Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L'enlèvement - 7


Angélique

Je craignais que l’on ne soit pris, mais je lui faisais entièrement confiance. Tandis qu’Alexandre scrutait les alentours, gardant à l’œil, toute personne susceptible de s’apercevoir de ce que nous entreprenions, je me rapprochai, faisant mine de vérifier l’état de son front. Il plia alors les jambes contre sa poitrine et je glissai ma main entre sa botte et son mollet. Je me sentais nerveuse et quelque peu malhabile, ne l’y trouvant pas.

– Vers l’intérieur, me souffla-t-il. Dans la doublure.

Et enfin mes doigts touchèrent l‘objet convoité. Il s’agissait d’une sorte de tranchet comme l’on en voyait chez les cordonniers, capable de découper le cuir. L’on aurait pu imaginer qu’il avait été oublié là par le bottier lui-même si l’on était trop crédule.

Et alors que je me penchai afin de lui glisser dans la main, il me reposa une fois de plus la question de tout à l’heure.

– Tu ne m’as toujours pas répondu Angèle. Je ne puis partir sans toi, tu le sais pourtant. Je ne peux faire confiance à ce personnage.

Je stoppai net, mon visage s’étant tant rapproché du sien que je pouvais voir que ses yeux. Ils étaient d’une limpidité parfaite. Là où la couleur de certains iris pouvait se confondre en deux teintes ou être parsemée de quelques points de couleur, les siens étaient juste clairs, bleus comme un ciel d‘été sans nuages et surtout, en cet instant, ils soutenaient intensément mon regard. J’en rougis, perdant la parole. Je ressentais pour lui bien plus que de l’amitié, je m’en rendais compte désormais et cela me troubla. Lui-même semblait ralentir sa respiration, celle-ci se faisant pourtant plus saccadée.

Un toussotement derrière moi nous ramena à des places moins équivoques aussi prestement que possible. C’était Louis, sa présence agaçant immédiatement Alexandre.

– Chère Mademoiselle de Valle, l’on me targue d’être un bandit soit, mais je ne suis pas moins gentilhomme. Je ne puis laisser une jeune femme de votre qualité dormir ainsi à la belle étoile. Veuillez donc m’accompagner, vous serez bien mieux lotie sous ma tente.

– Vous rêvez Vardes, lui lança mon ami.

– Cela ira je vous assure, pris-je rapidement la relève. L’air est doux et je tiens à demeurer avec lui. Une couverture me conviendra tout autant. Mais merci de votre sollicitude.

– Ah madame, ce que vous voyez comme une proposition pourrait très vite devenir un ordre.

Il se rapprocha, me tendant la main afin de me faire relever.

– Je vous en prie, fit-il adjoignant le geste au verbe.

– Alors, laissez-moi juste un dernier instant.

Je me penchai vers Alexandre, osant un timide baiser sur sa joue et lui souhaitant la bonne nuit, captant l’attention de notre hôte sur celui-ci. N’omettant pas, vu la proximité de lui glisser outre la petite lame dans la main, mais également un mot supplémentaire : « oui ».

Il me fixait cette fois, comme effrayé de me voir m’éloigner, mais nous avions compris tout deux que je n’y dérogerais pas. Il me fallait accompagner Louis et cela ne ferait que compliquer les choses que nous soyons séparés. Mais même si je ne savais plus trop bien que décider vis-à-vis de mon sort, ma confiance en Alexandre lui était totalement acquise.

– Oui pour quoi donc ma dame ? me questionna Louis, curieux.

– Rien de grave, je vous assure.

Il écarta la toile, me permettant d’entrer. Par malheur et forcément, il n’y avait qu’une couche, un simple lit de fortune bien bas, mais garni d’une chaude couverture.

– J’espère qu’il ne vous aura pas fait la même proposition que je vous fis. Vous le disiez votre ami, presque un frère. Si vous le connaissez depuis tant de temps et qu’il ne se propose qu’aujourd’hui, soyez-en sure, ce n’est que pour empêcher notre bonheur futur. Votre ami n’est qu’un fieffé jaloux.

– Cela n’a rien à voir, je vous assure, tâchai-je de le rassurer. Mais, où allez-vous dormir vous-même, monsieur ?

Il prit ma main, effleura le dos de mes doigts de ses lèvres avant de me répondre, ne me quittant pas des yeux, souhaitant me captiver.

– N’ayez crainte, je partagerai la couche de l’un des gardes lorsque ce sera son tour, je m’arrangerai. Voyez-vous, j’ai beau porter un nom illustre, je m’acclimate très vite. Je vous souhaite bonne nuit douce Angélique.