deux, l’obligeant à la contourner. La voiture passa la grille et s’engagea sur la droite, stoppant devant les entrées de garage. Je me dirigeai vers les marches menant au porche, admirant la façade claire, agrémentée de piliers et d’arches de pierres. Un majordome nous ouvrit et appela les femmes de chambre afin qu’elles s’occupent de nos bagages.

– Veuillez annoncer que nous sommes arrivés, fit Max.

– Il n’y a personne pour le moment hormis le personnel et monsieur le duc ne compte pas séjourner ici.

Moi qui pensais qu’il me faisait venir pour me rencontrer, je m’étais trompée. Qu’importe, je ne songeai qu’à une seule chose pour le moment : dormir.