Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 23


Amandine portait une sorte de tenue d’étudiante de Gryffondor très sage et un tantinet trop large. À croire qu’ils s’étaient trompés dans les tailles à la boutique. Elle se tenait à l’écart, assise à la table de son père. Elle se demandait d’ailleurs en quoi il fut déguisé lui aussi. Avec une large tignasse blanche ainsi qu’un tablier de chirurgien, elle le prit un bon moment pour Einstein, mais il s’agissait au final de Doc Brown. Celui-ci étant trop investi dans ses discussions professionnelles, ne remarqua même sa présence.  Valérie, par contre, cherchait encore comment aborder le sujet si épineux qui la taraudait depuis des semaines maintenant. Elle avait remarqué que sa belle-fille ne tournait pas rond, préférait travailler doublement plutôt que de prendre du repos et fut bien plus souvent sur les nerfs qu’avant. Avant leur voyage, avant cette rupture brutale avec ce jeune homme, avant les explications qu’elle eut avec lui.

Elle l’avait aidé pour ce qui fut de son rapatriement. Le petit bar de la plage, bradé pour quelques dollars, le reste du prix du billet d’avion avancé grâce à la carte Gold du mari. Finalement, la seule véritable vengeance dont elle pourrait se vanter, à défaut d’une nuit endiablée, serait d’avoir financé le retour du presque amant. Jusque là, Valérie l’avait hébergé dans la chambre d’Amandine, sagement. De retour à la capitale, elle fit marcher ses relations afin de lui trouver un job. Il travaillait comme barman, même serveur lui aurait convenu et l’un de ses vieux amis, gérant du café « Chez Antoine » de l’avenue de Versailles l’embaucha à l’essai.

Ne restait qu’une chose pour que sa conscience, consciente d’avoir fait régner un beau bordel dans le cœur des deux tourtereaux, soit en paix. Qu’ils se revoient, discutent, fassent table rase et reprennent leur idylle si possible. En bonus, sa belle-fille reprendrait les trois kilos si facilement perdus depuis, ce qui la rendait légèrement envieuse.

Elle avait bien tenté de parler à Amandine, mais elle fuyait le sujet plus vite qu’une araignée aperçue dans la salle de bain. Mais ce soir, impossible de tergiverser, Valérie-Réparatrice-De-Coeurs-Brisés était entrée en action. Il ne restait plus qu’au jeune premier à entrer en scène et là, cela faisait un moment qu’il se faisait attendre. Elle l’aperçut finalement, sortant des toilettes pour hommes, secouant étrangement le pied à plusieurs reprises. Elle ne s’était jamais rendu compte qu’il souffrait d’un tic de ce genre auparavant, espérons que cela ne gâche rien, pensa-t-elle.

Plan A.
Arrivée du jeune premier.
Pousser Amandine à danser avec lui.
Glisser un billet au DJ afin qu’il passe un morceau de circonstance.
Attendre le bisou.

Et si cela ne fonctionnait pas, plan B.
Les pousser dans l’ascenseur le plus proche.
Y jeter une bouteille d’eau ainsi que quelques amuse-gueules.
Le mettre en panne pour la nuit.

Aux grands maux, les grands remèdes !

Mais avant d’en arriver là, Valérie capta le regard de la fausse étudiante qui ne vouait son attention qu’à l’horloge au mur, à compter les minutes qui la séparaient de sa fuite. Minuit, comme Cendrillon. Et pas question d’espérer un prince charmant.

– Didine, tu devrais en profiter pour t’amuser un peu. Il y a de quoi faire ce soir, crois-moi.

– J’ai les pieds en compote.

– Alors nous allons en trouver un suffisamment musclé pour te porter ! plaisanta Valérie. Que préfères-tu ? Un Superman ? Batman ? Oh il y a même Wolverine là… si je ne me retenais pas, ajouta-t-elle malicieusement.

Amandine n’y jeta qu’un coup d‘œil discret. Sa belle-mère aurait pu lui indique Riri, Fifi et Loulou à la place qu’elle n’y aurait vu que du feu. Par contre, elle remarqua Natasha et Chéri-à-sa-maman d’un côté de la salle ainsi que le ténébreux fantôme de l’autre.

– Je reviens !