Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Le prétendant - 2


Angélique

Je me réveillai dans une chambre qui m’était pratiquement inconnue, ne m’y étant pas attardée la veille lorsque l’on m’y accompagna. Madame de Monllieu, Annabelle comme elle souhaitait que je l’appelle, fut très prévenante avec moi. À tel point que j’en fus intimidée. L’exemple même d’une mère telle que j’aurais souhaité connaître. J’en eus les larmes aux yeux lorsqu’elle quitta la chambre, me laissant m’endormir.

Je me levai bien tard comparé à mes habitudes et des vêtements propres m’attendaient déjà au pied du lit. Je ne tardai pas à faire ma toilette et me changer, me rendant compte en pleine action qu’ici, je n’avais pas à craindre que quiconque vienne à tambouriner à la porte et tenter de la forcer. Pas de Duc, pas de mère ni d’oncle oppressant. Comme il était étrange de se sentir de nouveau en sécurité. Comme au temps où je vivais chez mon oncle de Lonmour. Mais est-ce que mon oncle Grégoire me laisserait-il longtemps en profiter ? Qu’avait voulu signifier Monsieur de Monllieu lorsqu’il lui affirma qu’il avait tout autant que lui, le droit de veiller sur moi ?

Je descendis timidement les marches, passant tout d’abord devant le bureau de mon hôte. J’allai donc m’y présenter. Il se leva afin de m’accueillir.

– Angélique, je t’en prie, approche et assied toi. Nous avons bien des choses à nous dire.

Cet homme m’impressionnait, mais cette fois, dans le bon sens du terme. Je me souvenais de lui, lorsqu’il fut le premier à nous accueillir lors de notre arrivée à Paris, lorsqu’il nous tira, Alexandre et moi des mains de vilains ravisseurs. Et rien qu’en connaissant son fils, il ne pouvait être qu’un gentilhomme. Il me fit asseoir. Il est vrai que j’avais moult questions à lui poser mais ne sachant par où commencer, je débutai par des remerciements.

– C’était un véritable plaisir de pouvoir moucher ton oncle de la sorte. C’est moi qui te remercie. Mais j’imagine que tu ne dois pas être totalement sereine vis-à-vis de lui. Pourtant, je vais te rassurer à ce sujet par ces simples mots : Grégoire de Valle n’a aucune légitimité envers toi. Mis à part que tu portes son nom. Ta mère en aurait si elle eut meilleure réputation, mais j’ai quelques garants dans mes manches et nul ne viendra réclamer que tu retournes auprès d’eux.

Aucune légitimité ? Mais pourtant, étant un parent proche et de sexe masculin, ce devrait être le cas. Toute jeune fille est selon la loi, sous tutelle de son père, d’un oncle ou d’un aïeul en cas de manquement où, au final, de son époux. Je n’y comprenais plus rien. Il m’expliqua alors patiemment qu’il avait effectué des recherches, que ma date de naissance ne concordait pas avec la présence de celui que l’on disait mon père auprès de ma mère puisqu’il fut alors emprisonné. De celui que l’on disait être mon père !? Je n’étais pas la fille de Jacques de Valle ? Et donc en aucun cas l’ennemie de leur famille !

– Nous pensons avec certitude que tu es une Lonmour de par le sang. Ce qui répond ainsi à d’autres questions. Pourquoi cet héritage notamment. Ainsi que pourquoi ton soi-disant oncle tient tant à ce que tu te maries avec quiconque lui assurerait qu’il obtienne une part de tes terres ensuite. Hé bien cela ne se fera pas, qu’il s’en fasse une raison.

J’étais sous le coup de la surprise, mais ne put m’empêcher de sourire à l’annonce de cette nouvelle. J’étais donc libre de son emprise ? Totalement !

– Je suis ravi de voir que cela te fait tant plaisir ! fit-il tout en se levant. Il reste cette histoire d’héritage sous condition, mais désormais, tu n’es plus contrainte de t’offrir au premier venu. Moins encore de laisser autrui décider de cela à ta place.

– En qu’en pense Alexandre ? fis-je soudainement pleine d’espoir.

Il me répondit d’une moue bien contrariée.

– Difficile à dire, il est à la fois contre le fait de te voir épouser cet « orgueilleux » de Vardes comme il le nomme, mais s’efforce de refuser de saisir cette chance également. Ses arguments à ce sujet sont toujours les mêmes, il ne souhaite pas allier vie privée et carrière. Et je dois avouer trouver cela fort dommage. Mais c’est son choix.

Ma joie s’estompa subitement. Ainsi il ne me voyait que comme une amie et rien de plus au final. Un frère protecteur tel qu’il le fut toujours.

– Que me conseillez-vous donc de faire, Monsieur de Monllieu ?

– Que tu prennes tout le temps qu’il te faut pour décider par toi-même. Tu as cette opportunité à présent, profites en bien. En attendant, ma maison t’est ouverte. Mais soit, tu dois être affamée, je vais demander à ce que l’on te serve une collation.

Il me raccompagna jusqu’à la porte, me glissant avant de me laisser que si je « le » cherchais, il se trouvait à bouder au salon.