Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 29


Thomas avança de quelques pas, sortant de la pénombre. Il était au centre de l’attention de tous. Excepté de son frère qui délirait encore et ne se rendait pas bien compte de la situation. Mary me tenait toujours en joue.

– Caféine… L-Théanine... Hordénine… quelques vitamines…, énuméra-t-il soudainement. Mais pourquoi avoir remplacé la phényléthylamine ? Et par quoi au juste ? Pas par de la mescaline tout de même.

– Tu brûles. C’est effectivement l’extrait du trichocereus peruvianus, mais grâce à un procédé que j’avais mis au point.

– Donc c’est bien toi qui as créé la tiger boost et non ce pauvre Storm. Ainsi tu l’as laissé se faire prendre à ta place et aujourd’hui, tu viens te venger de nous c’est ça ? Est-ce moi ou quelque chose ne colle pas dans cet énoncé ?

Mary s’était mise à trembler de rage, serrant les dents tandis que Thomas s’afficha en pleine lumière. Il se mit à descendre les marches sans se presser tout en levant les mains à hauteur des épaules. Décidément, il avait le don de mettre le doigt là ou cela fait le plus mal. Ce n’est que lorsqu’il fut au même niveau que nous tous que Mary changea de cible. Je le vis discrètement souffler, comme s’il souhaitait ce revirement de situation.

– Je suis désolé, fit-il vers elle.

L’intonation de sa voix avait changé, se faisant plus douce tandis que son air arrogant s’était subitement dissous.

– Je n’agis pas toujours tel que tu le voudrais, mais c’est dans ma nature. Je ne me cherche pas d’excuses. Je n’en ai aucune. Mes parents sont tout à fait normaux, ne m’ont fait subir aucun traumatisme et on les dit même charmants. Quoi qu’un peu trop conventionnels pour ne pas être ennuyeux. Et je ne suis pas sûr de pouvoir changer, quand bien même je le souhaiterais.

– Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ne bouge plus ! hurla Mary, le tenant toujours en joue.

Ses mots m’interpellèrent. Pourquoi lui tenait-il un discours aussi étrange ? Malgré la menace, il ne cessa pas pour autant.

– Je ne te promets pas d’être toujours de bonne compagnie, mais je te promets l’exclusivité.

– Holmes, serais-tu malade ? Où te moquerais-tu de moi ? Qu’est-ce que tu racontes ?

Il poursuivit sans prendre en compte ses interrogations.

– Je ne pourrais sans doute jamais cesser de te “décortiquer”, mais sache que c’est pour de nobles intérêts.

Décortiquer ? S’adressait-il vraiment à Mary ou bien… à moi lorsqu’il reprit ce mot étrange que j’avais moi-même employé ? Il fit un pas en avant, rendant un peu plus folle celle qui le menaçait.

– Reste en place ! Et cesse de me prendre pour une débile !

– Et je m’engage même à acheter du thé moi-même la prochaine fois. Du moins, si cela se termine de la même façon.

– Quoi ?

Du thé ? Comme lors du braquage à la supérette ? Pourquoi parlait-il de cela à présent ? Si ce n’était pour nous inciter James ou moi à une réaction. Pourtant, cette fois l’arme était bien réelle, j’en jurerais. Pas de morsure sur le canon, ni de trace de poil de chien, mais quelqu’un prêt à réellement nous tuer.

– Mallory, acheva-t-il sa tirade. Donne-moi cette arme.

Il baissa l’une de ses mains, l’avançant vers elle, un geste qui l’incita plus encore à se méfier de lui, et peut-être même pire encore puisqu’au contraire, elle redressa l’arme dans sa direction. À force de l’agacer de la sorte, elle pouvait tout aussi bien décider d’en finir et de le faire taire, changeant ses plans. Le tuer et me rendre coupable de sa mort par mon inaction. Je plantai mon regard dans le sien, le dirigeai vers Mary puis de nouveau vers lui. Il me fit son sourire en coin. J’inspirai, fermai les yeux et d’un coup d’épaule, la bousculai le plus vivement que je pus. Un coup de feu retentit.