Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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A sa place

Chapitre 9 - Jour 3’’


Nous passâmes la soirée à discuter. Moi de ce qui s‘était passé pour en arriver la, lui racontant tout… enfin, presque tout. Je me voyais mal lui avouer spontanément à quel point il occupait mes pensées. Lui, quelques anecdotes sur son boulot, ses débuts. Et je devais avouer que je buvais ses paroles. J’en aurais pris des notes si j’avais pu le faire.

Mais enfin, j’avais retrouvé le Thomas que je connaissais, encore un peu intimidé ou méfiant au départ, il fini par se détendre. Je lui racontai mon enfance, mes études, l’origine de cette fameuse photo de grimage en chat qui lui plaisait beaucoup.

Mais je voulais connaître moi aussi le fin mot de cette relation si spéciale avec Marie. Lui, un comédien se faisant de plus en plus connaître et apprécier, il devait avoir tant d’opportunités. Alors, pourquoi rester avec elle qui ne l’aime pas. Sa réponse me laissa sans voix.

– C’était… même plutôt pas mal entre nous au début. Et puis, j’ai eu ce rôle pour la télé, grâce à elle au fond. Je n’envisageais pas forcément de passer devant une caméra, j’adore le théâtre. Mais je me suis lancé, j’ai eu un rôle, pas elle. Cela s’est de plus en plus dégradé ensuite.

– Et tu es resté avec elle malgré tout ? Tu l’aimes encore ? demandai-je timidement.

– Au début oui, je pensais que cela passerait, qu’elle comprendrait. Mais elle a commencé à voir d’autres gars et… enfin soit. Ensuite, ce fut plus par habitude et elle refuse de partir. Et comme je déteste vivre seul. Quelque part, je dois avoir un côté masochiste.

Monsieur s’interposa, comme s’il avait saisi sa phrase, venant rouspéter sur le fait qu’il n’était pas seul puisqu’il était là. S’imposant littéralement. Cela engendra l’un de ses rires si enfantins.

– Pourtant tu aurais pu facilement trouver quelqu’un non ?

– Oui… et non. Je suis un piètre dragueur en fait. Très à l’aise en général mais dès qu’une fille me plaît, plus du tout. Et c’est pire lorsque l’on incarne un espion dandy et séducteur. Les filles s’attendent à ce que je sois comme lui et je ne tiens pas à jouer de rôle dans la vie.

Il baissa d’ailleurs les yeux et j’eus l’impression que ses pommettes prenaient de la couleur. Il toussota, disparut rapidement afin de retrouver son paquet de cigarettes, en alluma une et ne revint lorsque ses joues étaient redevenues normales.

– Et toi ? Un petit ami ou bien tu vis seule ?

– Seule ! Heureusement, sinon il serait mort d’inquiétude. Il y a juste ma mère qui passe de temps en temps. Voir si tout va bien. Mon père ne sort que rarement de son magasin. Il tient une sorte de quincaillerie pour pièces détachées. Elle était à mon grand-père.

Je m’arrêtai un moment, déjà depuis tout à l’heure, il me cuisinait littéralement pour tout connaître de moi tandis qu’il en avait encore dit bien peu à mon goût.

– Et toi ? Que faisais-tu avant de jouer la comédie ? Avant le théâtre ? Tu as toujours voulu jouer ?

– Toujours ? Oui. Depuis que je suis gamin. Mais je voulais aussi faire du hockey. J’étais d’ailleurs plutôt doué, mais j’ai finalement trouvé ma voie. Mmm… fit-il tout en tirant une bouffée. J’ai une idée. Demain, pas question que l’on moisisse encore toute une journée à la maison. Et je sais ou je vais t’emmener.

– Ah ? Ou ça ?

– C’est une surprise.