Gaëlle Laurier

Auteur de romances

Découvrez mes univers


En savoir plus

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode




Un dîner chez le Marquis - 6


Alexandre.

Je me doutais que tôt ou tard, je me devrais d’intervenir, mais sans jamais aller oser imaginer que le Marquis de Vardes comptait rejoindre Angèle dans sa chambre au cours de la nuit. Mais pour qui la prenait-elle !

Je rentrai avec elle et fermai derrière nous, il me fallait réfléchir. Comment empêcher cela sans risquer d’empirer les choses. Compliqué. Impossible. Me liguer contre le Marquis dans sa propre demeure était un risque que je ne devais prendre, il aurait alors le loisir de me faire chasser. Angèle restant à sa merci. En venir aux mains et il pouvait m’en cuire s’il venait à s’en plaindre auprès du Capitaine. Bien qu’il croirait ma version des faits, appuyée par le témoignage certain de mon parrain, mais ce serait tout de même des plus délicat. Ma seule solution en l’instant étant que lui-même ne souhaite plus d’Angèle dans son lit. Et pour cela, une seule solution me vint à l’esprit.

Je pris mon amie par les épaules, les yeux dans les yeux afin de m’assurer qu’elle fut entièrement d’accord avec ce que j’allais lui soumettre. Elle avait l’air si troublée et si émue.

– Nous allons le prendre de cours Angèle, mais pour cela, j’ai besoin que tu me fasses entièrement confiance.

– Oui, bien sûr. Mais je t’en prie Alexandre, ne fais rien qui puisse contrarier mon oncle.

– Je vais y être obligé. Et il sera bien plus que contrarié je le crains. Mais je ne laisserai personne te faire du mal ou te toucher contre ton gré.

La pauvre se décomposa sous mes yeux et je déposai un baiser sur son front afin de la rassurer.

– Nous ne devons pas perdre plus de temps, enlève ta robe.

J’allai d’un côté du vaste lit, ôtant mes armes, mais les gardant à portée pour le cas ou, ainsi que ma veste. Elle m’imita, perplexe, et sans se hâter de l’autre côté, me tournant tout d’abord le dos. Je devais avouer que sur le moment, je ne songeais pas à mal, mais lorsque ses froufrous dorés tombèrent à ses pieds, ne gardant que sa chemise de soie que je demeurais stupéfait. Angèle était mon amie d’enfance, ma première confidente et même que je la considérais telle une sœur. Mais à cet instant précisément, ce n’était pas tout cela que j’avais devant les yeux. Non, cette fois c’était bel et bien une femme qui se tenait face à moi. Et de celles capables de faire tourner bien des têtes, dont la mienne. Ou comme celle de notre bon Marquis qui risquait de ne plus tarder.

– Je ne comprends pas ou tu veux en venir, s’interrogea-t-elle tout en se barrant le haut du corps de ses bras. S’il nous trouve ainsi, Vardes pensera que nous… enfin nous…

Elle me semblait si intimidée subitement et je devais prendre sur moi afin de ne pas l’être tout autant.

– Que nous sommes amants. C’est le but recherché.

– Mais on ne peut pas...

– Pourquoi ? Ne suis-je pas un bon parti moi aussi ? Plus jeune et suffisamment beau garçon pour te plaire ? Vardes nous trouvera dans un même lit, ira penser ce qu’il veut et vos fiançailles de pacotilles seront rompues séance tenante.

– Mais... et mon oncle ?

– J’en fais mon affaire.

J’étais pourtant moins assuré que je n’en avais l’air et me glissai sous la couverture où elle me rejoignit. Nous ignorions tous deux quand il se déciderait. À sa place, il est vrai que je patienterai le temps que ses invités soient assoupis. Bien que non. À sa place, à vrai dire, je n’attendrai sans doute pas bien longtemps.

Nous avions laissé quelques bougies allumées afin qu’il ne rate rien de ce que nous lui préparions et voyant ses traits dans cette semi-obscurité, me revoici à me laisser aller sur autre chose. Ce qu’elle pouvait être belle sous cette lumière. Ce n’est pas que je n’avais jamais remarqué cela, mais, était-ce notre posture l’un par rapport à l’autre ? Face à face. Que nous nous étions délestés de nos habits ? Sa main se glissa jusqu’à ma joue alors que nous ne cessions de nous fixer et que je ne désirais plus qu’une chose, poser la mienne à sa taille et l’attirer contre moi.