Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L'enlèvement - 3


Angélique

Ils étaient nombreux et nous avaient pris par surprise. Tout cela était de ma faute. Si je ne l’avais mêlé à tout cela, si je ne m’étais précipitée afin d’aider cette vieille femme. Alexandre nous défendit avec courage, mais l’un d’eux étant parvenu à me tenir en respect, il du baisser les armes à regret et fut assommé afin de le tenir tranquille. Il s’était battu tel un lion, j’en étais demeurée admirative et émue de le voir. Jusque-là, je ne l’avais jamais vu faire. Mais par ma faute encore une fois, ce fut vain.

S’ils l’avaient ligoté pieds et poings, en revanche ils avaient été plus cléments envers moi, ne me liant que les poignets et par-devant. M’expliquant ensuite que je pourrai ainsi m’occuper de lui et de sa blessure au front. Aucun ne souhaitant l’approcher de trop près depuis que la plupart s’étaient fait malmenés. Mais nous étions tenus à l’œil, posés au pied d’un haut chêne, leur campement était bien plus profondément ancré dans les bois que je n’aurais imaginé. Et, chose curieuse, il y avait aussi bien des hommes que des femmes, et non des femmes armées, des paysannes je dirais.

– Peut-on nous apporter de l’eau ? Ainsi qu’un bandage s’il vous plaît ? Et… puis-je également voir votre chef ? osais-je timidement et surtout le plus poliment qui soit afin de ne pas les contrarier.

– Tu vas bientôt le voir ma jolie, me répondit-on avant de m’apporter ce que je demandais.

Alexandre reposait, allongé et la tête sur mes cuisses et même si je n’avais pas vraiment de talent de médecin, je savais qu’il fallait nettoyer la plaie avant toute chose, je m’y attelais.

– Vos noms ? fit d’une voix assez autoritaire celui qui vint nous voir.

Si tel était le chef, je le trouvais bien jeune, il devait avoir notre âge, à peine plus, ainsi qu’un air qui me rappelait vaguement quelqu’un.

– Angélique, fis-je conciliante.

– Je voulais dire vos noms à tous les deux, surtout ceux de vos familles. Je voudrais savoir ce qu’il y a à tirer de vous.

Il s’accroupit finalement si près que si mon ami n’avait été évanoui, il aurait pu aisément lui asséner un coup ou tenter de lui voler sa dague. Quant à moi, je n’oserai jamais une telle chose.

– Bien que… si vous n’avez aucune valeur particulière, je me ferai une joie de vous garder ici, madame. Ne craignez rien, vous êtes certes nos prisonniers, mais nous ne vous ferons aucun mal pour l’instant. Alors ?

Le regard soutenu qu’il me portait cherchant le mien me fit subitement rougir d’embarras. Il était blond comme les blés, les cheveux coiffés à la mode des pages de la cour, mais quelque peu plus longs. Ses yeux noisette se firent rieurs tout comme le reste de son visage.

– Angélique de Valle et mon ami se nomme Alexandre de Monllieu.

– Ah… si je m’attendais à cela ! Belle prise, en effet.

Il se releva subitement, faisant quelques pas en arrière et ameuta la troupe.

– Compagnons, devinez qui nous avons l’honneur d’accueillir ? Un mousquetaire de sang noble, dont on pourrait tirer bon prix, mais surtout…

De nouveau, il recommença à m’observer de manière soutenue, sa voix se faisant plus basse. Pareille subitement à celui que j’avais dû désespérément fuir cette nuit. Ce visage, ce port, la couleur même de ses cheveux. Je compris alors.

– Ainsi que la chère fiancée de notre bon et bien aimé Marquis, mon père.

Il fit la révérence, se penchant bien plus bas qu’il n’aurait du, comme s’il me jouait la comédie. Il n’y avait rien d’inamical dans sa voix, il semblait plutôt plaisanter en énonçant son lien de famille.

– J’ignorais que Monsieur le Marquis avait un fils.

– Je pense que c’est parce que lui-même souhaite ne plus s’en souvenir, mais je manque à mes devoirs. Chère demoiselle Angélique, je me présente. Louis de Vardes, pour vous servir. Et je dois avouer que je brûlais de faire votre connaissance. Oui, vraiment.