Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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Sanky-panky

Chapitre 20


Un blanc intense s’en suivit. L’effet de surprise mêlé à de multiples conclusions, hâtives ou non du côté de la donzelle. Tandis que chez le pris en flagrant délit, le même effet que complétait non seulement un sentiment de culpabilité précoce, mais également une simple phrase qui se répétait sans cesse. « Je suis dans la merde ! Je suis dans-la-merde ! »

Et la première exclamation, au goût ridiculement cliché, si spontanée, si véridique dans cette situation particulièrement s’ensuivit naturellement.

– Attend Amandine !  Ce n’est pas ce que tu crois !

À cet instant, l’espoir qu’il puisse effectivement expliquer sa présence de façon logique, sans pour autant que ce soit exactement ce que ses yeux avaient vu ne tenait plus que par un cheveu. Elle l’observait, prête à l’entendre, à croire même qu’il s’agissait d’un autre gars dans le lit une minute auparavant et qu’il fut n’importe qui d’autre. Un ami caché sous le lit, le garçon d’étage à l’uniforme décontracté. N’importe quoi, mais pas l’amant de Valérie.

Cette même Valérie qui, justement, déboula, souriante dans la pièce exiguë, se jetant aussitôt sur sa proie de la veille. Elle le serra tel l’ours en peluche de son enfance, lui appliquant un baiser sur la joue dont la sonorité fut plus soutenue encore vu l’effet de réverbération de la pièce.

– Alors mon biquet ? Bien dormi ? Oh bonjour Amandine ! Vous avez fait connaissance ?

La suite et fin d'une belle histoire se fit en huit minutes et quatorze secondes précisément. Débutant tout d’abord par une main qui claque la joue mal rasée du pauvre jeune homme pris à son propre jeu. De l’air offusqué d’une belle-mère qui n’y comprenant rien et pensant à tort qu’Alex avait du avoir un mot ou un geste déplacé, s’en écarta afin de, à tout hasard, rendre justice elle aussi. Dupliquant cette première baffe en une seconde bien sentie. Et sur la même joue ! Pas de bol décidément. Encore aurait-elle pu exprimer un peu de pitié et répartir les forces de frappe ainsi que la douleur, mais non. Toutes deux fuyant, tête haute et digne, une fois leur sanction tombée. Chacune claquant la porte de la chambre qui lui était attribuée, le laissant bêtement planté là, en caleçon et pieds nus sur un dallage qui se faisait de plus en plus froid pour ses pauvres orteils habitués au sable tiède de la plage.

Alexandre porta une main à sa joue, celle-ci se fit plus chaude qu’un jour de fièvre et devait avoir pris une jolie couleur. Si celle-ci disparaitrait d’ici à quelques minutes, la claque qu’il s'était prise au plus profond, elle, n’avait aucune chance.

Il s‘assit sur le rebord de la baignoire, l’envie de faire pipi étant passée. Tout comme l’espoir de pouvoir retenir la jeune fille.

Huit minutes furent suffisantes pour entasser robes, maillots et autres sous-vêtements à son nom dans la valise, laissant déborder par trop d’empressement la dentelle d’un petit haut. Un soutien-gorge en satin aux motifs pastel fut également oublié, abandonné, tristement tombé au pied du lit d’Amandine. Elle fila droit vers l’ère des taxis, ne donnant aucune explication.

Huit minutes durant lesquelles il n’osa quitter sa place. Dépité par la situation, par son double échec, pas ses remords. Il partait pourtant d’un bon sentiment, sauver son commerce, son nez par la même occasion. Faire plaisir à une touriste venue là pour s’amuser après tout et non pour de longs discours et de vrais sentiments. Le souci, c‘est qu’il avait dévié de ses projets, y incluant quelqu’un qu’il n’aurait pas dû. Et maintenant, les fesses gelées sur l’émail, il se sentait le dernier des cons à n’avoir pas pris de décision plus radicale et plus logique. Partir lui aussi, laisser tomber, retourner à Paris, filer, prendre la poudre d’escampette, laisser tout ça derrière lui plutôt que d’insister, s’enliser, s’enfoncer dans une situation qui lui avait échappé depuis longtemps. En deux mots, se barrer !

Mais si Alex ne ressentait plus trop de besoins pressants suite à cela, ce n’en était pas de même pour Valérie. La colère retombée et, au final, se rendant compte qu’elle en connaissait rien de la situation et ne pouvant joindre sa belle-fille partie si vite frappa timidement à la porte.

– Mon biquet ? Ah heu… j’ai oublié ton prénom. Désolée. Je devais être un peu pompette, gloussa-t-elle ensuite.

– Alex… Alexandre.

– Je peux entrer ?

– Tu es chez toi…

Elle apparut, chipa sa robe posée à proximité et dissimula ce qui pouvait l’être vu le peu de tissu dont elle disposait. Une sorte de pudeur s’étant emparée de la dame.

– Nous n’avons rien fait cette nuit n’est-ce pas ? Je n’ai trouvé aucun préservatif usagé, pas même la trace d’un emballage et… enfin, je pense que je m’en serais rendu compte.

– Mis à part nous embrasser et nous écrouler ivres, non rien.

– Et Amandine ?

Il soupira, leva la tête et ferma les yeux. L’heure des explications, franches et claires était arrivée.