Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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Chapitre 18


La carte Gold avait eu chaud à force de cocktails absorbés durant la soirée. C’est qu’il lui fallait bien ça à Alex. Sa proie était canon, mais ses remords tout autant. Ils titubèrent, manquant de tomber plus d’une fois en cours de route, dans les couloirs. Riant aux éclats puis s’offrant à l’autre une série de « Chuuut ! On va réveiller tout l’hôtel ! » sans doute aussi peu discrets juste avant de repartir dans d’autres fous rires incontrôlables que l’alcool provoquait. Tout comme l’impossibilité de bien cerner le nombre 27 inscrit sur la porte. Ce qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille.

– 227 ! Il est vachement grand c’t’hotel ! On dirait pas vu de l’extérieur.

Valérie le tira dans sa suite et fit se refermer la porte, la poussant à l’aide du poids du corps du jeune homme qu’elle plaqua immédiatement contre elle, lui dérobant quelques baisers maladroits, mais tout sauf chastes dans le principe. Le pauvre fut littéralement badigeonné de rouge à lèvres du menton jusqu’au nez.

Il fut ensuite tiré et poussé sur le lit. Détroussé telle la victime d’un bandit de grand chemin trop empressé de sa chemise, sa ceinture et son pantalon. Ses chaussures suivant le mouvement sans qu’on leur demande leur avis. Pour ce qui était du peu qu’il lui restait et face à la violence de cette diablesse enflammée, il préféra s’occuper de cette tâche.

– Je reviens dans une minute mon lapin, fit-elle subitement, le laissant enfin respirer tandis qu’elle tituba jusqu’à la salle de bain.

Il soupira, attrapa son pantalon et en fouilla les poches. Cette fois, il avait prévu les munitions d’usage et les glissa sous l’oreiller. Histoire de les avoir à portée de main.

– Bon… cette fois tu y es, ne loupes pas cette opportunité sinon tu es fichu.

Les trois numéros l’avaient bien observé toute la soirée et les avaient même suivis durant leur périple jusqu’à l’entrée de l’hôtel. S’assurant qu’il mettait bien tout en œuvre afin d‘obtenir « leur » argent. Valérie mettait longtemps à revenir par contre et Alex commença doucement à dégriser. Juste de quoi se demander s’il ne ferait pas mieux de faire faux bond à ces types, de profiter de l’occasion pour quitter cette île, certes paradisiaque, mais qui, au final, n’était pas pour lui. Se payer un billet d’avion pour Paris, tenter de récupérer son ancien boulot ou de faire marcher ses relations. Bref, de recommencer, mais cette fois en terrain connu, avec des règles compréhensibles. Et de revoir Amandine une fois sur place.

Amandine. Ses charmants petits seins, son sourire, ses réflexions bizarres, mais néanmoins adorables. Oui, il allait songer à elle, fermer les yeux et ce serait réglé comme du papier à musique. Enfin… si la Valérie daignait bien se repointer. Il se décida finalement à chanceler lui aussi jusqu’à la petite pièce attenante et découvrit la dame, mollement assise sur la cuvette, la tête de côté et ronflant doucement. Ah… là, c’était pas gagné pour recevoir un petit cadeau avant la fin de la nuit.

Alex grimaça, il se sentait à peine capable de se porter lui-même et pourtant, il ne pouvait la laisser la. Une, deux, trois ! Les bras passés sous ses aisselles, il entama un mouvement assez violent afin de la relever, bien moins légère qu’il ne l’aurait cru. Mais ce devait être son état d’inconscience qui l’amplifiait. Ses pieds traînèrent tout du long alors que la belle endormie bavouillait sur son épaule durant tout le trajet et ce fut dans un second mouvement forcé qui aurait pu lui démettre une vertèbre qu’il la jeta presque en travers du lit, allant se poser un instant au pied, récupérant son souffle.

Non, décidément, c‘était mal barré.

À moins de lui faire croire qu’il s’était bel et bien passé quelque chose entre eux, que cela avait été mémorable… enfin pas tant que cela puisqu’elle ne s’en souviendrait plus. Bref, donner l’illusion que cette première nuit avait bien eu lieu. Déjà qu’il cherchait encore comment lui annoncer la couleur, ou tout du moins, le tarif.

Fort heureusement, Valérie, avant de s’assoupir totalement, avait pris le temps d‘enfiler sa nuisette, il n’eut plus qu’a la glisser, avec toutes les difficultés imaginables, sous les draps et de prendre place à côté d’elle, plus épuisé encore que s’ils avaient réellement participé à un rodéo en chambre.

Alcool, fatigue, soirée de fou, il s’endormit comme une masse ensuite.