Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Le prétendant - 3


Alexandre.

Je me sentais soulagé de savoir Angèle enfin en sécurité dans la demeure de mes parents. Plus encore de savoir que nul ne viendrait la réclamer désormais. Bien que je me doutai que l’intéressé n’en resterait pas là.

Mais j’étais tout autant absorbé par les mots des miens. Que décider ? Épouser Angèle ? La mettre ainsi définitivement en sécurité vis-à-vis des tous ces vautours capables du meilleur comme du pire afin de jouir d’elle et de ses biens. La laisser partir ensuite pour ses terres, fermer les yeux sur ce qu’il adviendra. La laisser vivre comme elle le souhaitait, avec qui elle souhaitait. Car je ne pouvais la contraindre à ne jamais aimer autrui. Mais c’était là que désormais, je me sentais totalement incapable. La laisser repartir, la savoir au bras d’un autre homme. Devais-je continuer à me rétracter à lui refuser le mien ? Tout cela n’était que confusion dans mon esprit. Peut-être devrais-je simplement lui en parler comme il m’avait été conseillé de faire, elle avait tout autant son mot à dire.

Et justement la voilà. Elle portait l’une des robes de ma mère et je devais avouer que cette couleur d’un bleu tendre lui allait très bien. Je me levai et lui tendis la main, l’invitant à s’asseoir à ma place, plus confortable sur la causeuse. Puis m’approchai avec l’un des fauteuils. Trop près pour encore respecter les conventions, mais entre nous, il n’en fut jamais question. J’avançai ma main vers son visage, son œil était fardé de bleu. Heureusement, mère avait su s’occuper d’elle à temps et sa joue ne fut pas gonflée.

– Angèle. Je crois que… je dois te demander quelque chose. Quelque chose d’important et qui risque de changer nos vies à tous les deux selon ce que tu décideras. Je…

Je cherchais mes mots. Un soupir contenu derrière moi me faisant sourire subitement, ce devait être quelques espionnes tapies derrière la porte menant à la salle à manger. Je ne dis rien et revins vers mon amie.

– Angèle, je…

De nouveau, je fus interrompu. Quelqu’un frappant à la porte de l’immeuble. Et les pas se précipitant vers l’entrée démarrant bel et bien à proximité confirmèrent mes soupçons.

– Tu apprendras bien vite que nul secret ne peut être gardé en cette maison, lui souriais-je.

Je lui pris les mains alors qu’elle m’observait fixement, n’osant dire un mot. Je tâchai de reprendre où j’en étais une fois encore, mais rien n’était pour me laisser terminer.

– Alexandre, quelqu’un souhaite te voir, vint m’avertir Simone.

– Est-ce mon oncle ? s’inquiéta subitement mon amie qui en lâcha mes mains.

– Non, mademoiselle, il s‘agit d’un jeune homme, lui répondit-elle avant de poursuivre vers moi. Il souhaite également voir votre père.

Quoi ? Déjà lui ! Je me levai prestement, allant à sa rencontre alors que notre gouvernante s’en allait frapper à la porte du bureau. Louis de Vardes attendait dans l’entrée, observant les détails des lieux. Il portait une cape dont la large capuche avait dû lui être profitable afin de passer inaperçu.

– Vous avez un de ces culots ! lui fis-je.

– Ne soyez donc pas tant sur défensive, je vous ramène votre jument. Je doute que vous me l’auriez laissée en cadeau. Angélique est-elle ici ?

– À qui ai-je l’honneur ? demanda mon père venant de nous rejoindre.

L’indésirable le salua avec grâce, il savait se montrer élégant lorsqu’il le fallait le bougre et se présenta.

– Louis de Vardes. Pour vous servir, cher Monsieur. Je suis d’abord passé à l’hôtel des mousquetaires afin de ramener la jument de ce cher Alexandre et l’on m’a indiqué cette adresse. Puis-je m’entretenir avec vous ?

Et forcément, il fut reçu comme il se doit, me repoussant en dehors de la pièce l’air de rien avant d’entrer et de refermer la porte pratiquement à mon nez. Oui, véritablement culotté ! Je profitai pour rapidement rejoindre Diane à l’arrière de la maison, notre palefrenier s’étant déjà affairé à la faire boire. Elle était en pleine forme. Il avait plutôt intérêt. Mais je ne devais pas trop traîner au-dehors, sachant qu’il venait sans doute pour voir Angèle. Quoi d’autre sinon ?

– J’ai cru comprendre qu’il s’agissait de Louis de Vardes ? demanda-t-elle à mon retour.

– Oui et plus rapide qu’un faisant poursuivit par un renard. Sans doute est-il venu pour te voir. Peut-être même… non oublions cela.

… lui faire la cour. Et s’il pensait que j’allais laisser faire ce joli cœur sans rien dire, il se trompait lourdement.