Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 3


Cette fois, c‘était moi qui me retrouvais en position assise. Une tasse si brûlante en main que je n’osai en approcher les lèvres. Sa Majesté Grâce de Slandavie était debout, m’évitant du regard. Elle préférait se reporter sur les extérieurs, fixant les jardins à travers la baie vitrée.

– Chloé, tu as été mise au courant de cet horrible drame qui nous a tous frappés tôt ce matin. Désormais, le royaume se retrouve sans souverain ni héritier. Ce qui nous plonge dans un terrible embarras.

– N’existe-t-il pas des cousins, même éloignés ? fis-je m’attendant à ce qu’ils aient déjà analysé les arbres généalogiques de fond en comble.

Plutôt que de me répondre directement, elle s’engagea sur ce qui semblait être un discours préparé à l’avance.

– Il y a bien longtemps, lors de la déclaration d’indépendance, deux familles se levèrent afin de prétendre au trône. Les Phlips et les Devraux. Bien que ce fut notre famille qui obtint la faveur des seigneurs et propriétaires terriens, il n’en demeurait pas moins que ses opposants, favorisés par la populace restèrent les favoris. À savoir qu’en cas de manquement de notre côté, ils seraient prioritaires afin d’assurer la gestion du royaume.

– Un descendant des Devraux va donc monter sur le trône ?

Elle me coupa assez violemment. D’un sursaut de surprise, je faillis m’ébouillanter, je préférai reposer la tasse.

– Non ! Il est hors de question que cela se passe de cette façon ! La Slandavie est et sera toujours gouvernée par les Philips !

Je n’osai donc rien ajouter de plus, l’ayant visiblement agacée. Elle reprit.

– Or il ne reste que toi qui porte ce nom.

– Moi ! Mais non, je ne peux pas gouverner ! Je n’y connais rien et c’est une tâche qui implique beaucoup de responsabilités !

– En effet, tu n’y connais rien et je le déplore. S’il ne tenait qu’à moi… mais il y a autre chose. La maison Devraux a immédiatement demandé à ce que soit organisée une réunion parlementaire pour en décider. Elle aura lieu demain.

– Dois-je y assister ?

– Pour quoi faire ? Il y sera question de savoir qui sera apte à régner. Y assister… pour ce que tu aurais à dire… cela ne pourrait que nous porter préjudice. J’ai néanmoins une idée pour empêcher que le Duc de Pike ne l’emporte.

– Le duc de Pike ?

– Au début du siècle, la famille Devraux n’engendra que des filles pour descendance, le nom fut perdu pour celui de Pike, mais il s‘agit du même sang. Je te ferai avertir lorsque la décision sera votée.

Suite à ce petit discours qui me laissa perplexe, je regagnai ma chambre, n’en bougeai pas jusqu’au soir et y dînai avant de me coucher.

Mais je ne parvenais pas à assimiler ce que j’avais entendu. La reine refusait que la maison Devraux… ou plutôt Pike à présent n’hérite du pouvoir et pour cela, malgré qu’elle me détestait bien cordialement, elle était prête à m’y mettre à leur place.

Cela n’avait déjà rien d’enviable d’être princesse, surtout bâtarde comme cela se chuchotait dans mon dos, mais reine ! Je ne connaissais rien de ces attributions, je n’avais fait aucune étude pour cela ! Je risquais de faire des erreurs, de monumentales erreurs, causer des dommages irrémédiables à cet adorable petit bout de terre. A moins que son but fut de régner à travers moi. Après des années de silence, faire de moi sa marionnette, charmant programme.

Oh non, il fallait que je leur parle moi aussi, mais pour leur faire comprendre que je refusais. Et ce, officiellement.