Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 1


Voilà ! Nous y étions. Les résultats des étudiants de dernière année venaient d’être affichés. J’aurais pu les consulter depuis chez moi sur internet, mais je préférais être sur place. Devant les panneaux à braver une foule plus nombreuse que je ne l’aurais cru. C’était une occasion pour moi de revoir une dernière fois l’université ainsi que ces têtes que j’y croisais chaque jour depuis trois ans.

Chloé Abberline Philips reçue !

J’étais simplement fière de moi. La seule à l’être puisque je n’avais personne à appeler pour annoncer la nouvelle. Mon père peut-être ? Si du moins, on m’autorisait à lui parler. Il n’était pas en Europe en ce moment. Ma mère ? Cela faisait des années qu’elle ne m’avait plus donné signe de vie.

Comme cette ambiance allait me manquer, pensais-je dans un soupir. Ces murs, ces couloirs, ces visages. Tout ! À partir d’aujourd’hui, nous allions prendre des chemins différents et commencer à réellement bâtir nos vies.

Je saluai Sonia, une petite blonde arborant une coupe au carré et des lunettes à monture bleue assorties à ses yeux pétillants. Une amie rêvant de voir un jour une femme présider à la tête du pays. Elle-même de préférence. Puis Bruno et Laure. En couple depuis l’an passé, ils comptaient ouvrir leur propre boîte d’informatique. À l’écart, je vis Gino, pendu au téléphone, un doigt bouchant son oreille libre. Le brouhaha et les cris l’empêchant sans doute de bien entendre. Il rentrera chez lui, en Italie à la fin de la semaine. Et je pouvais en citer encore beaucoup. Quant à moi, je ne savais toujours pas vers quoi m’orienter. Quitter Paris et rentrer en Écosse pour commencer, voyager, vivre de ma passion. Je savais que quoi que je fasse, je ne manquerais de rien. Mon père y pourvoirait, s’assurant de mon bien-être à sa façon. C’est-à-dire, à distance et en toute confidentialité.

Un homme en costume et lunettes noires, peu discret dans cette foule jeune, joyeuse et colorée vint vers moi. Il se pencha, se tenant si raide qu’il attira les regards.

– Mademoiselle Abberline ?

– Oui ?

– Je viens de la part de qui vous savez. Suivez-moi, je vous prie.

De qui vous savez ? Voldemort ? Étais-je à deux doigts de plaisanter. Mais son air fermé ne m'incita guère. De mon père ? Serait-il rentré plus tôt que prévu et venu me voir à Paris pour fêter ma réussite ? Un large sourire me fendit le visage.

Je fis quelques signes, mimait des « on se rappelle » vers mes amis et m’engageai dans le couloir bondé à sa suite. Dehors, une longue voiture diplomatique arborant les couleurs de Slandavie m’attendait. Étonnant. Avaient-ils décidé qu’une fois mes études terminées, toute discrétion devenait inutile ? Le man in black m’ouvrit la portière, se tenant si droit que je me demandais si son costume n’était pas trop amidonné. Je m’y engouffrai.

– Votre Majesté, bonjour ! entama un homme bedonnant déjà installé. Et tout d’abord félicitation pour votre réussite ! Je me nomme Maximilien mais vous pouvez m'appeler Max.

– Merci. Vous venez de la part de mon père ? demandais-je d’une voix timide, mais pleine d’espoir.

– Pas tout à fait. Nous avons hélas une bien mauvaise nouvelle à vous apprendre. Sans compter les dispositions de circonstance à adopter ensuite. Il va falloir être forte mademoiselle.

Une mauvaise nouvelle ? Moi qui n’en avais fort peu déjà et seulement via la presse. Mais il avait raison, en quelques mots mon univers entier s’écroula. Edward Philips troisième du nom, mon père et roi incontesté de Slandavie, était mort ce matin dans un accident d’avion. L’appareil survolait une zone devenue critique suite à un conflit local à l’étranger. Essuyant des tirs rebelles, il s’était écrasé. Pire encore, il n’était pas seul. Son fils, le prince héritier, mon demi-frère était avec lui. Alors qu’aux yeux de tous, je n’étais personne, que l’on avait enfin oublié la petite princesse bâtarde, on venait me chercher afin d'être propulsée dans cet univers doré où personne n’avait jamais voulu de moi.