Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

Facebook Twitter Instagram Wattpad Fyctia Scribay Imaginae Booknode



A sa place

Chapitre 11 - Jour 4’


Nous étions rentrés, avions immédiatement changé de chaussettes et monté d’un cran le thermostat. Au moins pour une demi-heure afin de nous réchauffer. Mais notre conversation de tout à l’heure me restait un peu sur l’estomac. J’hésitai à lui demander son téléphone afin d’appeler mon numéro, de savoir ce qui se passait avec Marie de son côté. Depuis le temps, nous aurions peut-être du y penser, ne fusse que pour la rassurer, mais… je craignais de la voir arriver. Leur entente n’était pas du tout cordiale et de me voir, ou plutôt voir mon corps, doté du caractère de la demoiselle en question ne me tentais pas. Je craignais qu’il garde cette image de moi ensuite.

De plus, j’imaginais qu’elle fut assez grande pour revenir d‘elle-même et lui, tout à fait libre de vouloir le faire. Son silence était inquiétant, peut-être était-elle partie à Nice finalement, avec mon corps à y faire je ne sais quoi. En comparaison, j’étais plus sage qu’elle. Mis à part assumer sa gueule de bois et mes pieds froids.

Thomas pouvait passer des heures sur son portable, à faire le tour des réseaux sociaux, répondre à ses mails. La vie d’artiste en somme. L’on s‘imagine tant de choses sur celle-ci, mais non, il ne passait pas ses nuits dans les soirées VIP. Du moins, pas cette semaine vu son opération.

Je préparai de nouveau le repas, les précédents lui avaient plu, il me confia que cela faisait partie des choses simples qu’il appréciait avec moi, un repas à la maison sans prise de tête. Il sembla soucieux subitement, mais se tourna vers moi, son attendrissant sourire me charmant.

– Cela te dirait de m’accompagner demain ? Une interview plus séance photo pour un magazine, ils ont avancé la date. Soit c’est demain soit après le tournage mais je raterai le numéro de mars. Mais je te préviens, cela peut durer toute la journée et tu n’auras pas grand-chose à faire sinon regarder.

Finalement non, il avait tout de même quelques journées hors du commun et propres à la vie de star. Et comme j’étais curieuse, j’acceptai avec joie. Le voir en pleine action faisait partie de mes petits rêves secrets

– Mais… je peux te poser une question Manon ? fit-il après un moment de réflexion.

– Oui ?

– Tu m’as dit m’avoir vu la première fois grâce à la série. Et aussi que tu souhaitais me rencontrer. Mais… enfin, je ne sais pas trop comment demander ça. Tu as apprécié, tu me suivais ensuite ou quelque chose comme ça ? C’est délicat comme question, désolé.

Et tout aussi délicat de répondre.

– Oui je te suivais, répondis-je tout en me tournant vers la gazinière. Je suis même assez fan, je te trouve très bon et très…

Mignon ? Intéressant ? Drôle ? Émouvant ? Attirant ? Tant d’adjectifs que je pourrai lui énoncer sans mentir, mais que je n’oserai jamais. Il devait certainement exister des dizaines de filles dans mon cas, je ne devrais peut-être pas me sentir aussi gênée, il devait en avoir l’habitude, en rencontrer une pratiquement tous les quart d’heure.

Quelques pas plus tard, je sentis sa présence derrière moi, assez prêt pour vérifier le contenu des casseroles, mais étrangement, je n’eus pas l’impression qu’il s’était approché pour cela. Je sentis une main se poser à ma taille et retins mon souffle avant de me retourner lentement vers lui alors qu’il imprimait un léger mouvement m’incitant à le faire.

Thomas avait les yeux fermés. Son autre main se posant sur mon bras, le longeant jusqu’à l’épaule, me faisant agréablement frissonner. Il s’en servit  comme d’un repère afin d’arriver à mon cou puis à ma joue. Son pouce glissant jusqu’au coin de ma bouche. Il se pencha, ses lèvres se pressant contre les miennes, formant un baiser moins timide que je n’aurais imaginé, contrairement au mien. A la fois surprise et intimidée par son geste.

Il se redressa ensuite et je lui demandai pourquoi il gardait ainsi les yeux clos, ne sachant que dire d’autre. Sous le coup de l’émotion, je devais être pivoine sans compter les diverses réactions logiques de mon corps d’emprunt.

– Parce que c’est toi Manon que je veux toucher. Toi seule. Et qu’avec les yeux fermé, c’est bien toi que j’imagine.

Je me glissai contre son torse ensuite et me tins serrée contre lui, le visage au creux de son épaule et dans l’impossibilité de m’en séparer, je n’en avais aucune envie. Je le respirai. Mon amour, mon idole, mon rêve inaccessible. Mon coeur, si je puis dire, tonnant au rythme du sien. Un moment pourtant inimaginable il y avait encore quelques jours et pourtant, j’étais la, non seulement proche de lui mais dans ses bras. Me confirmant que c’était bien la que je désirais le plus être. Il fallut qu’il s’exclame qu’un truc était en train de brûler, brisant involontairement cet instant magique, pour revenir à la réalité.

J’en étais alors à souhaiter désespérément de retrouver mon corps, mon vrai moi, quitte à passer par la case “retour de Marie” et ce que cela impliquerait.