Gaëlle Laurier

Auteur de romances

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L'enlèvement - 2


Séraphin

– Je n’ai d’yeux que pour vous Belle, mais prenez garde, vous risqueriez bien de réveiller la bête qui gronde.

J’étais parvenu à capturer ma proie qui, il fallait l’avouer, ne s’était pas vraiment débattue pour m’échapper, ou alors très peu de temps, juste le nécessaire pour attiser ce feu naissant en moi. Brûlant pour elle, j’avais allongé ma tendre épouse sur notre lit, prêt à donner de ma personne.

– Séraphin, voyons, notre gouvernante n’en aura que pour quelques minutes, une heure tout au plus, vous n’y songez point ! me gronda-t-elle avec douceur.

– J’y pense, mais certainement. Mais elle ne se hâtera point, je le lui ai demandé, elle en aura au bas mot pour deux bonnes heures.

Et alors que je m’appétais à me pencher vers la blancheur de son cou, victorieux, l’on en vint à frapper de façon soutenue à la porte d’en bas.

– Qu’importe, ils repasseront, fis-je convaincu qu’ils se lasseraient avant moi.

Mais que nenni ! Les coups redoublèrent et je m’excusai au bout de la troisième salve menaçant subitement d’en faire voler les boiseries. M’emportant sur le désir, cette fois, d’aller signifier à ces opportuns de quel bois je me chauffais.

J’ouvris la porte vivement, m’attendant à bien des choses sauf à cela. En second plan, Aramis me mimant son air désolé tandis que se tenait devant moi, mon pire cauchemar ressuscité. J’en demeurai figé sur l’instant. Le temps nécessaire pour qu’il se permette d’entrer, me bousculant et tonnant, visiblement sur la défensive. Grégoire de Valle ! Depuis son retour à Paris, je n’avais pas eu ce déshonneur que de le croiser. Diantre ! Il était le réel portrait de son frère, à croire qu’ils furent jumeaux ! Il me fit l’effet d’un fantôme revenu me hanter. D’autant plus qu’il attirait la même sympathie dès qu’il se mit à ouvrir la bouche.

– Très bien, où est-elle ? Vous savez Monllieu, qu’elle est sous ma tutelle et que je puis faire venir la garde jusqu’ici pour la récupérer.

Mais de qui parlait-il ? De sa nièce ? Angélique ? Sacrebleu ! Et de voir Aramis ici sans Alexandre me laissait entrevoir toutes les possibilités ayant amené cette visite. L’avait-il enlevée ? Que leur était-il encore passé par la tête ?

– Séraphin ? Qu’est-ce donc ? s’inquiéta ma tendre depuis l’étage.

– Rien mon amie, quelques rats qu’il me faut chasser. Patientez, je reviens.

J’optai pour une discussion juste avant de trop ressentir l’envie de lui faire regagner le bas du perron d’un coup prononcé dans l’arrière-train. Si mon fils était en cause, il me fallait savoir. J’ouvris la porte de mon bureau et du regard l’invitai à entrer, ne lui adressant que du dédain. Aramis nous accompagna.

Après avoir fermé avec soin et me tenant dos contre le double battant clos, bras croisés, j’attendis la suite, tâchant de garder mon calme.

– Votre cher fils l’a amené tôt ce matin, il est certain qu’elle soit ici.

– Pourtant je n’ai vent de rien de tout cela.

– Voulez-vous me faire croire qu’ils ne sont pas ici ?

– Voulez-vous tenter de fouiller les lieux ? J’avouerais que j’aimerais assez que vous forciez l’étage en plus de ma porte, juste pour voir. Mais plutôt que de vous étendre dans vos accusations, puis-je avoir le fin mot de l’histoire. En quoi Alexandre est-il concerné. Ne devait-il pas être simplement revenu de mission ce matin et vaquer à ses tâches ? Aramis ? fis-je me tournant vers l’intéresser.

J’eus droit au résumé le plus prompt qui soit sur la situation. J’aurais préféré en sourire quand vint le moment où il eut déjoué les plans du Marquis, se glissant dans le lit de la demoiselle. Surtout vu la mine absolument contrariée de l’oncle. Il en grinçait des dents. Mais de les savoir partis depuis l’aube sans qu’il ne soit passé par ici m’inquiétait. Forcément, cette demeure aurait dû être sa première escale.

– Et vous me dites qu’ils sont passés par les bois attenants à la propriété de Vardes ? N’est-ce pas là qu’ont lieu des agressions répétées depuis quelque temps ?

– C’est cela même et c’est ce qui m’inquiète le plus, enchaîna Aramis. Mais vu la situation et, vous connaissez Alexandre aussi bien que moi, il n’a rien voulu entendre. Je songeais cependant à me rendre jusqu’à l’hôtel des mousquetaires ou faire le tour des auberges au cas ou il l’aurait emmenée ailleurs.

– Hé bien ne perdons pas de temps, allez-y. Quant à moi j’irai de ce pas jouer de mes relations. Retrouvons-nous ici dans deux heures.

Bien entendu, je ne m’adressai ainsi qu’à mon ami, laissant le mal venu de côté.

– Et vous comptez me laisser dans le doute ? Et quoi d’autre ? Favoriser leur fuite ? rempila de Valle.

– Non je comptais juste vous jeter dehors.

– Et s’ils ont été capturés par ces brigands ? me provoqua-t-il.

– Hé bien j’irai les chercher, répondis-je soutenant son regard.

Diantre, c’était tout à fait son double, intérieurement, j’en demeurai troublé.