Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Sanky-panky

Chapitre 24


Érik alias le fantôme de l’Opéra alias un certain Alexandre Yannakakis se demandait vraiment pourquoi il était venu. Après toutes ces semaines sans un appel ou bien même une tentative, Amandine allait le jeter, c’était évident. Il ferait d’ailleurs bien de prendre garde à son nez, aujourd’hui en meilleure forme. Avec sa veine. Mais belle-maman cougar avait tenu à ce qu’il laisse passer un peu de temps avant de rentrer en action. Étrange technique selon lui, surtout si elle fréquentait ce genre de soirée régulièrement, il devait avoir été remplacé depuis belle lurette. Et pourtant non.

Il observait la jeune styliste partir à la rencontre d’une blonde en robe courte style année soixante-dix, très belle, très grande, très sexy et… très accompagnée de son plus récent cauchemar : Chéri-à-sa-maman. Il fut immédiatement persuadé que cette sale bestiole possédait un sixième sens puisqu’il se tourna instinctivement de son côté et jappa le moins discrètement du monde. Allant même jusqu’à grogner. Et dire qu’il lui avait évité le roulé-boulé du pied latéral en travers de la chaussée quelques minutes auparavant. Parfois, on regrette.

– Oh c’est lui qui t’a sauvé la vie mon trésor ! s’empressa d’affirmer la vénus soviétique avant de s’avancer.

Premier réflexe, repérer la sortie de secours. Second, garder son sang-froid, Amandine l’accompagnait.

Natasha lui tendit la main dans cette posture rappelant celle des marquises souhaitant une attention de leur marquis à la grande époque. Ce qui lui semblait bien trop risqué vu la proximité de la mâchoire du monstre. Il lui saisit, avec précautions et la serra de manière classique.

– Natasha, se présenta-t-elle, merci d’avoir retrouvé mon trésor d’amour.

– Enchanté. Retrouvé, c’est beaucoup dire, ce serait plutôt lui qui m’a trouvé tout à l’heure. Ou plutôt il a trouvé mon pantalon à son goût.

Amandine étouffa un petit rire.

– Vous méritez une récompense, demandez-moi tout ce que vous voulez.

Alex demeura perplexe un instant, c’est qu’il ne fallait pas faire ce genre de proposition à la légère. Et s’il lui prenait l’envie de réellement lui demander quelque chose d’indécent ? Un gros chèque, un jet de toutou dans la Seine ou une nuit torride par exemple. Le petit clin d’œil mutin de la jeune modèle confirma ses doutes. Mouais, elle en serait bien capable, du moins pour la troisième proposition. Mais il n’était pas là pour ça.

– Tout ce que je veux ? Très bien. Une danse.

Et alors qu’elle s’apprêtait déjà à se séparer de Chéri-à-sa-on aura compris, le confiant à Amandine, Érik/Alex s’empressa d’ajouter.

– Heu non, une danse avec mademoiselle, indiquant la styliste de son cœur. Puisqu’elle m’a aidé à le retrouver, la récompense revient donc aux deux non ?

Faisant honneur à son costume sophistiqué, il se planta devant elle, s’inclina et lui offrit sa main. Ici, rien ne risquant de la mordre, elle se laissa tenter.

Alex la mena sur la piste et, sans réfléchir, la fit tournoyer. Oups ! S’il voulait éveiller des soupçons, c‘était grandement réussi, mais Amandine sourit et se laissa guider.

– C’est bizarre, vous me rappelez quelqu’un, fit-elle, le plongeant dans l’embarras.

– Quelqu’un de bien j’espère.

– Non, pas du tout, bouda-t-elle. Un mufle !

Le jeune homme avala de travers, se reprit péniblement et s’excusa. Elle avait la rancune tenace !

– Et heum… qu’a-t-il fait de si mal pour mériter un tel surnom ?

– Ce n’est pas important.

– Il pourrait regretter son acte vous savez, vous n’avez pas pensé à lui pardonner ?

La jeune fille tira la moue un cran en dessous, l’air de petite fille triste sur le visage la rendait à tel point attachante à ses yeux qu’il l’aurait bien consolée, se dénonçant par la même occasion. Il jeta un regard vers la table de belle-maman. Celle-ci, un large sourire convaincu aux lèvres lui fit quelques signes peu discrets, l’incitant à continuer. À croire qu’elle lisait sur leurs lèvres.

– Amandine, je… je suis désolé pour ce qui s‘est passé.

Dire qu’il venait de rompre le charme d’une jolie rencontre était un euphémisme. Et le visage de la demoiselle passa de la surprise à la colère en un instant. Elle tenta de filer, mais il la retint par les coudes.

– Écoute-moi, je n'ai pas couché avec Valérie ! Nous étions trop ivres et moi, trop bête pour me rendre compte de l’énorme erreur que je faisais, mais…

– C’est ce qu’ils disent tous ! Vous n’êtes jamais responsable ni n’avez rien fait, même si l’on vous prend sur le fait.

– Amandine, je ne suis pas ton ex… enfin, je veux dire… ce type-là avec qui tu vivais avant. Valérie m’a tout raconté. C’est vrai, demande-le-lui !

– Alors que faisiez-vous presque nu dans le même lit !

Dialogue de sourds qui ne menait à rien exc eptéà l’arrivée d’un agent de la sécurité. Amandine se détacha enfin de lui lorsque Alexandre, voyant l’armoire à glace débouler se souvint des dégâts qu’une paluche de cette taille pouvait faire sur un gars frêle comme lui.

– On discute juste, rien de mal !

Chéri-trésor-à-sa mémère aboyait de nouveau, comme l’accusant de tous les maux du monde lui aussi. Chacun y allant de sa propre théorie sur ce remue-ménage, il fut finalement mis dehors afin que la soirée continue dans le calme.