Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Le valet de pique - 6


Séraphin.

Diantre ! Le Capitaine lui-même figurait parmi les traîtres ! Et pire encore, je lui avais confié le soin d‘interroger son propre exécuteur. Il devait l’avoir fait passer de vie à trépas à l’heure qu’il était, lui imposant ainsi le silence. Je devais m’en assurer.

– Où pars-tu si vite ?

– Au Châtelet, c’est là que Haumont a été emmené, celui que j’ai intercepté. S’il est encore viable, il pourrait témoigner.

– Je le pourrais moi aussi.

– Compterais-tu sincèrement t’allier à moi ?

– Pour deux cents livres de plus, oui.

– Rha ! N’y a-t-il que l’argent qui compte à tes yeux ?

– Non, mais il est important d’en avoir pour bien vivre. Attends, je t’accompagne.

Était-il sérieux ? Il en avait l’air, cela semblait l’amuser même. Cet homme était décidément trop sur de lui, taquin, séduisant, condescendant, bon amant et complètement fou. Mais je commençais à m’habituer à lui, à le cerner. Mis à part ce malaise inexplicable que je ressentais malgré tout en sa présence. Sans cela, j’en serais même venu à souhaiter le revoir une fois ma mission terminée et à titre plus… privé. Mais nous n’en étions pas là.

– Nous sommes venus voir le prisonnier répondant au nom de Haumont, il a été amené hier afin d’être questionné, fis-je au préposé une fois sur place.

De Valle scrutait les lieux, semblant s’amuser comme une donzelle le jour de sa première sortie au parc. Sans trop rechigner, l’on nous fit entrer et précéder par deux gardiens jusqu’à ladite cellule.

– Cet endroit est terriblement glauque, me glissa Jacques en cours de route. Penses-tu qu’il louent des chambres à l’heure ? Ce serait une expérience à tenter.

– Ne t’en amuse pas trop vite, tu pourrais finir tes jours ici à force de jouer avec le feu.

– C’est ici, fit le gardien de sa voix rendue rauque à force de séjourner dans les geôles humides.

Je m’approchai, scrutait la cellule plongée dans la pénombre avant de tendre l’oreille. Je ne perçus ni ronflement ni souffle.

– Cette cellule est vide ou bien votre homme est mort.

N’y croyant pas, le gardien l’ouvrit, les deux militaires demeurant sur leurs gardes. Il y remua la paille du bout du pied, en fit le tour, scruta du sol au plafond. Il en conclut que le prisonnier avait dû être transféré.

– Et sans annotation aux registres ? insistais-je.

Mais inutile de chercher plus avant, si le Capitaine était mêlé à cela, il aurait très bien pu le libérer ou le faire exécuter sans que nul ne s’inquiète.