Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Le valet de pique - 1


Séraphin

Cela faisait une bonne heure que je patientais et je n’aimais pas cela. Non pas que cela ne fit pas partie de mes vertus, mais j’attendais des nouvelles de grande importance. Et plus le retard grandissait, plus je craignais que mon messager n’arrive jamais à bon port.

Heureusement j’avais pu échapper aux premières neiges de décembre en m’abritant dans cette auberge. Sise un peu en retrait la ville, elle servait officiellement d’escale aux voyageurs trop las pour effectuer les derniers mètres les séparant de Paris ou, plus spécifiquement, de halte à qui voulait s’en approcher sans forcément y être vus. Comme c’était le cas pour ce genre de rendez-vous par exemple.

L’homme que j’attendais entra enfin, laissant pénétrer avec lui une bourrasque glaciale qui fit se retourner et frissonner les tables les plus proches de l’issue. Entre mille, j’aurais parié que c’était lui rien qu’à sa posture, observant les alentours. Et cet air de craindre d’y trouver le diable en personne. Diantre ! Quelle discrétion ! Après avoir inondé le parquet d’un début de neige fondue, il s’avança vers l’âtre, s’y réchauffant les mains.

Je pris donc ma coupe et m’en approchai. Lorsque je captai son attention, le parcouru de pied en cape du regard d’un air taquin.

– Puis-je vous proposer de partager ma table ainsi que l’excellent cru que j’ai commandé.

– Pas de ça monsieur, se braqua-t-il. Cela ne m’intéresse guère et j’attends quelqu’un.

– Oui, je sais. Mais dites-moi pour quelqu’un venant du sud, votre accent est bien peu prononcé, l’auriez-vous perdu en route ?

Il m’observa mieux de ce fait et parut étonné de mon allure. Je faisais souvent cet effet-là. Et encore, je ne m’étais pas poudré comme pour les grandes occasions.

– Allons nous asseoir, je vous en prie, l’invitais-je de nouveau.

Une serveuse arriva au premier signe, apportant une coupe supplémentaire ainsi qu’un pichet. Elle s’empressa de remplir nos verres et fut gratifiée d’une piécette et d’un sourire auquel elle répondit timidement.

– Très bien. Donc, qu’en est-il ?

– Il sera là dans une quinzaine de jours, il compte descendre dans une auberge au cœur de Paris, sans trop de prétention afin de n’attirer aucun soupçon. Le souci est que nous ne savons toujours pas qui il doit rencontrer, notre homme est très prudent.

– Je vois et comment est-il ?

– Un peu dans votre genre, mais plus froid. Il jouit d’une vilaine réputation au pays. Hédoniste, violent, dépensier.

– Tout ce que j’aime, plaisantais-je. Nous devrions nous entendre. Et qui nous prouve qu’il sache qui est son contact ?

– Rien ne le prouve.

– Bien alors, je saurais comment procéder. Quel est son nom ?

– De Valle. Jacques de Valle.