Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 19


Amandine avait pourtant entendu des bruits provenant de la chambre de belle-maman en cours de nuit. Et vu les rires et les légers grincements de sommier, cela ne faisait pas un pli, elle s’était bel et bien trouvé de quoi savourer sa vengeance.

La jeune fille s’en mordait les lèvres, l’oreille collée à la porte séparant les chambres, à se demander s’il elle devait intervenir et sauver l’honneur – et accessoirement, le mariage dans la foulée – de son père ou de se mêler de ses affaires. Et surtout si elle était de taille à les trouver dans des positions excentriques si jamais elle débarquait lors d’un échange probable de fluides. Elle soupira, se disant qu’elle ferait mieux de lui parler de tout cela demain. Après tout, peut-être ne serait-ce qu’une seule et unique tentative et qu’elle n’irait rien en dire à son retour. Ni vu ni connu.

Au matin, Amandine se leva, glissa ses petits pieds nus dans ses pantoufles Hello Kitty et, tout en bâillant et se frottant les yeux, se dirigea vers la salle de bain. La robe de soirée de Valérie était au sol et ses escarpins négligemment posés à côté des doubles vasques. Et ce n’est qu’une fois la petite commission faite, qu’elle effectua un léger rangement afin d’inverser leur position. Au fait, l’amant était-il toujours la ou s’était-il carapaté durant la nuit ? La curiosité la tenaillant, elle se demandait de quel genre de coco Valérie avait bien pu s’amouracher. L’un des jeunes que l’on voyait traîner sur la plage ? Un employé de l’hôtel ? Le barman peut-être ou alors aurait-elle pioché un mâle séduisant, mais plus mûr ?

Et c’est tenant toujours les chaussures en main qu’elle ouvrit donc la porte du côté de la chambre de ces tourtereaux saisonniers. Elle aperçut un homme couché sur le ventre. Sa belle mère l’entravant d’un bras passé en travers de son dos, ainsi que d’une jambe lui barrant mollet. Et si l’infidèle dormait encore telle une enclume jetée à la mer, lui se mit à bouger. Rapidement, elle referma la porte. C’est qu’elle ne souhaitait peut-être pas aller jusqu’à lui être présentée finalement. En fait, à bien y réfléchir, elle ne voulait plus du tout savoir à quoi il pouvait ressembler. Jamais plus, elle ne pourrait regarder son père en face, sans s’imaginer le visage de ce gugus par-dessus sinon. D’un autre côté, de songer qu’elle pourrait le croiser à tout moment sans savoir à qui elle avait à faire ne l’enchantait pas non plus. Un dernier petit coup d’œil, puis elle filerait de la.

Bigre ! Voilà que le bellâtre se défaisait des membres de sa dulcinée d’un soir, s’apprêtant à se lever ! En légère panique, Amandine en laissa tomber les escarpins, poussa sur la porte puis tira verrou avant de fuir à l’autre bout de la pièce avec trop d’empressement. Mais l’objet à talon s’étant coincé l’avait laissée entrebâillée, laissant la tige faire son office dans le vide. Que faire ? Fuir malgré tout ou miser sur une autre tentative. Le bougre ne devait pas être loin. Dans une seconde tentative désespérée, elle se jeta de nouveau sur la porte contiguë, mais celle-ci s’ouvrit.

Face à elle, celui qui, contre toute attente n’était que l’amant de sa chère belle-mère, l’objet de vengeance d’une infamie dont son propre père était la victime, mais pire encore, ce même jeune homme avec qui elle avait passé des moments délicieux, celui-là même qui doucement s’était emparé de son petit cœur d’artichaut. Ce même petit cœur qui en instant se fissura, tombant métaphoriquement à ses pieds.

– Alex ?

– Oh putain ! Amandine ?