Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L'ultime marché


Alexandre

D’aucuns penseraient que le plus dur était passé. Ils se trompent. Je laissai à Angéle le soin de préparer tout cela, de s’organiser avec les traiteurs, fleuristes et autres professions pour que jour dit soit des plus réussis. Ma mère l‘y aidant. J’avais cru comprendre qu’elle s‘était elle-même fort bien débrouillée à ses heures. Car hélas ce n'était pas parce que j’allais devenir le plus heureux des hommes que j’avais pour autant bénéficié de quelques congés.

Au contraire, je dû m’absenter trois jours durant avant le jour dit. Je n’aurais que le temps de faire terminer mon habit avant de m’engager avec ma tendre amie. C’était en partie pour cela que je me voyais bien mal lui passer la bague au doigt. Jamais elle n’aurait son époux au logis de façon aussi régulière que ses amies et tout pouvait arriver durant ces absences.

Je m’en revenais sur Paris, stoppant en une auberge sur la route. J’aurais préféré continuer malgré l’heure tardive mais ce n’était ni prudent ni du goût de mes accompagnants. Nous dinâmes prestement avant de rejoindre nos chambres et je m’acquittai avant cela de régler l’aubergiste afin que nous puissions reprendre le chemin dès l’aube et sans traîner.

A peine eus-je posé la main sur la poignée de porte de ma chambre que l’on m’interpella fort discrètement depuis un bout du couloir. Sans courir le moindre risque, je m’y dirigeais, la main sur l’une de mes lames courtes. Je reconnu la fine moustache, les cheveux dorés de de Valle, immédiatement, je le mis en joue. Qu’il ose un seul mot inconvenant et je me ferai un plaisir de faire couler son sang sur le plancher.

– Tout doux Monllieu, fit-il, levant les mains. J’aimerais juste parlementer. Nous avons une dernière chose à régler.

– Tout est dit monsieur. A mon retour, vous n’aurez légalement plus aucune emprise sur Angèle et n’aurez d’autre choix que d’aller vous faire pendre ailleurs.

– Certes, vous allez l’épouser à ce que j’ai cru comprendre. Mais serez-vous pour autant plus présent à ses côtés ? Pouvez vous vous assurer qu’elle sortira bien accompagnée lors de chaque promenade ?  Serez-vous toujours confiant vis-à-vis de vos gens ? Vous savez comme il est simple, par l’argent ou les sentiments, de contraindre quelqu’un au crime.

– Qu’entendez-vous par la ?

– Que jamais, vous m’entendez, jamais je ne vous laisserai en paix, Angélique et vous.

– Alors je vous ferai arrêter dès mon retour, nous verrons si le Châtelet sera à votre goût.

– Et sous quelles accusations ? Allons, vous savez que rien ne pourra être fait. Il faudrait me tuer pour être quitte.

– Je n’hésiterai pas ! avançais-je ma lame vers lui.

– Et vous retrouver en fâcheuse posture avant même vos noces, avant d’avoir mis votre fiancée à l’abri du besoin. Nous pourrions pourtant nous entendre à ce propos. J’ai un marché à vous proposer Alexandre de Monllieu. De ces marchés que vous ne pourrez refuser, je suis certain.

J’aurais sans doute du le pourfendre et dissimuler le corps ensuite mais il aurait pu avoir des complices caché dans cet endroit et témoignant à mon encontre. Sans compter que je ne me devais d’être loyal et honnête envers la loi et donc, ne point l’occire pour des affaires personnelles.

– Vous rêvez, je ne marchande pas avec la fripouille.

– Et pourtant… je regagne quelques fortune, une part de terre pour mes vieux jours et vous n’entendrez plus jamais parler de moi et de madame de Lonmour, jamais. Vous connaissez notre situation fort peu enviable, tant que nous ne serons pas en situation confortable, vous nous retrouverez toujours sur votre route.

Je ne baissai pas pour autant ma garde mais m’autorisai à l’écouter. Le fou. Ce qu’il me proposait était insensé et terriblement dangereux. Mais j’avais sa parole qu’ensuite, ils ne seraient que de mauvais souvenirs. Laissant Angèle en paix, véritablement. Pris de court, mon esprit bouillonnant de mille choses à ce sujet, je fini par accepter.