Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Le jeune sot et l'intrigante - 4


Alexandre

J’étais non seulement perdu, mais tout à fait confus désormais. Mais quelle mouche avait piqué ce fou pour qu’il emmène Angélique ici ! Qu’elle assiste à cela ! Elle quitta la pièce non sans avoir fermé la bouche de celle que je jugeais trop vite comme élégante et agréable. Tant de méchanceté sortit de ses lèvres en si peu de temps que j’en demeurai sous le choc. Je ne pouvais lui reprocher la gifle qu’elle lui assigna.

Mon amie préféra fuir et je ne savais s’il était judicieux de la rejoindre dehors vu la position dans laquelle elle m’avait trouvé ici, elle devait m’en vouloir désormais. Tandis que Mademoiselle de Lonrille poursuivait dans ses railleries, menaçant de lui causer d’horribles ennuis à présent.

– Laissez Jocelyne ! Vous vous trompez lourdement, Angèle n’a nul besoin de fureter quoi que ce soit, et sa dot dépasse largement la vôtre. Si vous saviez. Ne jugez point sa robe ni sa grâce, elle est pourvue de bien plus de qualités que vous ne pensez. Mais quel idiot suis-je donc ?

– Question orgueil, je n’ai rien à vous apprendre là-dessus mon ami, rouspéta Louis.

– Louis de Vardes, si je me suis amplement retenu de vous corriger jusqu’à présent, sachez que cela ne va plus tarder. Vous êtes allé trop loin cette fois à vouloir imposer cela à Angèle.

– Sachez donc que c’est elle-même qui voulut vous voir et vous sauver des griffes de cette chère intéressée. Mais bon sang, que vous êtes agaçant à ne vouloir ouvrir les yeux !

Il s‘avança, me saisissant par le col.

– Messieurs ! Puis-je savoir ce qu’il vous prend ! s’offusqua finalement Jocelyne. Sortez ! Sortez tous deux d’ici !

Nous ne nous fîmes pas prier. Tout désir s’étant évaporé à la seconde où ils franchirent la porte et il ne risquait pas de revenir suite à ce que j’avais entendu. Mais une fois dans les couloirs, Angèle ne s’y trouvait pas.

– Je sais où la trouver, fis-je.

Mais de nouveau Vardes me retint.

– Écoutez Monllieu, cessez de jouer au chat et à la souris avec elle. Vous êtes prêt à plus que défendre son honneur, avouez-le donc ! Vous êtes jaloux, purement et simplement. Attendez, je n’ai point fini, fit-il en me repoussant une seconde fois. Vous pensez que je ne sais rien de tout cela alors laissez-moi vous conter ceci. Avant d’être répudié alors que je fus aussi borné que vous, mon père m’annonça qu’il souhaitait me marier. J’ai hais cette idée à tel point que cela me rendait malade. Adieu ma liberté, les soirées, les jeux et les escapades. Je détestais même cette jeune femme qui pourtant n’avait rien demandé elle non plus. Et pourtant lorsque je la vis, mon cœur se serra et ma vision fut tout autre. Je l’ai aimée plus que ma vie et je l’ai perdue. Alors bon sang, vous qui avez cette chance à présent, vous laissez passer !

– Je vous pensais intéressé et voilà que vous me jetez dans ses bras, à quoi jouez-vous donc ?

– À rien. Mais elle mérité mieux que cela. Et sachez que si vous ne vous hâtez point, je serai toujours là pour endosser ce rôle d’époux. J’aime beaucoup Angélique certes, mais je n’en suis pas amoureux comme vous l’êtes. Mais si vous vous bornez encore, sachez que je la rendrai heureuse à votre place vous pouvez me croire.

Je l’observai, estomaqué. Décidément rien ne se passait comme prévu, quelle étrange journée ou je me prenais tour à tour émotions et reproches en plein visage.

– Hors de question que je vous la laisse, je vous l’ai déjà dit.

Cela le fit sourire.

Je me rendis vers les jardins, Vardes me suivit un moment, stoppant dans la Grande Allée.

– Tiens. L’un des hommes de mon père, fit-il, étonné.

– Plait-il ?

– Non rien, il ne doit pas être loin et j’avoue préférer ne pas le croiser ici. Je vous suis donc, cela vaut mieux.

– Votre père ? Vous le craignez tant ?

– Dois-je vous rappeler qu’il me fit tirer dessus ? De plus, il est bien des choses que vous ignorez sur lui. D’ailleurs mieux vaut ne pas savoir, vous avez bien fait de lui enlever sa fiancée, croyez moi.

– Je ne comprends pas ? l’interrogeais-je tout en avançant, le labyrinthe de verdure n’étant plus très loin.

– Eh bien sachez juste que si je le traite à tout vent de vicieux personnage, ce n’est pas juste pour quelques œillades mal placées vers le décolleté des dames.

Je pressai le pas, distançant Vardes, tournai dans l’étroite allée, pris encore vers la droite et enfin j’y étais.

– Angèle ? Angèle pardonne moi, l’appelais-je.

Personne ne répondit, cela se pouvait-il qu’elle se soit réellement éloignée d’ici. Mon regard fut attiré par un bout de tissu bleu laissé au sol, une cape, la sienne.

– Angèle ? Angèle ? criais-je tout en ramassant l’étoffe. Je t’en prie répond moi.

– C’est sa cape ! confirma Vardes. Elle devrait se trouver ici ?

– Oui, c’est ici qu’elle venait afin d’échapper à son oncle lorsqu’elle vivait au Louvre, nous nous y retrouvions chaque jour.

– Oh bon sang. J’espère sincèrement qu’il ne l’ait pas retrouvée.

– Son oncle ? Il ne loge pas loin, en deux pas nous y serons.

– Non, pas son oncle… mon père.