Gaëlle Laurier

Auteur de romances. Découvrez mes univers.

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A sa place

Chapitre 5 - Jour 2


Le lendemain, en fin de matinée, la lumière se fit soudainement aveuglante lorsque Thomas ouvrit les tentures suivies de la fenêtre afin de renouveler l’air de la pièce. Une brise fraîche capable de chasser les dernières traces d’un lourd sommeil envahit la chambre, me fit frissonner tout autant que de me donner l’envie de me lever.

– Ça va mieux ? Tu vas être en retard. Tu as encore le temps de prendre ta douche, le p’tit déjeuner et même de te maquiller, mais ne traîne pas.

– Où allons-nous ?

Je me sentais beaucoup mieux en effet et ce réveil brusque m’évita de me replonger directement dans mon traumatisme et les milliers de questions l’accompagnant.

– Toi, tu pars pour Nice avec tes potes et moi je vais à l’hosto. J’espère que tu n’avais pas oublié.

– A l’hôpital ! Pourquoi ? C’est grave ? m’inquiétai-je subitement.

– Ah si… tu as oublié. Non, juste mes dents de sagesse, je serai sorti ce soir, mais je ne te veux pas dans mes pattes.

– Je ne comprends pas.

– Parce que tu vas encore me faire chier, inviter tous les piques assiettes de Paris et t’en envoyer un dans la foulée. Tu comprends mieux comme ça ? J’aurai besoin de calme. On s’étaient mis d’accord.

Je demeurai muette un instant devant ce flot d’informations pas très encourageantes à son sujet. Sa petite amie faisait-elle ça ? Celle qui se tenait à ses côtés, l’air si amoureuse à chaque sortie devant les caméras et les photographes ? Celle qui souriait avec lui, formant ce couple si parfait ! Et cela n’avait pas l’air de l’enchanter forcément. Mais je n’avais aucune intention de partir avec des inconnus à l’autre bout du pays alors qu’il allait subir une opération, même bénigne.

– Et si… si je ne fais pas tout ça, je peux rester ?

– Pardon ?

– Oui, si je suis sage et n’invite personne, je peux rester ?

– J’en ai au moins pour la semaine.

– Alors, va pour la semaine.

– T’es sérieuse ? Pas de coup fourré ?

– Aucun coup fourré, promis !

Il eut un léger rire, me faisant retrouver le Thomas que je connaissais. Taquin, plaisant. Un tantinet ironique vers la fin.

– Mais qui êtes-vous donc ? Qu’avez-vous fait de Marie ? plaisanta-t-il. Décidément, tu n’es pas dans ton état normal. Tu me prépares quelque chose toi.

– Manon ! Je m’appelle Manon, c’est ce que je voulais vous dire, je n’y comprends rien, je ne sais même pas comment c’est possible, je…

– STOP !  Ça va, j’ai compris, reste. De toute façon tu pourras prendre le TGV si tu changes d’avis. Mais pas de potes, pas de bordel, pas d’alcool OK ? Je ne sais pas trop à quoi tu joues, mais fais-m’en encore une de travers et je t’y mets par la peau du cul dans ce train.

Je soupirai moi-même cette fois. Il ne me croyait pas et il y avait de quoi. Je lui promis donc de nouveau de ne rien faire de mal.

– Bon, je dois être parti dans une heure.

Je me levai dès qu’il sortit, me douchai puis choisis des vêtements appartenant à la propriétaire de ce corps. Que du simple, un jeans, sa veste assortie et un t-shirt. Le plus embarrassant étant d’enfiler ses sous-vêtements, là aussi je préférai de ceux en coton. C’était fou le nombre de strings qu’elle possédait !

– Prête ! annonçai-je, me figeant devant mon idole. Vous voulez déjeuner avant d’y aller ?

– Non, je dois être a jeun, mais vas-y toi, te gène pas. On est dans les temps. Et arrête de me vouvoyer à la fin, c’est lassant.

– Ce n’est pas un jeu, je vous assure, je ne suis pas Marie.

– Non ! Chut ! Stop avec ça !

– Bon…