Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Confrontation - 4


Alexandre

Bon sang, jamais je ne voulus qu’Angèle y aille seule ! Nous en étions donc là ! Condamné à la laisser partir avec eux ! Je me sentais subitement si impuissant, ne lui ayant fait qu’une vaine promesse d’empêcher son oncle de lui faire le moindre tort, de l’empêcher de la livrer au premier venu et à sa guise.

– Aussi charmante qu’audacieuse, conclut Louis de Vardes, la voyant partir sans cette peur qui me tenait au ventre. Décidément, elle me plaît vraiment !

– Vardes, fichez le camp d’ici avec vos hommes.

– Voulez-vous donc m’évincer de la course, sachez que je peux me montrer tenace et…

– Il n’est pas question de cela, mentis-je en partie. D’ici à quelques minutes, elle sera entre leurs mains et nous ne serons bons qu’a être abattus. Filez ! Prévenez le camp et disparaissez avant qu’ils ne vous retrouvent. Mettez-les à l’abri, je me chargerai de les retenir.

Il hésita un instant, relança son regard en direction de mon Angèle avant de se décider. M’offrant un simple « merci ». Son regard se fit moins provocant, reconnaissant. Qui sait, en d’autres termes, nous serions peut être devenu amis. Il était, il est vrai assez courageux et bon prince. Et il y avait des femmes et enfants restés là-bas. Je pensai qu’Angèle tiendrait avec moi si je confirmais ne pas savoir où se trouvait le camp. Du moins, si l’on nous laissait l’occasion.

– Mais vous me reverrez, soyez-en certain. Je reviendrai… pour elle, précisa-t-il avant de filer à découvert avec ses compagnons restants.

 

Je me retrouvai seul à l’abri de cet arbre, mais pour combien de temps. Seraient-ils cléments avec moi ? Oseront-ils tirer sur un mousquetaire ? Et surtout, que lui arrivera-t-il une fois que je serai évincé ? Après tout, peut être devrais-je faire confiance à ce Louis et qu’il s’occupera d’elle. Non. Cette idée… est insupportable. Je me sentais envieux, jaloux du bonheur qu’il pourrait lui procurer. Soudain elle cria. Et ce que je constatai me fit perdre l’esprit. De Valle l’avait frappée et de façon si brutale qu’elle était en pleurs à ses pieds. C’était de trop.

– De Valle, vous venez de porter la dernière fois la main sur elle ! Armez-vous que l’on en finisse !

Qu’il vienne m’affronter moi, ce lâche plutôt que de s’en prendre à une jeune fille. En duel, tel un homme. Qu’il quitte cette terre à jamais et la laisse en paix. Bon sang, j’étais comme fou et en oubliai que j’étais devenu la cible à abattre. Je n’entendais pas même les menaces, ne fixant que celui qui s’était fait mon ennemi.

– Sinon quoi Monsieur ?

Cette voix ! Père ?

De surprise, je baisai mon arme et l’aperçu lui, ainsi qu’Aramis et quelques hommes venus à notre rescousse. Je n’en espérais pas moins de sa part, qu’il ne me laisse pas tomber, mais la profondeur des bois ainsi que la nuit ne jouèrent pas en leur faveur. Immédiatement, les soldats s’avancèrent, allant désarmer les hommes du Marquis. Je fonçai alors droit sur mon amie, ignorant l’oncle tout proche et l’aidai à se redresser.

Mon père s’avança vers lui, le tenant en joue, à bout portant à présent. Il nous jeta un coup d’œil à tout deux, scrutant notre état. Son visage, bien que fermé et froid, se fit inquiet un instant puis il revint vers lui.

– Je me charge d’elle à présent. Elle sera bien traitée sous mon toit.

Je n’en croyais pas mes oreilles et pourtant, un souffle de soulagement s’échappa de ma poitrine alors que je tenais Angèle contre moi. Il y avait bien des années, je lui avais fait ce reproche de ne pas la garder auprès de nous, de l’empêcher de supporter ces malheurs et aujourd’hui, enfin, il acceptait de bien vouloir lui porter secours.

– Et de quel droit Monllieu ?

– J’ai tout autant ce droit que vous de Valle. Et vous le savez très bien. Vous devez savoir que je peux être informé de ce que je souhaite, ce fut juste une question de temps. Maintenant, rentrez chez vous et allez annoncer à votre catin de belle-sœur que vous rentrez sur vos terres. Sinon cela va très mal se finir.

Aramis vint vers nous durant ce petit duel, s’assurant que mon amie allait bien. Il lui souleva le visage et je constatai les dégâts sur sa peau fragile. Une large marque rouge qui bleuirait dès demain. Il me fallut me faire violence pour ne pas faire apparaître la même sur celui qui en était l’auteur. Mon père, par contre, témoin de cela ne se gêna point.

De Valle grogna de colère, se contint malgré tout et certainement à cause des soldats présents, mais ne put s’empêcher de jurer. Tous deux se firent rappeler à l’ordre par mon parrain, comme toujours médiateur de toute situation bien qu’il semblait plutôt satisfait de cette petite revanche.

– Pour bon souvenir, le provoqua-t-il.

J’eus l’impression, à le voir qu’il ne souhaitait qu’une chose, qu’il ose s’avancer, tenter quoi que ce soit de plus, mais il n’en fit rien.

Après cela, je soutins que Vardes avait disparu et ne sachant pas où se trouvait le campement, ils purent se mettre en sécurité. Angèle ne me contredit point, elle était comme sous le choc et épuisée par toutes ces émotions. Elle pouvait se reposer maintenant et définitivement. Mais je savais que je n’en avais pas terminé avec lui. Il convoitait Angèle et reviendrait, il me l’avait dit. Qui plus est, il détenait encore Diane. Cela me faisait une solide raison pour le retrouver moi-même.