Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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La demande - 1


Angélique

J’étais fatiguée, épuisée même. Je voulais oublier tout cela, ces moments atroces où j’avais perdu tout espoir. Qu’ils demeurent derrière moi. Mais j’entendis un bruit et ouvris les yeux, reconnaissant la pièce où l’on m’avait tenue enfermée des heures durant. Non ! Cela ne se peut pas ! L’on frappa, le Marquis de Vardes entra. Je me réfugiai vers la tête du lit, m’écartant au fur et à mesure qu’il avançait vers moi. Je consens à oublier votre faute chère Angélique. Mais il va falloir que vous partagiez mon lit, me fit-il d’un air satisfait. Je lui répondis que jamais je ne ferai cela, qu’Alexandre allait venir et m’emmener loin de lui. La voix de ma mère me parvint alors et je me retrouvai d’une manière inexplicable coincée entre elle et son amant, tous deux nus et en sueur sous les draps. Tu verras Angèle, tu t’y feras avec le temps ! Je refusai, tentai de me soustraire de leur présence, mais le Marquis s’agrippa à ma chemise de nuit, m’attirant à lui.

– Non ! Pas ça !

Je me réveillai dans une chambre familière et bien silencieuse. C’était celle d’Alexandre, j’étais seule. Annabelle avait dû retourner se reposer lorsque je m’endormis. Je soufflai et me recroquevillai bien que rassurée, ce n’était qu’un rêve, ils m’avaient bien sauvée de là. Où était Alexandre ? Était-il rentré ? M’avait-il bien embrassé ou avais-je rêvé cela aussi ? Je me tins dans cette position à ne plus oser me laisser glisser vers le sommeil de crainte de voir le visage du Marquis dans mes songes. Une porte en bas s’ouvrit et une faible lumière ne tarda pas à éclairer le bas de ma porte. Ce devait être Monsieur de Monllieu qui montait rejoindre sa femme, je l’entendis pénétrer dans sa chambre et chuchoter, son épouse devait s’être réveillée elle aussi. J’attendis qu’il referme et allai écouter dans le couloir, une habitude des dames de la maison qu’il ne m’avait pas fallu longtemps à adopter. Il n’était pas rentré seul, des voix me parvenaient d’en bas. Je descendis, allant m’asseoir sur l’une des dernières marches.

Quelques rires étouffés afin de ne pas troubler la quiétude des lieux me réconfortèrent. Il s‘agissait d’Alexandre et de Louis. Les entendre prouvait qu’ils ne devaient plus se considérer comme rivaux. Je préférais alors remonter, le cœur plus léger les concernant. Mais l’une des marches grinça sous mon pied et je n’osai avancer plus.

– Angèle ?

Il m’avait prise sur le fait. Alexandre avertit Louis qu’il me raccompagnait et monta jusqu’à moi. Après un rapide coup d’œil sur mes pieds nus, il me prit de nouveau dans ses bras.

– Non seulement me je suis fait ton protecteur attitré, mais très certainement ton porteur à présent. N’arrivais-tu pas à dormir ?

– J’ai fait un cauchemar.

Un peu timidement, je me tenais à ses épaules alors qu’il me remontait jusqu’à sa chambre. Il m’y déposa au creux de son lit et voulut me recouvrir du drap avant de repartir, mais je le retins.

– S’il te plaît, reste encore un peu.

– Nous avons beau être amis, si je demeure ici, cela soulèvera bien des questions.

– Juste un peu, je t’en prie.

Il se ravisa et vint s’asseoir près de moi. Sa main se posant sur ma joue, je l’observai dans la semi-pénombre. Mon Alexandre. J’étais folle d’imaginer une seule seconde pouvoir m’éloigner de lui, il m’aurait trop manqué. Ses iris si clairs, ce sourire qu’il m’offrait à présent, son courage et même, je devais l’admettre son caractère parfois impétueux, parfois borné, tout me plaisait en lui.

– Tu n’as plus à avoir peur, Angèle. Je prendrai soin de toi désormais, je te le promets.

Il me fixait lui aussi, ses traits se faisant plus sérieux. Il se rapprocha jusqu’à n’être plus qu’à quelques centimètres, s’allongea par-dessus les draps, me rappelant notre position face à face lorsque nous avions trompé le Marquis. Sa main se glissa à ma taille comme il le fit cette nuit-là et me tira doucement jusqu’à ce que nous soyons si proches que je me retrouvai pressée contre son torse. Je m’y lovai, fermai les yeux et profitai du rythme de sa respiration ainsi que des battements de son cœur, tout aussi rapide que les miens. J’étais en sécurité à présent.