Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode



Élémentaire Miss Hudson

Chapitre 25


Je n’osais comprendre. Pourquoi cette fille s’était-elle fait passer pour quelqu’un d’autre ? Je la croyais mon amie, celle de James et elle me tend un piège en m’attirant ici. Son nom, cette photo manquante, était-elle impliquée dans cette histoire en plus d’avoir été la petite amie de ma propre sœur ? Tout cela me dépasse. En ce moment, je souhaiterais posséder ce même esprit déductif que Thomas et surtout, trouver aussi rapidement que lui comment m’en sortir. Je ne vois qu’une chose, jouer son jeu le temps qu’il arrive, qu’il comprenne et appelle la police.

– Mary ? C’était toi ? Je... je suis désolée… si désolée pour toi et Margareth.

– Je me fichais complètement de Margareth ! cracha-t-elle.

Depuis que je la connaissais, elle ne m’avait jamais parlé de cette façon, avec tant de mépris. Ni affiché ce rictus de victoire, entre haine et satisfaction.

– Je ne comprends pas. Margareth t’aimait si fort ! Elle a préféré mourir que de vivre sans toi.

– Margareth et moi avons continué à nous voir en cachette… oh, mais tu l’ignorais c’est vrai. Elle te faisait des cachotteries après ta trahison, s’amusa-t-elle de façon malsaine. Et tu sais ce que nous avons fait le jour où elle s’est supprimée ?

Je ne pu que hocher négativement de la tête, craignant d’entendre la suite.

– Nous avons regardé un film… le même que celui dans ton studio et bu un peu de vin. Il était amer lui aussi, elle n’aimait pas beaucoup le vin.

M’avouait-elle l’avoir poussée à se tuer ? Tout comme elle m’avouait être à l’origine de ma tentative abordée ? Je retenais difficilement mes larmes, j’en suffoquais.

– Tu as tué Margareth ? Pourquoi ?

– Tu ne captes pas vite on dirait. Ou bien Holmes ne te fait-il pas de confidences lui non plus ? Tu vas venir avec moi, continua-t-elle, me saisissant brutalement par le bras.

Je me débattis, préférant tenter de fuir par cette porte qu’elle avait laissée ouverte, mais à peine avais-je l’avais-je franchie qu’elle me retint. Je ressentis une vive douleur à la nuque, un coup sec qui me plongea dans un noir plus profond encore que le valium de mes amis.

Faisait-il déjà nuit ? Étions-nous encore l’après-midi ? De là où je me trouvais, je n’avais aucun moyen de le savoir. La première sensation outre la chaleur étouffante était la violente douleur de mes poignets. Il me fallut un instant pour comprendre que j’étais attachée à un trio de tuyau dont certains devaient fournir l’immeuble en eau chaude quelque part. La corde ayant légèrement brulé la peau de mes poignets.

Plutôt que de hurler et de risquer de faire revenir Mary… non Mallaury ici, je tâtai mes liens, évitant de m’ébouillanter. J’espérais pouvoir dénouer mes liens, mais ils étaient bien trop serrés. Non seulement cela m’entaillait doublement la chair, mais je ne serai jamais assez habile pour y parvenir.

Quel était son but ? De me laisser là ? M’abandonner ? Me tuer tôt ou tard ? Attirer les garçons pour leur réserver le même sort ? A cette idée, je me débatti en vain, tirant quitte à réellement souffrir à présent. Je ne pouvais être à l’origine d’une nouvelle mort, je ne le supporterai pas. Pas eux, pas lui ! Pas Thomas !

Que ferait-il lui dans pareille situation ? Il observerait, garderait son calme, trouverait quelque chose dans cette pièce, à proximité qui puisse le sortir d’affaire. J’observai la tuyauterie. Il y avait-il une pièce, un bord suffisamment contondant capable de couper cette corde ?

La porte de chaufferie s’ouvrit, l’éclat de ses cheveux blonds m’aveugla un instant. Elle n’était pas venue les mains vides, tirant derrière un corps inanimé par l’un des mollets jusqu’à l’amener à quelques mètres de moi. Je reconnus des boucles foncées, un corps long et fin et fus prise d’une peur panique. Finalement, il était peut-être déjà trop tard.