Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 28


James s’assit tout à côté de moi, jambes repliées devant lui, je sentis l’une de ses chaussures se presser contre ma main.

– Tu es venu seul ? Et Thomas ? Je ne savais pas qu’il y aurait plusieurs personnes ici ni ce qu’elle vous préparait. C’est… c’est Mary qui est derrière tout cela. En fait, elle s’appelle Mallory.

– Moi non plus, je n’ai rien vu venir, chuchota-t-il tout en jetant des œillades vers les balustrades en hauteur. Du moins jusqu’à ce que Thomas m’annonce qu’il soupçonnait que Mary sorte également avec son frère. Je n’ai pas voulu le croire sur le moment. Comment va-t-il ?

Il s’attarda vers le corps. Depuis un moment, il s’était de nouveau tu.

– Il a été frappé au visage et fait des délires suicidaires.

– Mieux vaut le laisser attaché dans ce cas. Sinon il risque de nous ralentir.

Il pressa de nouveau son pied, je ne comprenais rien à son manège jusqu’à ce que j’aperçoive un morceau de métal coincé entre sa chaussette et le rebord de cuir. J’y glissai le bout des doigts et en sortit un couteau suisse gravé des initiales TH. Immédiatement, James se positionna de façon à masquer mes mains tandis que je tâchai de couper mes liens.

– Il est donc ici ? demandais-je à voix basse.

Manifestement, vu l’attitude de James, nous n’étions pas seuls. On nous surveillait depuis les passerelles. Il hocha juste de la tête alors qu’un bruit très léger siffla dans l’air. Suivit d’une petite plainte et du bruit d’un corps assez lourd tombant sur une surface métallique. Au-dessus de nos têtes, quelqu’un se déplaça assez vite. Thomas ?

– Il est fou ! Seul, il ne pourra jamais…

– Il compte sur l’effet de surprise, du moins jusque-là.

Il y eut d’autres bruits, une poursuite se faisant toujours en hauteur. Autre sifflement, mais cette fois, le corps passa par-dessus le garde-fou et vint s’écraser à quelques mètres de nous.

– Navré ! fit une voix bien familière. Il y a d’autres amateurs ? les provoca-t-il ensuite.

J’aurais juré qu’une course poursuite s'engagea dans le dédales de passerelles.

– Il en a déduit qu’ils ne devaient être que quatre en plus de Mary. Et il en a tout de même neutralisé deux !

Fou mais je ne pouvais m'empêcher de le trouver terriblement courageux malgrés tout. Comme ce jour où il affronta le braqueur de la supérette, avant même de se douter qu’il détenait une fausse arme. J’observai les ombres et scrutait le moindre de leur pas.

– Comment fait-il ? Il est armé !

Enfin, la corde céda et James me présenta ses poignets afin que je m’en occupe, ce fut plus simple et rapide avec lui maintenant que j’étais plus libre de mes mouvements.

– Si, mais pas avec un revolver conventionnel. D’ailleurs, tu l’a déjà vu à l’oeuvre.

– Il les endort a coup de tranquillisants ? C’est donc ça ce bruit ? Celui de la fléchette. Mais ce devait être utilisé sur une bête de la taille d’un tigre !

– Pas celles-la ! Il a tenu à en fabriquer pour le poids d’un homme moyen. Mais je dois avouer que je ne pensais pas que cela puisse servir un jour.

James s’occupa lui-même des liens à ses chevilles et m’aida à me relever avant de tenter de redresser l’inspecteur. Il le tint contre épaule, ne lui ayant libéré que les pieds pour plus de sécurité. Je me sentais courbaturée d’être demeurée assise au sol des heures durant mais à peine étions nous dans le couloir que Mary nous fit face, arme au poing.

Et la sienne était bien réelle et chargée.

Elle nous fit reculer.

– Ca suffit Holmes ! Plutôt que de te cacher comme un lâche, montre toi !

– Moi, un lâche ? fit-il depuis les passerelles mais demeurant toujours dans l’ombre. Alors que je me retrouve à quatre contre un.

Sifflement, corps tombant lourdement sur la passerelle.

– Enfin, plus maintenant. Nous sommes à armes égales, que dirais-tu de régler tes comptes avec la bonne personne ?

– C’est ce que je compte faire mais avant, je veux que tu dises adieu à tous ceux que tu apprécies tant.

– Et puis-je savoir en quel honneur ?

– En l’honneur que tu fus responsable de la mort d’un innocent il y a deux ans, qu’il comptait plus que tout pour moi et que tu me l’as enlevé.

– Plait-il ? Un innocent ? N’était-il pas à l’origine de multiples morts et tentatives de suicide ?

Thomas apparu en haut de l’escalier de fer, se tenant contre la rembarde, l’air décontracté et bras croisés.

– C’est toi qui l’a fait enfermer ! rugit-elle, folle de rage tout en le mettant en joue.

Il se recula vivement, se dissimulant de nouveau. Le coup partit, laissant une odeur de poudre chaude dans l’atmosphère.

– Christopher Storm… Chris… Il avait tout pour réussir. D’excellentes notes, un avenir prometteur dans l’agro-chimie, mais une petite amie plutôt instable. Voire complètement folle. Qui de vous deux a décidé d’empoisonner la moitié du campus ? Non… Ne me dis rien. C’est toi n’est-ce pas… depuis le début, c’était toi !

– LA FERME !

– Qui lui a fourni de la tiger boost alors qu’il était en prison ? Qui s‘est tu plutôt que de l'innocenter ? Et surtout pourquoi ? Par amour ? se moqua-t-il exagérément. Est-ce pour ça que tu souhaite te venger aujourd’hui ? Pour des erreurs que TOI tu as commises ? Mallaury ? Le seul reproche que l’on puisse m’accorder fut de m’être contenté que de la surface, de n’avoir pas creusé plus loin alors que cela me brûlait les yeux. Forcément, Chris n’agissait pas seul.

Le canon se trouva subitement en direction de ma tête. Il était si près que je pouvais en sentir l’odeur du métal.

– Et qui aujourd'hui va de nouveau laisser mourir sa petite chérie a force de prétention ?

– Mary ! Non ! Je t’en prie, baisse cette arme, supplia James.

– James, mon pauvre petit chou, penserais-tu m'apitoyer ? Alors que tu es tout aussi coupable que lui ?

– Sans doute mais Elisabeth n’y est pour rien, laisse la partir.

Pour réponse, elle agita doucement son arme de gauche à droite. Pourtant j’étais confiante, je ne saurais expliquer pourquoi, peut-être parce que je savais qu’outre James, Thomas avait sans doute déjà analysé la situation, évalué les risques ainsi que nos chances de nous en sortir. Il devait certainement avoir un plan.

Et surtout, il ne se trompait jamais.